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Question et réponse écrite n° : 0363 - Législature : 56


Auteur Ellen Samyn, VB (07076)
Département Ministre de l'Asile, de la Migration et de l'Intégration sociale, chargée de la Politique des Grandes Villes
Sous-département Asile, Migration, Intégration soc., Pol. Grandes Villes
Titre Les problèmes liés à la toxicomanie et à la santé parmi les sans-abri.
Date de dépôt20/10/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai24/11/2025

 
Question

Il ressort d'une étude publiée récemment dans Brussels Studies, menée par les chercheurs Stef Adriaenssens (KU Leuven, Bert De Bock (ASBL DIOGENES) et Mieke Schrooten (haute école Odisee), que la plupart des sans-abri de Bruxelles sont confrontés à de graves problèmes de santé. Ainsi, il a été constaté que plus de la moitié des personnes qui vivent dans la rue à Bruxelles présentent une addiction à l'alcool ou à la drogue, et que près de la moitié souffre de troubles mentaux. Il ressort également de cette étude qu'environ deux tiers des sans-abri bruxellois ne possèdent pas la nationalité belge et que leur titre de séjour est souvent précaire ou non documenté. Les Polonais, les Roumains et les Roms représentent une grande partie de ce groupe. Les auteurs de l'étude soulignent que la mendicité constitue la dernière stratégie de survie pour bon nombre de sans-abri, lorsqu'ils n'ont pas accès à un revenu d'intégration ou à d'autres droits sociaux. Ces conclusions sont particulièrement préoccupantes, en particulier à la lumière de la visibilité accrue du sans-abrisme à Bruxelles et dans d'autres grandes villes. À Anvers, Gand, Liège et Charleroi également, des organisations d'aide signalent un groupe croissant de sans-abri et de sans-domicile cumulant des problèmes d'addiction, des troubles psychiques et un statut de séjour précaire. En outre, l'étude pointe l'absence de parcours de soins suffisamment coordonnés et de coopération structurelle entre les CPAS, les soins de santé mentale et le traitement de la toxicomanie, en conséquence de quoi de nombreuses personnes passent entre les mailles du filet. 1. Quelle est votre évaluation des conclusions de cette étude concernant l'ampleur du problème des addictions et de la santé mentale au sein de la population des sans-abri à Bruxelles? 2. Disposez-vous de données comparables pour d'autres villes belges (comme Anvers, Gand, Liège et Charleroi) permettant de placer le problème dans une perspective nationale? 3. Quelles mesures spécifiques prenez-vous ou envisagez-vous de prendre pour mieux accompagner et prendre en charge les sans-abri présentant simultanément des addictions et des troubles psychiques? 4. Dans quelle mesure le SPF Santé publique coopère-t-il avec le SPP Intégration sociale et les CPAS locaux pour favoriser une approche de soins intégrés, en particulier dans le cadre de la politique des grandes villes? 5. Envisagez-vous des moyens supplémentaires ou des projets pilotes pour les grandes villes afin de renforcer la coopération entre le travail social, les soins de santé mentale et le traitement de la toxicomanie, comme le proposent les chercheurs?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B032
Date publication 26/11/2025, 20252026
Réponse

1. Ce type d'études, comme celles que vous mentionnez, est aussi rare que précieux pour la gestion des connaissances dans le domaine de la lutte contre le sans-abrisme. Malheureusement, il ne m'étonne guère que différentes formes d'assuétude aient des conséquences dévastatrices pour les personnes les plus vulnérables. Je répète que je ne dispose pas des compétences spécifiques permettant de prendre des mesures particulières au bénéfice des personnes sans abri souffrant d'une dépendance, à l'exception de l'accompagnement social assuré par un CPAS. 2. Je ne dispose donc pas de données spécifiques concernant les problèmes soulevés dans d'autres grandes villes du pays. 3. En tant que ministre de l'Intégration sociale (IS), je peux souligner qu'une personne sans abri accompagnée par un CPAS peut notamment l'être dans le cadre d'un projet individualisé d'intégration sociale (PIIS). Dans ce plan, il peut être prévu que l'usager s'engage à prendre une série de mesures pour lutter contre sa dépendance aux drogues. Conformément à l'accord de gouvernement, je souhaite veiller à ce que l'usager se fasse examiner par un médecin afin de définir l'approche (médicale) adéquate. Si le médecin estime que l'intégration sociale de l'usager bénéficierait d'une cure de désintoxication, et que l'intéressé ne suit pas déjà volontairement une telle cure, alors le traitement doit constituer une composante obligatoire du PIIS. 4. Une collaboration entre le SPF Santé publique et le SPP IS n'est pas à l'ordre du jour. Lors de la concertation politique bilatérale, je ne manquerai pas d'attirer l'attention de ma collègue compétente pour la santé publique sur ce point. 5. Je chargerai mon administration, le SPP IS, de mettre en place, avec le soutien de la Loterie Nationale, un projet pilote inspiré du modèle Housing First. Ce projet visera l'accueil de personnes sortant du secteur de la santé, y compris des hôpitaux psychiatriques. L'objectif est d'identifier les facteurs contribuant à un parcours de soins réussi, permettant de mieux maîtriser le risque de rechute ou de récidive de dépendance parmi les personnes particulièrement vulnérables.