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Bulletin n° : B031 - Question et réponse écrite n° : 0455 - Législature : 56


Auteur Julien Matagne, LENGAG (07818)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre La crise dans le secteur de la construction en Belgique.
Date de dépôt15/10/2025
Langue F
Publication question     B031
Date publication 21/11/2025, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai17/11/2025

 
Question

Depuis 2021, la Belgique a perdu près de 7.000 emplois et plus de 1.000 entreprises dans le secteur de la construction. Cette évolution inquiétante met en lumière une crise profonde, liée à la baisse des permis de bâtir, aux faillites en série et aux difficultés structurelles du marché. Le secteur de la construction doit redevenir un moteur d'emploi durable qui soit un acteur clé de la transition écologique à travers la rénovation énergétique et l'innovation durable. Il est essentiel que le gouvernement fédéral propose une vision claire, avec des mesures de soutien adaptées aux réalités des petites entreprises et des indépendants, Avec la publication de la loi-programme (Moniteur belge du 29 juillet 2025), le régime de la TVA à 6 % pour la démolition et la reconstruction est maintenant ancré structurellement et sensiblement élargi, sous des conditions strictes. Ce nouveau régime permet de bénéficier d'une TVA à 6 % au lieu des 21 % habituels lors de l'achat d'une maison ou d'un appartement quand dans le cadre d'un projet de démolition et de reconstruction. 1. Comment analysez-vous la perte nette d'emplois et d'employeurs dans le secteur de la construction? Quelles sont vos considérations pour ce secteur? Quelle est l'analyse du SPF Économie en la matière? 2. Disposez-vous d'une cartographie régionale de ces pertes d'emplois et faillites (Wallonie, Flandre, Bruxelles) et quelles tendances principales en ressortent? 3. Ne devrions-nous pas envisagez de proposer un plan spécifique de relance pour le secteur de la construction, comparable à ce qui existe pour d'autres secteurs stratégiques, via votre prochain Plan PME? 4. Concernant le régime de TVA, quelles sont les retombées attendues sur l'emploi dans le secteur de la construction dans les prochains mois à la suite du vote de la loi-programme de cet été?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B054
Date publication 26/06/2026, 20252026
Réponse

1. La hausse des faillites enregistrée en 2025 témoigne d'un mouvement général d'augmentation: Statbel recense 11.681 faillites cette année-là, un volume élevé mais qui s'inscrit néanmoins dans une tendance globale qui reste maîtrisée. En effet, si l'on considère les six dernières années, la moyenne annuelle des faillites (9.332) demeure inférieure à celle de la période 2015-2019 (9.875), ce qui montre que, malgré les fluctuations récentes, la dynamique d'ensemble ne dépasse pas les niveaux historiques observés avant 2020. La tendance du début de l'année 2026 est à la stabilisation, avec un total de 1.940 faillites en janvier et février 2026, un volume équivalent aux 1.934 faillites enregistrées au cours des deux premiers mois de 2025. La situation est en revanche plus préoccupante dans le secteur de la construction. Ce seul secteur concentre 23,9 % des faillites en 2025 (23,4 % pendant le mois de février 2026). Dans ce secteur, les faillites d'entreprises assujetties à la TVA ont progressé de +6,7 % en 2021, +38,4 % en 2022, +14,2 % en 2023, +17,4 % en 2024 et +6,5 % en 2025, atteignant l'an dernier un record de 2.790 entreprises en faillite. En 2025, l'intensité de la hausse s'est toutefois atténuée. Parmi les principaux secteurs économiques d'activité (le commerce, l'horeca, la construction, les activités scientifiques et techniques, et l'industrie), la construction apparaît comme le secteur enregistrant la hausse la plus importante du nombre de faillites sur la période 2020-2025. 2. Selon les données de Statbel, en 2025, la Région flamande concentre 65 % des faillites d'entreprises assujetties à la TVA dans le secteur de la construction, contre 20 % pour la Région wallonne et 15 % pour la Région de Bruxelles-Capitale. La part de la Flandre dans l'ensemble des faillites en Belgique est en progression continue depuis 2018, où elle s'établissait à 42 %. Cette région enregistre la plus forte hausse du nombre de faillites, particulièrement au cours des quatre dernières années (+34,5 % en 2022, +29 % en 2023, +18,5 % en 2024 et +10,2 % en 2025), dépassant largement la situation pré-covid. À l'inverse, les parts de la Région wallonne et de la Région de Bruxelles-Capitale ont reculé, passant de près de 30 % des faillites nationales en 2018 à respectivement 20 % et 15 % en 2025. Dans ces deux régions, le nombre de faillites dans le secteur de la construction est revenu à un niveau comparable à la période pré-covid. S'agissant des pertes d'emplois, la Région flamande représente 61 % du total national, soit une proportion légèrement inférieure à sa part dans les faillites, contre 24 % pour la Région wallonne et 15 % pour la Région de Bruxelles-Capitale. La part flamande dans les pertes d'emplois est passée de 48 % en 2018 à 61 % en 2025, avec une hausse marquée au cours des quatre dernières années (+21,6 % en 2022, +24 % en 2023 et +18,2 % en 2024 et +4,2% en 2025). La part des pertes d'emplois en Région wallonne par rapport à l'ensemble des pertes d'emplois dans le secteur de la construction s'élève à 24 % en 2025 et est inférieure au niveau pré-covid (29 % en 2018). En Région bruxelloise, la part des pertes d'emplois recule de 23 % en 2018 à 15 % en 2025, le nombre d'emplois perdus y restant inférieur à celui observé avant la crise sanitaire. Nous ne disposons pas d'analyses ciblant précisément les facteurs propres au secteur de la construction. Toutefois, l'évolution récente des faillites met en évidence plusieurs éléments explicatifs. Après une baisse exceptionnelle de 32,9 % en 2020, due aux mesures de soutien et au moratoire mis en place durant la crise sanitaire, les faillites ont fortement augmenté et dépassent désormais les niveaux d'avant 2020. Les dispositifs d'aide instaurés pendant la pandémie du COVID-19 ont permis à de nombreuses entreprises de survivre, y compris à des structures déjà fragiles ou peu productives, ce qui explique en grande partie l'effet de rattrapage observé après la crise. La fin de ces soutiens, combinée à l'obligation de rembourser les dettes contractées durant la période covid, a ensuite mis sous pression la trésorerie de nombreuses entreprises. À cela se sont ajoutées les hausses des coûts énergétiques liées à la guerre en Ukraine, l'inflation qui a renchéri salaires et matières premières, ainsi que l'augmentation des taux d'intérêt, rendant le crédit plus coûteux et moins accessible. Plus récemment est venue s'ajouter la crise provoquée par la fermeture du détroit d'Ormuz suite à la guerre en Iran, provoquant une hausse sensible des prix de l'énergie. Tous ces éléments ont pesé sur les marges bénéficiaires des entreprises. Il est toutefois important de rappeler que, malgré la hausse récente des faillites, le nombre annuel moyen de faillites sur cinq ans reste inférieur à celui de la période précédente: 9.332 entre 2020 et 2025, contre 9.875 entre 2015 et 2019. Cette évolution n'est pas propre à la Belgique: l'Organisation de coopération et de développement économiques constate que dans plus de la moitié des pays étudiés, le niveau des faillites dépasse celui de 2019. À l'échelle globale, la baisse des taux directeurs en 2024 a certes allégé partiellement le coût du financement pour les PME, mais celui-ci reste supérieur à son niveau pré-pandémique. Parallèlement, le durcissement observé des conditions de crédit et le recul des prêts à long terme limitent les capacités d'investissement et pèsent sur la productivité. Les autres formes de financement tels que l'affacturage, le crédit-bail et le financement par actions ne compensent que partiellement ces difficultés. 3. Le Plan PME est porté par la ministre des Indépendants et des PME, je me permets dès lors de vous renvoyer vers elle, sachant que ce plan comporte des mesures qui relèvent des compétences des divers ministres du gouvernement, elle sera néanmoins la plus à même à vous renseigner sur les mesures qui ciblent le secteur de la construction. Pour ce qui est du domaine de la construction, les leviers fédéraux nous permettent de travailler sur la simplification administrative, via notament le Plan fédéral pour la simplification administrative, l'emploi, l'accès au financement, le soutien à la transition énergétique et numérique, ainsi que de manière plus générale, le renforcement de la compétitivité. Une coordination étroite est dès lors essentielle afin d'assurer la cohérence et l'efficacité des actions menées. Enfin, la situation du secteur est suivie avec attention et des mesures complémentaires pourraient être envisagées si l'évolution de la conjoncture le justifie. 4. En ce qui concerne les mesures fiscales, je vous renvoie auprès de mon collègue, le ministre des Finances.

 
Desc. Eurovoc principalTRAVAIL
Descripteurs EurovocAIDE AUX ENTREPRISES | POLITIQUE ECONOMIQUE | RECESSION ECONOMIQUE | RELANCE ECONOMIQUE | INDUSTRIE DU BATIMENT | TAUX DE TVA | TRAVAIL | TVA
Candidats-descripteurs EurovocLOI-PROGRAMME
Mots-clés libresEMPLOI