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Bulletin n° : B033 - Question et réponse écrite n° : 0100 - Législature : 56


Auteur Christophe Lacroix, PS (06389)
Département Premier ministre
Sous-département Premier ministre
Titre L'Ukraine (QO 007277C).
Date de dépôt24/10/2025
Langue F
Publication question     B033
Date publication 02/12/2025, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai01/12/2025

 
Question

Non content d'avoir déjà de facto annexé la Crimée en 2014, depuis février 2022, la Fédération de Russie attaque militairement l'Ukraine dans une guerre d'agression aussi illégitime que meurtrière. Le nombre de victimes civiles ukrainiennes ne cesse d'augmenter. L'Union européenne a depuis toujours montré son soutien au peuple ukrainien que ce soit via de lourdes sanctions vis-à-vis de Moscou que par un soutien diplomatique et matériel à Kiev. L'objectif de mettre fin durablement à la guerre menée par la Russie en Ukraine reste cependant éloigné de même que l'instauration d'un cessez-le-feu. Les attaques russes perdurent voire se renforcent. Quant au soutien américain à l'Ukraine, celui-ci a connu de nombreux fléchissements depuis la réélection de Donald Trump. Ces dernières semaines, les tractations diplomatiques se sont cependant intensifiées avec l'organisation de plusieurs réunions des chefs d'États et de gouvernements aux États-Unis et en Europe notamment suite au sommet entre les présidents Trump et Poutine en Alaska. 1. Pouvez-vous faire le point sur la position défendue par notre pays tant au sein de l'Union européenne que de l'OTAN dans ce cadre, tant sur le plan multilatéral que bilatéral? 2. Pouvez-vous faire état des différentes réunions auxquelles vous ou votre gouvernement avez pris part depuis mes précédentes questions? 3. Pouvez-vous faire état de votre position quant aux "garanties de sécurité" exigées par Kiev et la potentielle contribution belge sur les plans militaires et diplomatiques?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B034
Date publication 12/12/2025, 20252026
Réponse

Au niveau européen, ce thème reste une priorité, comme en témoignent les discussions menées lors des différents Conseils européens de l'année écoulée mais aussi, par exemple, lors des réunions du Conseil Affaires étrangères. Le sommet de l'OTAN qui s'est tenu à La Haye fin juin et s'est soldé par des décisions importantes en matière de dépenses de défense, est également encore bien présent dans nos mémoires. Lors de la réunion de la Coalition of the Willing le 10 juillet dernier, il a été question de l'élaboration de plans opérationnels pour une reassurance force qui serait chargée de surveiller les frontières, les eaux territoriales et l'espace aérien de l'Ukraine après la conclusion d'un accord de paix. Lors de la réunion du 4 septembre dernier, nous avons fait le point sur les travaux politiques concernant les garanties de sécurité pour l'Ukraine. En ce qui concerne la contribution belge, plusieurs options sont envisageables (principalement dans le domaine du soutien aérien et maritime), mais il importe avant toute chose de connaître les modalités d'un éventuel cessez-le-feu. De plus, nous devons avoir une vision claire des modalités du filet de sécurité des États-Unis avant de pouvoir conclure des accords concrets avec les autres participants. Lors de réunions ultérieures, la Coalition of the Willing a approfondi ces éléments. Ainsi, le 24 octobre, il a notamment été convenu de continuer à lutter contre la flotte fantôme russe et d'apporter un soutien afin de renforcer la résilience énergétique de l'Ukraine. Enfin, les projets visant à déployer une force multinationale après la fin des combats ont été confirmés. Lors de la réunion du 25 novembre, il a été convenu d'accélérer la préparation des garanties de sécurité, avec une planification conjointe des autorités militaires. Le soutien à l'Ukraine a été réaffirmé. Les dirigeants européens ont également réexaminé le thème récemment (le 24 novembre), à la suite des propositions récentes, notamment sous l'impulsion des États-Unis. Les dirigeants européens ont rappelé les principes de base auxquels ils adhèrent, tels que le respect de la souveraineté et du territoire de l'Ukraine. En tant que pays souverain, seule l'Ukraine est habilitée à prendre des décisions concernant ses forces armées. Au sein de la Coalition of the Willing, il existe un large consensus sur le fait que le soutien à l'Ukraine reste nécessaire, qu'aucun accord n'est possible sans l'implication et l'accord de l'Ukraine, que les frontières ne peuvent pas être modifiées par la force, que la solution doit être conforme à la Charte des Nations Unies et que des garanties de sécurité impliquant les États-Unis sont requises. Nous souscrivons pleinement à ces principes. Nous avons signalé notre volonté de contribuer aux efforts militaires au sein de cette coalition et avons donc également participé aux conférences de planification militaire. Nous devons surtout nous concentrer sur le renforcement de la défense ukrainienne et le prolongement du soutien aux finances publiques ukrainiennes, tout en continuant d'insister sur la nécessité de réformes, de même que sur un engagement américain durable et renforcé; nous souhaitons en outre maintenir la pression sur la Russie et, si possible, l'intensifier par des sanctions supplémentaires.