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Bulletin n° : B032 - Question et réponse écrite n° : 0614 - Législature : 56


Auteur Britt Huybrechts, VB (07962)
Département Ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale
Sous-département Mobilité, Climat, Transition environ.
Titre Aéroport de Zaventem. - Incidents et grèves. - Impact
Date de dépôt21/10/2025
Langue N
Publication question     B032
Date publication 26/11/2025, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai24/11/2025

 
Question

L'aéroport de Zaventem est, avec le port d'Anvers, l'un des principaux moteurs économiques de la Flandre. Il emploie directement et indirectement des dizaines de milliers de personnes et constitue une porte d'entrée cruciale pour nos exportations, notre tourisme et notre commerce international. Au cours de l'année écoulée, Brussels Airport a toutefois été durement touché par une série de problèmes. Plusieurs grèves ont paralysé le fonctionnement de l'aéroport les 9 et 13 janvier, le 13 février, le 31 mars, le 29 avril, le 25 juin et le 14 octobre. L'aéroport a également été victime d'une cyberattaque, qui n'a pu être résolue qu'après le paiement d'une rançon aux pirates informatiques, un précédent extrêmement inquiétant. Par ailleurs, cela fait des mois que les voyageurs doivent affronter de longues files d'attente au contrôle des passeports en raison d'un manque chronique de personnel au sein des services fédéraux. À cela s'ajoute la décision du gouvernement fédéral d'augmenter rétroactivement la taxe sur les billets d'avion, ce qui met encore plus sous pression la compétitivité de l'aéroport et de ses sociétés. 1. Pouvez-vous donner un aperçu du préjudice financier total subi par Brussels Airport à la suite des différentes grèves qui ont eu lieu cette année ? 2. Pouvez-vous indiquer combien de vols et de passagers ont été touchés et quel a été l'impact économique estimé sur l'emploi à l'aéroport et alentour? 3. Quel a été l'impact financier de la cyberattaque sur l'aéroport (y compris les coûts liés à la réparation des systèmes informatiques, à l'interruption des activités et à l'atteinte à la réputation) ? Quel montant a été effectivement versé aux pirates informatiques pour mettre fin à l'attaque, et dans quelles circonstances cela s'est-il passé ? Quelles mesures structurelles ont été prises depuis lors pour prévenir des cyberattaques similaires ? 4. Quels sont les coûts et les retards estimés résultant du manque de personnel au contrôle des passeports ? 5. Pouvez-vous donner une estimation de la charge fiscale supplémentaire que l'augmentation rétroactive de la taxe sur les billets d'avion a entraînée pour les compagnies aériennes et les voyageurs ? 6. Quelles mesures concrètes comptez-vous prendre pour soutenir notre aéroport flamand de Zaventem, plaque tournante économique et moteur de l'emploi, en cette année exceptionnellement difficile, tant en matière de sécurité, de gestion du personnel que de stabilité fiscale ?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B038
Date publication 15/01/2026, 20252026
Réponse

1 et 2. Il s'agit désormais de la sixième action syndicale cette année qui touche durement l'aéroport et les compagnies aériennes, alors que ces actions n'ont rien à voir avec des revendications spécifiques au secteur aérien. Brussels Airport Company (BAC) estime ses pertes à 25 millions d'euro par jour de grève. BAC m'a informé qu'au total, 1.259 vols au départ et 823 vols à l'arrivée ont été annulés, ce qui a eu un impact sur environ 250.000 passagers. Je suis en contact avec plusieurs compagnies aériennes qui insistent pour que des moyens soient envisagés afin d'atténuer l'impact des actions de grève à l'aéroport. À cette fin, j'ai l'intention d'organiser une concertation avec l'aéroport et les principaux utilisateurs, à la lumière de leur expérience dans les aéroports étrangers, afin d'examiner les possibilités qui existent à cet effet dans le cadre de la législation en vigueur. 3. À l'heure actuelle, le montant des dommages n'a pas encore été entièrement calculé. BAC a toutefois engagé une procédure de réclamation contre Collins Aerospace et traitera les réclamations directes des compagnies aériennes dont les passagers ont décidé de régler cette affaire avec BAC. En outre, BAC dispose d'une assurance couvrant les cyberrisques qui devrait couvrir les dommages financiers (quantifiables) et les coûts supplémentaires résultant de cette cyberattaque. L'attaque visait Collins Aerospace, le fournisseur des systèmes d'enregistrement et d'embarquement de Brussels Airport, et non BAC directement. C'est pourquoi BAC ne peut répondre à la question concernant le montant versé aux pirates informatiques. Collins Aerospace a mis en place une toute nouvelle solution à l'aéroport de Bruxelles, assortie de mesures de sécurité supplémentaires. 4. L'été dernier, les autorités ont élaboré un plan estival visant à assurer la bonne organisation des contrôles aux frontières à l'aéroport. Ce plan prévoit le déploiement de contrôleurs frontaliers supplémentaires pendant les périodes de pointe et a été prolongé afin de tenir compte de la mise en place progressive de l'EES (Entry Exit System), le nouveau système de contrôle biométrique aux frontières extérieures de l'Union européenne. L'organisation et la mise en oeuvre de ces contrôles aux frontières relèvent de la compétence du ministre de l'Intérieur. Au cours de cette phase de transition, des temps d'attente plus longs aux contrôles aux frontières peuvent survenir pendant les périodes de forte affluence. Cela est lié à la mise en oeuvre progressive de l'EES, qui est actuellement encore limitée en termes de portée et ne comprend pas d'enregistrements biométriques. Selon le planning actuel, l'EES sera pleinement opérationnel début avril 2026. Dans ce cadre, les mesures supplémentaires nécessaires en matière de personnel et d'organisation afin de garantir le bon fonctionnement du système sont actuellement à l'étude. Le plan de renforcement structurel annoncé par la police aéronautique d'ici fin 2026 s'inscrit dans cette évaluation plus large. Le déploiement temporaire de personnel dans le cadre du plan d'été continue entre-temps à contribuer à la continuité du service pendant les heures de pointe. Ces développements sont suivis de près, compte tenu de l'importance d'un flux efficace de passagers et du fonctionnement général de l'aéroport. L'exploitant de l'aéroport et les autres acteurs concernés poursuivent le dialogue à ce sujet avec les autorités compétentes, en particulier avec le ministre de l'Intérieur, qui est responsable de la politique en matière de contrôles aux frontières. 5. Il s'agit d'une question à laquelle les compagnies aériennes doivent répondre elles-mêmes. Brussels Airlines prend en charge le coût de l'augmentation de la taxe sur les billets déjà vendus. Il s'agit d'une perte d'un million d'euros. 6. De nombreuses initiatives sont en cours pour que le gouvernement fédéral, en collaboration avec BAC, soutienne le fonctionnement de l'aéroport. Comme mentionné plus haut, une étroite collaboration a été mise en place pour réduire les temps d'attente aux contrôles frontaliers et pour déployer le nouveau système d'entrée-sortie. J'insiste auprès de mes collègues de l'Intérieur et de l'Asile et de la Migration pour qu'ils accordent une priorité élevée à ce thème. En cette période difficile sur le plan budgétaire, nous ne pouvons malheureusement pas garantir la stabilité fiscale; l'aéroport devra, comme toutes les autres entreprises, contribuer à l'amélioration de la situation fiscale des pouvoirs publics. Il y a également une pression croissante, en Belgique comme dans les autres pays européens, pour rendre le transport aérien plus écologique; mon objectif est de prendre des mesures progressives dans la bonne direction sans perturber excessivement le secteur.