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Bulletin n° : B031 - Question et réponse écrite n° : 0460 - Législature : 56


Auteur Jeroen Van Lysebettens, ECOGR1 (07941)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre Pénurie structurelle de coordinateurs de sécurité. (QO 008056C)
Date de dépôt15/10/2025
Langue N
Publication question     B031
Date publication 21/11/2025, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai17/11/2025

 
Question

Une partie d'un nouveau pont sur le chantier Oosterweel s'est effondrée sur une piste cyclable en mars 2025 et la scène principale de Tomorrowland a été ravagée par un incendie cet été. Ces événements n'ont heureusement causé que des dégâts matériels, mais ils nous rappellent les risques majeurs pour la sécurité que comportent de grands chantiers de construction. Bien que les causes de ces incidents soient encore à l'étude, ceux-ci nous obligent à nous pencher plus avant sur l'existence de problèmes structurels, en particulier la pénurie présumée de coordinateurs de sécurité. Alors que la profession de coordinateur de sécurité figure également sur la liste des métiers en pénurie, il nous revient que c'est surtout le nombre peu élevé de nouveaux coordinateurs de niveau A qui inquiète le secteur, et que cette situation dure depuis des années. Or ce sont précisément de tels coordinateurs qui, selon le cadre légal, doivent être déployés sur les chantiers complexes et de grande envergure dans notre pays. Cette pénurie constitue non seulement un risque direct pour la sécurité des ouvriers du bâtiment qui travaillent sur les chantiers de construction, mais aussi pour la population, les infrastructures et la nature environnantes. En effet, les coordinateurs de sécurité sont également chargés d'analyser les risques liés à l'environnement. 1. Que pensez-vous du nombre actuel de coordinateurs de niveau A en Belgique et comment ce chiffre a-t-il évolué par rapport aux années précédentes? Observe-t-on une augmentation, une diminution ou une stagnation, et comment l'expliquez-vous? Partagez-vous les inquiétudes du secteur? 2. Envisagez-vous de favoriser davantage la transition des coordinateurs vers le niveau A et, ce faisant, de renforcer la sécurité sur les chantiers? Dans l'affirmative, comment? 3. Êtes-vous disposé à revoir l'arrêté royal concernant les chantiers temporaires ou mobiles, par exemple en élargissant les conditions d'admission telles que les diplômes de base requis pour accéder à la formation, ou en prévoyant éventuellement un trajet permettant aux coordinateurs de type B de devenir coordinateurs de niveau A sur la base de leur expérience professionnelle? 4. Comment évaluez-vous l'incidence de la limitation dans le temps des allocations de chômage sur le nombre de personnes qui suivront une formation de coordinateur de sécurité? En effet, les personnes qui suivent une formation pour une profession en pénurie ne seront pas exemptées de la limitation des allocations dans le temps. On peut dès lors s'attendre à une baisse du nombre de candidats.


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B035
Date publication 19/12/2025, 20252026
Réponse

La sécurité sur nos chantiers constitue un enjeu fondamental. Elle ne peut en aucun cas être reléguée au second plan, car il en va de la protection de celles et ceux qui travaillent chaque jour sur ceux-ci. Chaque incident, comme ceux que vous évoquez, nous rappelle au combien il faut faire preuve de vigilance et de responsabilité dans ce domaine. Concernant le point 1, je ne dispose pas de chiffres concernant le nombre de coordinateurs de sécurité de niveau A actifs. Il est vrai que le nombre de candidats aux cours de formation est plutôt limité, mais cela peut également s'expliquer par d'autres facteurs, notamment parce que les conditions d'admission au cours de formation de niveau A sont plutôt strictes (diplôme d'ingénieur civil, d'ingénieur industriel, de bio-ingénieur, d'architecte ou de master ingénieur-architecte), mais aussi parce que les prix dans le secteur sont très tendus et également car l'image de cette profession n'est pas toujours positive. Toutefois, l'inspection du Contrôle du bien-être au travail n'a pas identifié d'éléments sur le terrain pouvant être liés à une éventuelle pénurie de coordinateurs de sécurité de niveau A. Le plus gros problème de sécurité sur les chantiers de construction se situe plutôt au stade de la conception, lorsqu'un coordinateur de sécurité n'est pas désigné ou l'est tardivement, ce qui aurait permis d'éviter des problèmes par la suite. L'administration a déjà entamé une étude pour examiner comment la législation relative aux chantiers temporaires ou mobiles pourrait être simplifiée et mise à jour, y compris sur la question de savoir si et comment la formation des coordinateurs de sécurité devrait être révisée. Cependant, il s'agit d'une législation juridico-technique très complexe qui transpose également une directive européenne et implique un grand nombre d'acteurs différents, de sorte qu'une enquête approfondie et bien fondée qui prendra un certain temps est nécessaire. Pour répondre au dernier point, la limitation du chômage devrait donc avoir un impact limité par rapport au nombre de coordinateurs et ce, au regard des autres facteurs expliqués ci-dessus.