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Question et réponse écrite n° : 0064 - Législature : 56


Auteur Anthony Dufrane, MR (06327)
Département Ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME
Sous-département Classes moyennes, Indépendants,PME
Titre Les risques de licenciements dans les PME (QO 009045C).
Date de dépôt17/10/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai24/11/2025

 
Question

Selon les derniers chiffres communiqués par SD Worx, la situation de l'emploi dans les petites et moyennes entreprises belges semble s'assombrir en cette fin d'année 2025. L'enquête trimestrielle du groupe révèle que 17 % des PME envisagent de procéder à des licenciements avant 2026, contre 11 % au trimestre précédent. Cette tendance à la hausse constitue un signal d'alerte quant aux difficultés économiques auxquelles de nombreuses entreprises font face. Les chiffres varient toutefois selon les régions: la Flandre affiche le taux de projets de licenciement le plus élevé (18 %), suivie de Bruxelles (16 %) et de la Wallonie (14 %). Parallèlement, les intentions de recrutement apparaissent stables en Flandre et en Wallonie, mais chutent lourdement à Bruxelles, où seulement 17 % des PME déclarent encore vouloir engager, soit le niveau le plus bas depuis dix ans tandis que seulement 25 d'entre-elles prévoient le remplacement de la personne licencié. Ces contrastes laissent supposer des difficultés spécifiques selon les territoires ou les secteurs, notamment dans l'industrie et la construction, où les besoins de main-d'oeuvre restent élevés. 1. Comment votre cabinet analyse-t-il ces chiffres préoccupants et les facteurs qui expliquent la hausse marquée des projets de licenciement au sein des PME? 2. Quelles mesures d'accompagnement ou de soutien sont actuellement prévues pour aider les entreprises les plus fragilisées à éviter des suppressions d'emploi? 3. Disposez-vous de données ventilées par région et par secteur sur les licenciements projetés et les intentions de recrutement? 4. Estimez-vous qu'il s'agisse d'une crise conjoncturelle temporaire ou de difficultés structurelles qui nécessitent une révision plus profonde de la politique de soutien aux PME?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B031
Date publication 21/11/2025, 20252026
Réponse

1. Selon l'Office national de sécurité sociale (ONSS), les PME employeurs connaissent effectivement des difficultés économiques. Leur nombre est en recul ces trois dernières années, passant de 231.705 au 31 décembre 2021 à 225.374 au 31 décembre 2024 (-2,7 %). Cette évolution s'explique principalement par les difficultés rencontrées par les micro-entreprises (moins de 10 salariés), qui ont diminué de 4 % sur la même période, alors qu'elles représentent 82 % des PME au 31 décembre 2024. Les données indiquent que les micro-entreprises sont particulièrement vulnérables face au choc d'offre provoqué par la crise énergétique amorcée en 2022 et ses effets inflationnistes. La hausse durable des coûts des intrants, conjuguée à l'augmentation des salaires liée à l'indexation automatique, a exercé une forte pression sur leurs marges. Cette situation est aggravée par des rigidités structurelles, telles qu'une faible capacité à répercuter les coûts sur les prix, une trésorerie limitée et un accès restreint aux financements, réduisant ainsi leur résilience par rapport aux autres segments de PME. À cela s'ajoute un différentiel de coût énergétique devenu structurel, en raison de la reconfiguration des approvisionnements, notamment la réduction des importations d'énergie fossile en provenance de Russie et le recours accru au gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Moyen-Orient et des États-Unis, qui affecte plus fortement les micro-entreprises. 2. Des mesures d'accompagnement ou de soutien sont déjà prévues pour aider les entreprises les plus fragiles à éviter des suppressions d'emploi. Les principales mesures sont le chômage partiel de l'Office national de l'Emploi (ONEM), les plans d'entreprise du SPF Emploi, les reclassements de travailleurs et les propositions de formations attribuées aux salariés. Le chômage partiel permet aux travailleurs de suspendre leur contrat de travail et de prétendre à des allocations de chômage temporaire de l'ONEM sous certaines conditions. Le plan d'entreprise instaurant un régime de suspension totale des contrats de travail auprès du SPF Emploi réside dans la mise en place d'un ensemble de procédures d'aide aux entreprises pour éviter de licencier leurs salariés. Le reclassement des travailleurs dans un autre poste relevant de la même catégorie d'emploi que le poste d'origine, ou un emploi équivalent, souvent avec une rémunération similaire, est une autre possibilité. Enfin, la proposition de formations aux salariés permet de les maintenir à niveau et d'anticiper les évolutions de l'entreprise en attendant la reprise de leur activité économique. 3. Le SPF Économie ne dispose pas de données ventilées par région et par secteur concernant les licenciements projetés et les intentions de recrutement des PME. 4. La hausse des intentions de licenciement dans les PME reflète avant tout un ralentissement conjoncturel, lié à la faiblesse de la demande et à des conditions financières encore restrictives. Les micro-entreprises, en particulier, restent fragilisées par les effets persistants de la crise énergétique amorcée en 2022, dont les répercussions inflationnistes ont entraîné une hausse durable des coûts des intrants et des salaires, comprimant leurs marges.

 
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