...
| Auteur | Julie Taton, MR (07800) |
| Département | Ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale |
| Sous-département | Mobilité, Climat, Transition environ. |
| Titre | Lancement du nouveau Cerac. |
| Date de dépôt | 20/10/2025 |
| Langue | F |
| Publication question |
B032
|
| Date publication | 26/11/2025, 20252026 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 24/11/2025 |
| Question |
Le 22 avril 2024, a été lancé le nouveau centre d'analyse des risques environnementaux et climatiques (Cerac) à Bruxelles. Il identifie les risques environnementaux et climatiques en temps utile et fait rapport au Conseil National de Sécurité. Les chaleurs extrêmes, les sécheresses, les incendies de forêt et les inondations que nous avons connus en Europe ces dernières années vont s'aggraver, même dans des scénarios optimistes de réchauffement climatique. Comme le confirme le nouveau rapport annuel du service européen climatique Copernicus, les effets du dérèglement climatique sont particulièrement notables en Europe. C'est le continent qui se réchauffe le plus, avec 2.3 degrés Celsius d'augmentation par rapport à l'ère préindustrielle contre une augmentation moyenne mondiale des de 1.3 degré. Les pertes économiques en Europe liées au dérèglement climatique en 2023 sont estimées à 13,4 milliards d'euros, 80 % sont imputables aux inondations qui ont touché 1,6 million de personnes. Les tempêtes ont touché environ 550.000 personnes, et les incendies de forêt 36.000. Enfin, le rapport nous apprend également qu'au moins 150 personnes ont perdu la vie en Europe à cause de faits météorologiques extrêmes. Le Cerac prépare des rapports sectoriels pour la Belgique, p. ex. sur les risques du dérèglement climatique pour le secteur financier. Il se concentrera également sur l'impact des perturbations environnementales et climatiques sur la sécurité nationale. Il rend compte au Conseil National de Sécurité, en mettant l'accent sur les risques pour la sécurité et la résilience nationales, ainsi qu'à d'autres autorités fédérales. Les résultats des travaux, en ce compris les recommandations, sont également rendus disponibles pour les décideurs politiques régionaux et locaux, ainsi que pour les citoyens et d'autres parties prenantes. Au niveau européen, on observe également un intérêt accru pour l'analyse de risques complexes et la traduction des résultats en politiques. L'Agence européenne pour l'environnement a récemment lancé la première analyse européenne des risques climatiques (EUCRA). 1. Quel bilan dressez-vous des missions menées par le Cerac depuis sa création? 2. Les missions du Cerac sont-elles amenées à s'étoffer sous votre direction? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B034
|
| Date publication | 12/12/2025, 20252026 |
| Réponse |
1. Depuis sa création, le Centre d'Analyse des Risques liés au Changement Climatique (Cerac) s'est imposé comme un acteur central dans l'évaluation des risques climatiques en Belgique, en se concentrant sur ses missions principales telles que définies par l'arrêté royal de 16 janvier 2025. Le Centre a ainsi assumé sa mission consistant à réaliser des analyses complexes des risques climatiques. Étant donné que le concept des limites planétaires fait partie intégrante de son mandat, le Centre a commencé avec une première étude sur le dépassement des limites planétaires pour la Belgique et sur les conséquences sociales de ce dépassement. Les résultats, disponibles sur le site web du Centre, montrent que les limites planétaires sont dépassées en Belgique dans plusieurs domaines: changement climatique, biodiversité, utilisation des terres, mais aussi cycles biogéochimiques et qualité de l'air. La partie consacrée aux aspects sociaux du dépassement des limites planétaires a mis en évidence les conséquences socio-économiques, notamment le fait que la santé humaine est particulièrement menacée, p. ex. par des vagues de chaleur extrême de plus en plus fréquentes (cf. changement climatique), mais aussi par la perturbation de la biodiversité qui entraînera une augmentation des maladies infectieuses. À la suite de cette analyse, le Centre a réalisé et présenté sa première évaluation belge des risques climatiques (Belgian Climate Risk Assessment) le 6 novembre 2025. Cette étude constitue une étape essentielle dans la mise en oeuvre du programme de travail du Cerac, puisqu'elle vise à identifier et à hiérarchiser les risques climatiques et les risques liés à la perte de biodiversité auxquels la Belgique sera confrontée à moyen et long terme (horizons 2050 et 2100), ainsi qu'à formuler les premières recommandations à l'attention du Conseil national de sécurité. La première étape de cette étude a consisté à définir la méthodologie utilisée pour l'analyse des risques, laquelle devait s'appuyer sur les normes et cadres conceptuels les plus récents et les plus reconnus au niveau européen et international. La deuxième phase a porté sur la réalisation concrète de l'analyse des risques selon la méthodologie développée. Outre l'identification des risques, un aspect essentiel de l'étude est leur hiérarchisation. Cette analyse comprend un aperçu des 28 risques les plus importants, avec un tableau récapitulatif, un chapitre par secteur évaluant le degré d'urgence/priorité d'action et des recommandations. Les principaux risques nécessitant une action urgente sont: - le risque pour la santé humaine lié au stress thermique; - le risque pour les bâtiments lié aux inondations, ainsi que les risques en cascade pour l'assurance incendie; - le risque pour les cultures lié aux conditions météorologiques défavorables et à la dégradation des écosystèmes du sol et; - le risque pour la santé humaine lié aux maladies zoonotiques. Par ailleurs, le Centre a déjà lancé plusieurs études sur des risques plus spécifiques. Ainsi, en collaboration avec l'Institut Géographique National, une étude a été menée sur les risques futurs liés aux feux de végétation, sur suggestion du Centre de Crise National (NCCN), ainsi qu'une analyse des connaissances sur l'impact de la perte de biodiversité. Sur la base de ce rapport, ainsi que de la première évaluation belge des risques climatiques mentionnée précédemment, je travaille actuellement à un plan d'action interfédéral pour les conditions météorologiques extrêmes, comme prévu dans l'accord de gouvernement. En outre, le Bureau fédéral du Plan a réalisé, à la demande du Cerac, une étude sur l'impact du changement climatique sur l'économie belge et les finances publiques. Cette étude montre que le PIB belge pourrait chuter jusqu'à 5 % d'ici 2050 et que le déficit budgétaire annuel pourrait augmenter jusqu'à 1,4 %. Ceci confirme l'importance d'une politique climatique pour la protection des finances publiques et notre prospérité. Faute d'agir, le changement climatique nous coûtera très cher. En parallèle à ses propres initiatives, le Cerac contribue à divers processus en cours ces derniers mois, souvent en coopération avec le Centre de Crise National et sous l'égide du Conseil national de sécurité. Le Cerac est ainsi activement impliqué dans le Plan national de résilience belge (BNR-P), élaboré sur la base de la stratégie nationale de sécurité adoptée en 2021 par le Conseil national de sécurité. Cette stratégie, qui identifie l'environnement naturel comme l'un des six intérêts vitaux pour la sécurité du pays, stipule que la sécurité nationale est menacée dès lors que l'un de ces six intérêts est compromis. Conformément aux besoins exprimés par l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), le processus d'élaboration du Plan national de résilience belge (BNR-P) a été placé sous la coordination générale du Centre de Crise National. Ce BNR-P couvre les dix fonctions sociétales et administratives essentielles définies par l'OTAN, ainsi que trois objectifs stratégiques transversaux visant à intégrer au mieux l'interdépendance de certaines menaces. Le Cerac joue un rôle transversal majeur et est chargé d'apporter un soutien adapté pour chacune des dix fonctions vitales, afin que les menaces liées au changement climatique soient pleinement prises en compte dans les recommandations finales. Ainsi, le Cerac a déjà contribué à l'élaboration de deux notes portant respectivement sur la résilience de l'approvisionnement en eau et en denrées alimentaires. En mai 2025, le Comité de coordination pour le renseignement et la sécurité (CCIV) a examiné le programme de travail du Cerac. Pour rappel, la mission du CCIV est de préparer les travaux du Conseil national de sécurité. Cela a permis au directeur du Cerac de mieux cerner le type d'analyses et de recommandations attendues. Le Cerac entretient un partenariat solide avec le NCCN, garantissant la complémentarité des activités des deux organismes. Plus particulièrement, à la demande du NCCN, le Cerac a élaboré une première checklist pour le projet CCV (Climate Change Vulnerabilities), visant à renforcer la résilience des opérateurs et des autorités sectorielles face aux risques climatiques, y compris pour les installations et infrastructures critiques. Ce projet a pour objectif de fournir à chaque opérateur et autorité sectorielle un aperçu des risques climatiques et environnementaux auxquels ils peuvent être exposés, ainsi qu'un catalogue des seuils de vulnérabilité pour les éléments du réseau. Il vise également à proposer des mesures générales et spécifiques pour aider les opérateurs à planifier leurs investissements de manière plus efficace, à réduire les seuils de vulnérabilité et à prioriser les zones critiques nécessitant une surveillance renforcée en raison des risques accrus liés au changement climatique. Le Cerac a donc déjà largement accompli les missions qui lui ont été confiées et mis en oeuvre des initiatives et analyses qui offriront une vision claire des risques climatiques et environnementaux à moyen et long terme, tant pour la société belge dans son ensemble que pour certains secteurs spécifiques. 2. Les objectifs et les missions du Centre sont définis dans l'arrêté royal de 16 janvier 2025. Les initiatives du Cerac seront développées dans le cadre fixé par cet arrêté, tout en tenant compte des nouvelles connaissances ou données disponibles et des enseignements tirés, notamment des résultats de la hiérarchisation des risques issus de la première Belgian Climate Risk Assessment. Le Centre contribuera désormais à approfondir les analyses sectorielles, tant sur le plan économique, en réalisant une étude sur les risques climatiques susceptibles d'affecter les chaînes d'approvisionnement de produits stratégiques dont la Belgique dépend, que pour d'autres secteurs essentiels, tels que la santé. Par ailleurs, le Centre s'engage également à développer la dimension internationale des risques climatiques qui auront un impact sur la Belgique. Cela se fera sous la forme d'études sur les risques liés notamment aux conflits et aux mouvements migratoires induits par le changement climatique. Une coopération avec des centres d'analyse similaires dans les pays voisins sera également mise en place en 2026 pour étudier les risques climatiques transfrontaliers. Enfin, le Cerac continuera à renforcer ses liens avec le Conseil national de sécurité afin de rendre ses recommandations aussi pertinentes et opérationnelles que possible. |