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| Auteur | Charlotte Deborsu, MR (08138) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | La conférence ministérielle de l'OIF à Kigali (QO 008487C). |
| Date de dépôt | 01/10/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 30/10/2025 |
| Question |
À la fin du mois de novembre 2025, vous participerez à Kigali à la conférence ministérielle de l'Organisation internationale de la Francophonie. Cette réunion se déroulera dans un climat extrêmement tendu, puisque, depuis le 17 mars 2025, la Belgique a rompu ses relations diplomatiques avec le Rwanda. La cause principale de cette rupture, nous le savons, réside dans le soutien de Kigali au M23 et dans les conséquences dramatiques que cela entraîne dans l'est de la République démocratique du Congo: une crise humanitaire majeure et une insécurité croissante pour les populations civiles. 1. Comment appréhendez-vous cette visite dans un tel contexte de rupture diplomatique? 2. Des rencontres bilatérales sont-elles prévues avec vos homologues rwandais en marge de la conférence? 3. La situation humanitaire au Nord-Kivu sera-t-elle inscrite à l'agenda de cette conférence? 4. Depuis la rupture de nos relations diplomatiques et la suspension de l'aide au développement, existe-t-il encore aujourd'hui des canaux de dialogue avec Kigali? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B029
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| Date publication | 05/11/2025, 20252026 |
| Réponse |
Concernant, la rupture de nos relations diplomatiques avec le Rwanda, j'ai toujours dit que nous n'avions jamais voulu en arriver là et que cette rupture unilatérale de nos relations était regrettable. En même temps, j'ai toujours fait comprendre au Rwanda que nous étions disposés à renouer un dialogue, même de façon informelle et minimale dans un premier temps. C'est dans ce contexte que j'ai pu rencontrer mon homologue rwandais à Doha durant une longue rencontre. À cette occasion, nous sommes allés assez loin dans les explications et même dans les reproches que nous pouvions nous faire mutuellement. Mais je puis vous assurer que cela s'est fait dans une atmosphère constructive. Toutefois, bien que cela fasse partie de mes objectifs à terme, il ne s'agit certainement pas de rétablir à ce stade des relations diplomatiques à proprement parler. Les choses ne sont clairement pas mûres et il faut laisser du temps au temps. Je veux aussi être très clair sur le fait que le souhait de retisser progressivement et prudemment certains liens avec le Rwanda ne change rien à notre position vis-à-vis du conflit à l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) et du rôle que le Rwanda y joue. Nous continuerons à demander le plein respect du droit international et de l'intégrité territoriale de la RDC tout en demandant le retrait des troupes rwandaises. De même, nous poursuivrons nos dénonciations des graves crimes et violations des droits humains commis par toutes les parties, y compris par le M23 qui demeure soutenu par le Rwanda. Ce sont des questions de principe sur lesquelles je ne compte pas transiger. De façon parallèle, nous continuons à demander des réformes de gouvernance et des services de sécurité du côté congolais, la fin de la coopération avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda ainsi qu'une lutte déterminée contre les discours de haine. Comme je l'ai dit à de nombreuses reprises, la situation à l'Est de la RDC n'exonère en rien les autorités congolaises de leur propre responsabilité et de la nécessité de réformes. Venons-en maintenant à ma participation à la conférence ministérielle de la Francophonie fin novembre à Kigali. Je souhaite recadrer clairement les choses. Vous le savez, cette organisation est importante pour la Belgique et je ne vois dès lors aucune raison que notre pays n'y soit pas représenté. J'y vais donc pour la Francophonie et non pas pour ou parce que c'est au Rwanda. Je ne compte pas être l'otage du lieu où se déroulera cette conférence. Et il ne s'agit pas de récompenser Kigali ou d'utiliser cette occasion pour des embrassades prématurées. Du reste, la politique de la chaise vide n'a jamais fonctionné?: il serait idiot que je me sabote moi-même en refusant d'y aller et en m'empêchant par là-même d'intervenir sur des thèmes qui me tiennent à coeur comme les "?30 ans après la Déclaration de Pékin?" sur l'avancement des droits de femmes ou sur les questions sécuritaires régionales qui touchent aux Grands Lacs qui seront bien à l'agenda de la conférence. S'il n'y a pas de programme bilatéral prévu avec le Rwanda, il n'est évidemment pas impossible qu'il y ait des contacts informels dans les marges comme dans chaque rendez-vous de ce type. Je ne suis toutefois demandeur de rien et je verrai bien si les conditions y sont favorables. |