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Bulletin n° : B032 - Question et réponse écrite n° : 0479 - Législature : 56


Auteur Robin Tonniau, PVAPTB (07911)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre L'incertitude concernant l'investissement prévu par ArcelorMittal à Gand (QO 006814C).
Date de dépôt20/10/2025
Langue N
Publication question     B032
Date publication 26/11/2025, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai24/11/2025

 
Question

Fin 2024, la direction d'ArcelorMittal a annoncé que les investissements planifiés dans des installations DRI pour la production d'acier vert en Europe étaient reportés ou annulés. Seule l'installation de trois fours électriques serait encore prévue, le site de Gand ayant notamment été cité comme site potentiel. Récemment, il a été annoncé publiquement que l'installation du four électrique à Gand était reportée, de sorte que l'objectif de le rendre opérationnel en 2028 est devenu irréalisable. Cet investissement est reporté à plus tard, sans aucune certitude qu'il sera effectivement réalisé un jour. 1. L'entreprise ArcelorMittal a-t-elle informé le gouvernement fédéral de ses projets d'avenir pour le site de Gand, s'agissant de l'installation éventuelle d'un four électrique ou d'autres investissements? 2. Avez-vous, en votre qualité de ministre, ou le gouvernement fédéral, été associés à la décision sur le site de l'investissement, ou avez-vous été consultés en la matière? 3. Quelles démarches avez-vous entreprises jusqu'à présent ou avez-vous l'intention d'entreprendre dans ce dossier?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B050
Date publication 04/05/2026, 20252026
Réponse

La décision d'ArcelorMittal d'implanter l'une des trois futures installations électriques à Dunkerque, en France, a été rendue publique le 8 juillet 2025. L'entreprise avait évoqué dans le passé que ce site figurait parmi les options envisagées avec Gand. Le gouvernement fédéral n'a pas été formellement consulté dans le cadre de ce projet d'investissement, le principal interlocuteur étant les régions, même si le sujet a été abordé avec les fédérations sectorielles. Il s'agit d'une décision propre à l'entreprise. Nous aurions naturellement préféré qu'ArcelorMittal privilégie le site de Gand. En ce qui concerne les démarches potentielles sur cette industrie dans son ensemble, la Belgique soutient activement le secteur métallurgique européen, qui joue un rôle stratégique tant sur le plan économique qu'industriel. Nous partageons les préoccupations exprimées par les acteurs du secteur face aux défis multiples qu'ils rencontrent. La Commission européenne a publié son Steel Action Plan, qui reconnaît l'impact de plusieurs facteurs internationaux sur la compétitivité de l'industrie sidérurgique. Parmi ceux-ci, on peut citer la mise en oeuvre progressive du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (CBAM), les évolutions structurelles du marché mondial, ainsi que la persistance de surcapacités au niveau international. Le contexte est en effet marqué par une combinaison de pressions: une demande encore limitée pour l'acier à faible empreinte carbone, des niveaux d'importation en forte hausse en Europe, l'instauration de nouveaux droits de douane à l'importation aux États-Unis, des prix toujours élevés pour l'électricité et le gaz. Je salue l'accord politique intervenu en trilogue le 13 avril 2026 entre le Parlement européen et le Conseil sur la mise en place d'un nouveau dispositif concernant le secteur de l'acier. Celui-ci vise à remplacer, ou à prolonger sous une forme adaptée, les mesures de sauvegarde adoptées en 2018, qui arrivent à expiration à la fin du mois de juin 2026. Le nouvel instrument a pour objectif de permettre une limitation durable des importations, dans un contexte marqué par des surcapacités mondiales persistantes. Cet outil, ciblé sur le secteur de l'acier, permettra de réduire la pression exercée sur les sidérurgistes de l'UE par des importations à bas coût, souvent subventionnées, qui érodent leurs marges et limitent leur capacité d'investissement. Ainsi, au niveau européen, nous plaidons pour une stratégie qui tienne compte à la fois de la nécessité de décarboner l'industrie et des conditions économiques et concurrentielles dans lesquelles cette transition doit s'opérer. La préservation d'un secteur sidérurgique robuste, innovant et durable en Europe est essentielle pour notre autonomie stratégique.