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Question et réponse écrite n° : 0260 - Législature : 56


Auteur Ellen Samyn, VB (07076)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre L'implication de la Turquie dans les négociations de paix entre le Hamas et Israël.
Date de dépôt21/10/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai24/11/2025

 
Question

D'après les récentes déclarations du président turc Recep Tayyip Erdogan, la Turquie conseille le Hamas, organisation extrémiste palestiennienne, dans les négociations qu'il mène avec Israël pour rétablir la paix dans la bande de Gaza. Une délégation turque participerait en ce moment aux pourparlers de paix indirects entre Israël et le Hamas à Sharm-el-Sheikh. Même s'il convient de saluer les efforts diplomatiques visant à rétablir la paix, le rôle actif de conseil joué par la Turquie auprès du Hamas, déclaré officiellement par le président Erdogan, soulève de sérieuses interrogations. L'implication ouvertement reconnue d'un allié de l'OTAN comme la Turquie dans des discussions avec cette organisation et le soutien diplomatique apporté sapent sa crédibilité en tant que partenaire de paix et membre de l'OTAN. 1. Que pensez-vous des déclarations du président Erdogan sur le rôle de conseil au Hamas endossé par la Turquie dans le cadre des négociations de paix en cours? 2. Pour le gouvernement belge, est-il souhaitable qu'un membre de l'OTAN participe ouvertement aux négociations et agisse en tant que conseil auprès d'une organisation considérée comme terroriste par l'Union européenne? 3. La Belgique a-t-elle déjà abordé la question du rôle endossé par la Turquie auprès du Hamas au sein de l'OTAN ou de l'UE. Le cas échéant, quelle position la Belgique défendait-elle dans ces discussions? 4. Envisagez-vous d'insister, au sein de l'UE ou de l'OTAN, sur la nécessité d'adopter une position claire concernant les contacts des États membres avec des organisations considérées comme terroristes par l'UE, afin de préserver la crédibilité de la politique étrangère commune? 


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B031
Date publication 21/11/2025, 20252026
Réponse

La Turquie entretient effectivement une relation particulière avec le Hamas. Contrairement à l'Union européenne et à la Belgique, elle ne considère pas qu'il s'agisse d'une organisation terroriste mais plutôt d'un mouvement de libération national. La Turquie a également hébergé des responsables du Hamas sur son territoire et entretenu des contacts au plus haut niveau avec ces derniers. Dans le cadre des efforts de médiation menés par le Qatar, la Turquie a joué un rôle de soutien et de facilitation. En outre, le plan Trump prévoit également qu'un certain nombre de dirigeants du Hamas obtiennent l'asile dans des pays tiers. Il n'est pas exclu que la Turquie puisse jouer un rôle à cet égard. L'UE considère depuis 2001 le Hamas comme une organisation terroriste et, depuis que le Hamas a pris le pouvoir à Gaza en 2006, elle mène une politique de non-contact. La Belgique suit cette politique et, au sein de l'UE, nous participons également à la politique de sanctions contre le Hamas. Contrairement à l'UE, il convient de noter que l'OTAN ne tient pas une liste officielle d'organisations terroristes. Vu le contexte humanitaire actuel dans lequel se trouve la bande de Gaza, la Belgique considère que la recherche d'une solution négociée au conflit justifie l'existence de contacts ponctuels entre certains pays et le Hamas dans le but de parvenir à un cessez-le-feu durable, au désarmement et, à terme, à une solution à deux États. Par rapport à la reconnaissance légale de la Palestine, la Belgique a conditionné celle-ci à l'exclusion de la gestion de la Palestine des organisations terroristes telles que le Hamas.