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Question et réponse écrite n° : 0417 - Législature : 56


Auteur Sophie Thémont, PS (07262)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre La répartition inégale des pôles d'emploi en Belgique.
Date de dépôt07/10/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai07/11/2025

 
Question

Selon les données issues du Census 2021 publiées récemment par Statbel, une part importante de l'emploi en Belgique se concentre dans un nombre très limité de communes. Dix d'entre elles rassemblent déjà plus d'un quart de l'ensemble des travailleurs, avec en tête Anvers, la ville de Bruxelles et Gand. D'autres villes comme Liège, Louvain, Charleroi, Bruges, Namur, Anderlecht et Malines complètent ce classement, confirmant leur rôle de pôles d'emploi majeurs parmi les 581 communes du pays. Bruxelles illustre cette dynamique de manière particulièrement marquée: elle attire chaque jour des centaines de milliers de navetteurs et compte un solde pendulaire largement positif, alors même que seule une minorité des personnes qui y travaillent y résident réellement. À l'inverse, certaines villes comme Anvers présentent un ancrage local plus fort, la majorité des emplois y étant occupés par des habitants de la commune ou de ses environs. Cette situation met en évidence l'attractivité de certains pôles économiques, mais aussi la forte dépendance de nombreuses communes périphériques qui envoient chaque jour une part importante de leur main-d'oeuvre. Elle met aussi en lumière les inégalités territoriales d'accès à l'emploi, au détriment de nombreuses communes wallonnes et bruxelloises où les perspectives d'embauche restent faibles. 1. Comment expliquez-vous cette concentration du taux d'emploi dans quelques grandes communes seulement? 2. Quels indicateurs utilisez-vous pour l'évaluer, et quelles conclusions en tirez-vous quant à son impact sur l'équilibre territorial et l'accès à l'emploi pour les habitants des autres communes? 3. De quelle manière le gouvernement entend-il répondre aux inégalités croissantes entre les pôles d'emploi et les communes périphériques? Autrement dit, quelles politiques comptez-vous mettre en oeuvre pour soutenir les communes et bassins d'emploi fragilisés, qui voient partir leur main-d'oeuvre sans pour autant bénéficier d'un développement économique suffisant?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B029
Date publication 05/11/2025, 20252026
Réponse

1. La concentration du taux d'emploi dans un nombre restreint de communes résulte d'un ensemble de facteurs historiques, économiques, démographiques et infrastructurels. D'abord, il convient de rappeler que la structure économique belge s'est développée autour de grands centres urbains qui concentrent les activités tertiaires, administratives et industrielles à haute valeur ajoutée. Les sièges d'entreprises, les institutions publiques, les universités, les hôpitaux et les grands pôles de transport y sont implantés de longue date, renforçant leur rôle de moteurs régionaux de l'emploi. Ensuite, la densité des infrastructures de mobilité (axes routiers, ferroviaires et portuaires) joue un rôle déterminant. Les communes telles qu'Anvers ou Gand bénéficient d'une position géographique stratégique, notamment grâce à la présence de ports maritimes ou fluviaux et de zones logistiques majeures. De même, la région de Bruxelles-Capitale, au carrefour des grandes liaisons nationales et internationales, concentre un volume important d'emplois liés à l'administration publique, aux institutions européennes, aux services financiers et aux sièges d'entreprises multinationales. À cela s'ajoute un effet de polarisation économique: les grandes villes attirent les entreprises et les travailleurs qualifiés, ce qui crée un cercle cumulatif d'investissement, de formation et d'innovation. Cette dynamique tend à renforcer les pôles existants au détriment des zones périphériques ou rurales, où les opportunités d'emploi sont plus limitées. Enfin, certaines transformations structurelles du marché du travail contribuent à cette concentration. En effet, les activités nécessitant une forte intensité en connaissances ou un haut niveau de spécialisation (recherche, technologies de l'information, santé, services aux entreprises) se localisent principalement dans des environnements urbains offrant un accès à un vivier de main-d'oeuvre qualifiée. Ces différents éléments expliquent que la répartition de l'emploi en Belgique demeure géographiquement déséquilibrée, malgré la croissance de certains pôles régionaux secondaires. 2. L'évaluation de la répartition géographique de l'emploi s'appuie principalement sur des sources statistiques officielles de Statbel (telles que les données du Census, les données de l'enquête sur les forces de travail, etc. ) ou encore les données administratives régionales ou fédérales. Cependant, il convient de souligner que le SPF Emploi ne calcule pas directement le taux d'emploi par commune. Ce type d'analyse fine relève principalement des régions, compétentes pour la politique de l'emploi et le développement économique local. L'ensemble de ces indicateurs montre que la Belgique présente une géographie de l'emploi déséquilibrée, concentrant la majorité des opportunités professionnelles dans un nombre restreint de pôles urbains. Cette situation se traduit par une mobilité quotidienne importante, un déséquilibre territorial en matière d'accès à l'emploi, et une dépendance économique accrue des communes périphériques vis-à-vis des grands centres. Il est également important de noter que la politique du logement joue également un rôle. Mais cette politique relève de la compétence des régions. 3. Cela relève de la compétence des régions. Cependant, dans l'accord de gouvernement, nous optons pour une plus grande coopération avec les régions afin de mieux coordonner leurs besoins divers, notamment en ce qui concerne la mobilité interrégionale qui joue ici un rôle important. Je souhaite également rappeler que les efforts dans le domaine de l'adéquation, de l'accompagnement et de l'activation relèvent de la compétence des régions, mais le niveau fédéral soutient leurs efforts en rendant les allocations de chômage plus actives et en augmentant la différence entre travailler et ne pas travailler.