...

Question et réponse écrite n° : 0391 - Législature : 56


Auteur Matti Vandemaele, ECOGR1 (08069)
Département Ministre de l'Asile, de la Migration et de l'Intégration sociale, chargée de la Politique des Grandes Villes
Sous-département Asile, Migration, Intégration soc., Pol. Grandes Villes
Titre Rapport de différentes ONG concernant la crise de l'accueil. (QO 008991C)
Date de dépôt29/10/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai01/12/2025

 
Question

Début octobre 2025, plusieurs ONG dont Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde et Vluchtelingenwerk Vlaanderen, ont publié leur cinquième rapport relatif à la crise de l'accueil. Il en ressort une fois de plus que la crise est loin d'être résolue. Plus de 1.900 personnes figurent toujours sur une liste d'attente et la politique de non-accueil est systématique. Des hommes seuls et demandeurs d'une protection doivent attendre des semaines, voire des mois avant d'obtenir une place dans un centre d'accueil. Lorsqu'ils sont contraints de se tourner vers des refuges pour sans-abri, ils sont inscrits sur une nouvelle liste d'attente de quatre à six semaines, après quoi ils obtiennent un hébergement pour une durée maximale de 28 jours. Des demandeurs d'asile continuent donc de dormir dans la rue. Au cours du premier semestre de 2025, les demandeurs d'asile représentaient environ 18 % des personnes hébergées dans les refuges pour sans-abri du Samusocial. À ce groupe, il faut ajouter de plus en plus de bénéficiaires du statut M. On voit donc apparaître de nouveaux groupes de sans-abri, qui entrent eux aussi dans la course aux rares places d'accueil. La pression exercée sur les services médicaux pour les sans-abri et les demandeurs d'asile s'en trouve également accrue. Les délais d'attente pour obtenir une assistance médicale auprès de Fedasil s'allongent et les hubs humanitaires ainsi que le Refugee Medical Point doivent chaque jour refuser des patients. Les ONG craignent en outre que la "politique migratoire la plus stricte jamais adoptée" n'aggrave la crise. Les économies prévues, qui visent à réduire de 83 % le budget consacré à l'accueil, rendront par ailleurs le système moins résistant aux crises futures. 1. Avez-vous passé le rapport en revue? Quelles sont vos constatations? 2. Reconnaissez-vous que des demandeurs de protection internationale se retrouvent toujours dans la rue et qu'une crise de l'accueil sévit toujours? 3. Comment améliorerez-vous l'accompagnement médical des demandeurs d'asile en dehors du réseau d'accueil? 4. Quelles mesures supplémentaires prévoyez-vous de prendre pour les mois hivernaux, tant en matière d'accueil d'urgence que d'accompagnement en dehors du réseau d'accueil?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B029
Date publication 05/11/2025, 20252026
Réponse

J'ai pris connaissance du rapport auquel vous faites référence. En réponse à votre question concernant mes constatations, je serai bref: Il est exact qu'il existe encore une liste d'attente pour l'accès au réseau d'accueil régulier de Fedasil. Celle-ci compte toutefois moins de 1.900 personnes et diminue progressivement. Au 13 octobre 2025, elle s'élevait à 1.825 personnes, soit nettement moins que les quelque 3.000 en début d'année, et bien en deçà des 7 à 8.000 personnes en attente durant les années de pic 2022 et 2023. Il y a donc bel et bien des progrès, et je reste déterminé à poursuivre la réduction de ce nombre. Vous employez le terme de "crise de l'accueil" avec une certaine facilité. Pour notre part, nous mettons tout en oeuvre, à travers des mesures ciblées, afin d'éviter qu'une nouvelle crise de l'accueil ne se reproduise et que les profils vulnérables ne se retrouvent à la rue. Les personnes titulaires d'un statut M, auxquelles vous faites référence, ne peuvent en aucun cas être considérées comme telles. Elles bénéficient déjà d'une protection dans un autre État membre de l'Union européenne et ont donc fait le choix personnel de poursuivre leur voyage vers notre pays, alors que les mesures de crise sont en vigueur depuis près de trois mois. Vous conviendrez sans doute avec moi que les profils réellement vulnérables, ainsi que les personnes ne bénéficiant d'aucune protection internationale dans un autre État membre, doivent effectivement être accueillis, et que tout doit être mis en oeuvre pour éviter que celles et ceux qui ont un droit effectif à l'accueil ne se retrouvent à la rue cet hiver. Il est également important de rappeler que personne disposant d'un droit à l'accueil ne reste aujourd'hui sans solution. Les personnes inscrites sur la liste d'attente sont hébergées temporairement via d'autres dispositifs. Les "solutions alternatives" évoquées dans le rapport sont entièrement financées par Fedasil, dans le cadre du Brussels Deal. Il n'est donc pas correct de prétendre que ces personnes seraient livrées à elles-mêmes. Il en va de même pour l'aide médicale. Les structures mentionnées - le Refugee Medical Point, installé dans un bâtiment de Fedasil, et le Hub humanitaire - font toutes deux partie d'une approche fédérale globale. Fedasil gère également un Point Info, où les demandeurs d'asile se trouvant en dehors du réseau peuvent s'adresser pour obtenir des informations sur leurs droits et les solutions existantes. S'agissant de l'accompagnement médical, nous réalisons des avancées significatives: D'abord via le projet HZIV4Fedasil, qui permet de digitaliser le suivi administratif et financier de l'accompagnement médical. Cela facilite l'accès aux soins pour les demandeurs d'asile, réduit la charge administrative pour les prestataires de soins et accélère les paiements. Ensuite, nous renforçons la communication, tant à destination des personnes en dehors du réseau d'accueil que des prestataires de soins, afin qu'ils sachent clairement comment les frais médicaux sont remboursés et quelles procédures s'appliquent. L'équipe Reach-out voit également son mandat élargi, avec davantage de soutien social, juridique et médical. Enfin, un financement supplémentaire est prévu pour le Refugee Medical Point. En ce qui concerne les mesures pour l'hiver à venir, je peux vous confirmer - comme je l'ai déjà indiqué en réponse à des questions de votre collègue Mme Van Belleghem - que plusieurs structures d'accueil temporaire hivernal ouvriront leurs portes dans différentes régions. Les personnes ne séjournant pas dans une structure d'accueil continueront à bénéficier d'un accompagnement médical - via le Refugee Medical Point - et d'un suivi social assuré par le Point Info ou l'équipe Reach-out.