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| Auteur | Jeroen Van Lysebettens, ECOGR1 (07941) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté |
| Sous-département | Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté |
| Titre | Les problèmes méthodologiques dans la réalisation de l'Enquête de santé 2023. |
| Date de dépôt | 01/10/2025 |
| Langue | N |
| Publication question |
B029
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| Date publication | 05/11/2025, 20252026 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 30/10/2025 |
| Question |
Le 10 juillet 2025, Sciensano a envoyé un communiqué de presse pour annoncer la publication des premiers résultats de l'Enquête de santé de 2023. Ce communiqué mentionne plusieurs évolutions encourageantes et d'autres inquiétantes, comme la réduction du tabagisme et l'augmentation de l'exercice physique, mais aussi l'augmentation du temps passé devant un écran, ainsi que de nombreuses autres données sur l'état de santé de la population belge, sur un certain nombre de déterminants de la santé et sur la prévention. La publication des résultats de l'enquête sur la santé mentale, les services de santé et un certain nombre de facteurs sociaux est attendue en octobre. Depuis 1997, l'enquête quinquennale sur la santé constitue un instrument important pour évaluer l'état de santé dans notre pays, détecter les tendances importantes et adapter les politiques en conséquence. Un rapport sur la méthodologie de cette édition de l'enquête, qui dénonce certains problèmes graves, a néanmoins été publié en avril. - Tout d'abord, le taux de participation a baissé au niveau inédit de 37,1 %, ce qui est nettement inférieur aux éditions précédentes. En effet, le taux de participation moyen s'élevait précédemment à 58,3 %, avec une légère variation de 55,0 % en 2008 à 61,3 % en 2001. Il n'y a, en outre, pas eu de tendance à la baisse jusqu'à cette édition. - Deuxièmement, l'objectif des 11.300 répondants n'a pas été atteint en dépit d'une prolongation substantielle de la période de collecte des données jusque fin 2024, alors que l'année civile 2023 avait été envisagée à l'origine. Finalement, seuls 7.001 répondants ont effectivement participé à l'enquête. Les causes avancées sont le petit nombre d'enquêteurs en raison des changements intervenus au sein du personnel de Statbel et le nombre élevé de refus. - Troisièmement, des irrégularités ont été décelées chez trois enquêteurs, qui ont empêché l'utilisation des données qu'ils avaient collectées. L'un d'entre eux a réalisé 901 entretiens, alors que chaque enquêteur ne devait a priori en réaliser que 50. Au total, 1.533 entretiens étaient inutilisables. Dans un cas, l'enquêteur avait apparemment rempli lui-même les réponses au hasard. Cependant, ces problèmes méthodologiques n'ont pas été explicitement mentionnés dans le communiqué de presse ni dans la présentation des résultats, et même le rapport n'évalue pas leur impact sur la fiabilité des résultats, bien que les conséquences des irrégularités soient qualifiées de "dramatiques" à la page 13 du rapport. Il est évidemment crucial que les données soient fiables si l'on veut pouvoir baser la politique de santé sur les résultats. 1. Avez-vous connaissance de ces problèmes méthodologiques et en connaissez-vous la cause? Dans la négative, avez-vous demandé à en rechercher la cause, p. ex. au comité scientifique consultatif associé au projet? 2. Les entretiens inutilisés ont-ils été menés par des collaborateurs de Sciensano ou de Statbel, ou par des enquêteurs indépendants? Comment ces collaborateurs indépendants ont-ils été recrutés et comment a-t-on vérifié qu'ils étaient aptes à remplir cette mission? Ont-ils travaillé sur d'autres enquêtes? 3. Pourquoi une évaluation n'a-t-elle été envoyée qu'à 10 % des ménages participants alors que le protocole le prévoit pour tous les participants? 4. Disposez-vous d'une évaluation de la fiabilité des données conservées? Dans la négative, avez-vous demandé une évaluation, p. ex. au comité scientifique consultatif associé au projet? 5. Disposez-vous d'une évaluation de l'impact de l'échantillon inadéquat sur les résultats? Dans la négative, avez-vous demandé une évaluation, p. ex. au comité scientifique consultatif associé au projet? 6. En d'autres termes, pouvez-vous confirmer ou non la qualité des données et la fiabilité des résultats? 7. Quelles mesures avez-vous prises pour garantir que de tels problèmes ne se reproduiront pas lors de la prochaine édition, prévue pour 2028 et donc sous votre tutelle, ou qu'envisagez-vous de mettre en place à ce niveau? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B031
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| Date publication | 21/11/2025, 20252026 |
| Réponse |
1. Les problèmes méthodologiques rencontrés lors du travail de terrain de la dernière enquête de santé - notamment la pénurie d'enquêteurs Statbel, abandon de nombreux enquêteurs en cours de route, et baisse substantielle de la volonté des ménages de participer - ont été signalés dès le début de la collecte de données par l'équipe de Sciensano à la Commission des commanditaires de l'enquête de la santé et au Conseil scientifique. Les plaintes des enquêteurs étaient les suivantes: 1) coûts croissants pour atteindre les ménages sélectionnés (stationnement, carburant); 2) retard dans l'arrivée de la lettre d'invitation auprès des ménages sélectionnés (jusqu'à 11 jours dans certains cas), ce qui faisait que les ménages n'étaient parfois pas encore informés de leur sélection quand les enquêteurs les contactaient; 3) nombre trop limité de ménages par groupe (50 personnes, soit 12,5 personnes à interroger par trimestre): demande d'attribution de plusieurs groupes (communes voisines) par enquêteur; 4) rémunération insuffisante pour une enquête longue; 5) diminution des possibilités de contact téléphonique avec les ménages (utilisation croissante des téléphones mobiles, sans registre), et; 6) baisse de la volonté des ménages de participer à l'enquête. Étant donné que les enquêteurs n'étaient rémunérés que pour les enquêtes effectivement réalisées, et non pour les tentatives infructueuses, ces plaintes ont conduit à un désengagement important des enquêteurs. La Commission des commanditaires de l'enquête de la santé a pris note de ces plaintes ainsi que des propositions suivantes du groupe de recherche pour y remédier: 1) modifier et simplifier le formulaire de consentement éclairé. Depuis l'entrée en vigueur du RGPD, les participants doivent donner un consentement préalable. Le remplissage du formulaire (individuellement) prenait toutefois beaucoup de temps; 2) réduire le nombre minimal de tentatives de contact (de cinq à trois); 3) prolonger la période de collecte des données (jusqu'au 31 décembre 2024 au lieu du 31 décembre 2023); 4) réduire la longueur du questionnaire (en ne conservant que les modules de base), et; 5) modifier le mode de collecte des données (passage partiel à une enquête en ligne - entretien oral uniquement pour les personnes refusant l'enquête en ligne mais acceptant un entretien). La Commission a approuvé les points 1, 2 et 3, mais a rejeté les points 4 et 5. Selon elle, réduire le questionnaire rendrait impossible l'identification des tendances. De plus, un passage à une enquête en ligne aurait des conséquences méthodologiques importantes, rendant difficile la comparaison avec les enquêtes précédentes. La Commission a donc décidé de maintenir l'approche méthodologique actuelle. En plus des points 1, 2, et 3, Sciensano a pris (et financé) deux mesures supplémentaires: - augmentation de la rémunération des enquêteurs. À cet effet, l'arrêté royal du 29 mai 2013 a été modifié par l'arrêté royal du 28 janvier 2024, et; - recrutement par Sciensano d'un nombre limité d'enquêteurs à temps plein pour la région de Bruxelles-Capitale et la Communauté germanophone, régions où la collecte des données était particulièrement difficile. Par ailleurs, les avocats de Statbel ont organisé un entretien entre Sciensano, Statbel et les enquêteurs X et Y de Statbel qui a fait apparaître des irrégularités dans la collecte de données. Sur la base de ces entretiens, il a été décidé de licencier ces deux enquêteurs, de récupérer les frais encourus via une transaction (en faveur du Trésor) et de supprimer les données collectées par ces enquêteurs du fichier de données. Pour les données d'un troisième enquêteur (Z) (responsable d'un petit nombre d'enquêtes), des résultats divergents ont été constatés pour un certain nombre de variables, mais nous n'avons pas pu prouver de systématisme dans les écarts. Par mesure de précaution, les données en question ont également été supprimées du fichier de données. 2. Tous les entretiens non utilisés ont été réalisés par des enquêteurs de Statbel. 3. Le protocole de recherche prévoit effectivement l'implication de tous les ménages participants dans une évaluation. Toutefois, en raison des nombreuses difficultés rencontrées pour identifier et constituer un groupe d'enquêteurs candidats, cette évaluation a été considérée comme moins prioritaire. Par ailleurs, il s'agit d'une évaluation du comportement pratique des enquêteurs (respect des rendez-vous, politesse, déroulement calme du questionnaire, etc.), dont certains ont dû être remplacés après une courte période. Cette évaluation ne permettrait pas de vérifier si la procédure de collecte de données a été correctement appliquée, étant donné que les ménages concernés ne connaissent pas la procédure à suivre lors du déroulement des questionnaires. 4. Les résultats de l'enquête ont été discutés en détail avec l'équipe de recherche et soumis à l'avis du Prof. Dr. G. Molenberghs (UHasselt/KULeuven), membre du Conseil scientifique et autorité internationale en méthodologie des enquêtes. Étant donné les problèmes identifiés avec les enquêteurs X et Y de Statbel, la question s'est posée de savoir comment garantir la qualité des données collectées par les autres enquêteurs. Le professeur Molenberghs a souligné l'existence de méthodes statistiques validées permettant d'identifier les variations entre enquêteurs qui ne peuvent être attribuées au hasard. Les données ont été transmises à son équipe, qui a appliqué ces méthodes statistiques aux résultats de l'Enquête de santé. Sur la base des analyses effectuées, aucune autre irrégularité n'a été détectée dans les données. 5. L'insuffisance doit ici être comprise comme le non-respect du nombre prédéfini de participants. Bien que la taille de l'échantillon réalisée soit inférieure à celle prévue, elle permet néanmoins de calculer des estimateurs avec une précision suffisante (intervalles de confiance suffisamment étroits) pour la Belgique et la Région flamande. Le déficit d'entretiens réalisés concerne principalement la Région wallonne et surtout la région de Bruxelles-Capitale, ce qui entraîne des intervalles de confiance plus larges et donc une précision moindre des estimateurs dans ces régions, en particulier lorsqu'on examine des sous-groupes. Cependant, les nombres réalisés dans ces régions sont suffisants pour une analyse des tendances et une comparaison avec les années précédentes, car les échantillons de plusieurs années sont combinés à cette fin. Un problème particulier concernait la composition de l'échantillon réalisé à Bruxelles, avec une faible participation des ménages faiblement scolarisés. Sur les conseils du Prof. Dr Molenberghs, il a été décidé d'intégrer le niveau d'instruction dans les pondérations, en se basant sur les niveaux d'instruction observés dans les enquêtes précédentes, ajustés selon l'évolution des niveaux d'instruction à travers toutes les éditions de l'enquête. Cette méthode garantit que l'échantillon reste suffisamment représentatif, y compris en ce qui concerne le niveau d'instruction. Les programmes développés pour le calcul des pondérations ont été évalués et validés par l'équipe du Prof. Dr Molenberghs. 6. Une partie de la réponse à cette question a déjà été abordée dans la réponse au point 5. L'équipe de recherche a minutieusement comparé les résultats de chaque indicateur de santé issus de l'enquête 2023-2024 avec ceux obtenus lors des enquêtes de santé précédentes. Une analyse des tendances a été réalisée afin de déterminer si les résultats récents s'inscrivent dans la continuité des tendances observées au cours des années précédentes. Les problèmes méthodologiques constatés ne portent donc pas atteinte à la qualité des données et à la fiabilité des résultats. 7. Sur la base des expériences vécues lors du travail de terrain de la période 2023-2024, Sciensano regarde si une approche différente est possible pour la prochaine enquête. Le groupe de recherche examine quelles seraient les conséquences d'un passage à une enquête en ligne, combinée à un questionnaire papier pour les groupes difficiles à atteindre. Les résultats des autres enquêtes organisées par le groupe de recherche seront pris en compte, ainsi que les expériences d'autres pays européens (notamment via une consultation des membres de la Taskforce European Health Interview). |