...
| Auteur | Rajae Maouane, ECOGR1 (08184) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | Nouveau rapport de l'ONU dénonçant des crimes contre l'humanité au Soudan (QO 007774C). |
| Date de dépôt | 09/10/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 17/11/2025 |
| Question |
L'ONU vient de publier un rapport glaçant sur la situation au Soudan. À El-Facher, au Darfour, les Forces de soutien rapide (FSR) commettent une "myriade" de crimes contre l'humanité: meurtres, tortures, viols, esclavage sexuel, déplacements forcés. La famine est même utilisée comme arme de guerre. L'ONU parle du crime contre l'humanité d'extermination. Ce sont des familles entières, des femmes, des enfants, des civils innocents, qui paient le prix fort dans ce conflit qui s'éternise dans l'indifférence. 1. Quelles nouvelles initiatives concrètes la Belgique compte-t-elle prendre pour répondre à ces crimes, tant sur le plan humanitaire que diplomatique? 2. Allez-vous plaider, au niveau européen, pour un renforcement des sanctions ciblant les responsables des FSR et pour un soutien accru aux mécanismes de justice internationale? 3. Quelles formes d'aide humanitaire urgente la Belgique est-elle prête à mettre en place pour soutenir les populations civiles prises au piège à El-Facher? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B028
|
| Date publication | 22/10/2025, 20242025 |
| Réponse |
Je partage votre inquiétude: la situation au Soudan est tragique et trop souvent ignorée. La Belgique condamne fermement toutes les violations du droit international humanitaire et des droits humains. Je l'ai exprimé à plusieurs reprises et continuerai à dénoncer ces violences. En septembre 2025, la Mission d'établissement des faits des Nations Unies a publié un rapport d'enquête accablant, révélant que les forces rivales ciblent délibérément les civils et commettent des atrocités pouvant être qualifiées de crimes contre l'humanité. La situation est intolérable. En documentant rigoureusement ces crimes, la mission d'enquête, dont le mandat a été prolongé d'un an, contribue à maintenir la question de la responsabilité au coeur de la recherche d'une solution durable au conflit au Soudan. Nous avons également oeuvré pour des réactions internationales fortes. Cela s'est traduit par des déclarations conjointes de l'Union européenne du 15 avril et des bailleurs internationaux le 6 juin, appelant à un cessez-le-feu immédiat, à la protection des civils et à un accès humanitaire sans entrave. Le 14 août, avec 30 autres donateurs, nous avons aussi exigé la levée du siège d'El Fasher par les Rapid Support Forces (RSF). La Belgique a aussi été particulièrement active au Conseil des Droits de l'Homme, réclamant la fin des violences et de l'impunité, comme p. ex. lors de notre intervention du 8 septembre dernier. En ce qui concerne les sanctions, un quatrième paquet de mesures restrictives ciblant notamment les RSF du général Hemedti a été adopté en juillet 2025, ce pour quoi la Belgique avait plaidé. Le régime actuel couvrant dix individus et huit entités a par ailleurs été prolongé en septembre d'une année supplémentaire jusqu'au 10 octobre 2026. Étant donné l'évolution négative de la situation sur le terrain, la Belgique est favorable à une actualisation continue de la liste des sanctions. Nous sommes aussi profondément préoccupés par la crise humanitaire: depuis avril 2023, 12 millions de personnes ont été déplacées, dont 600.000 sont touchées par la famine dans dix régions. En août, j'ai visité un camp de réfugiés à la frontière éthiopienne pour me rendre compte de la situation et écouter leurs témoignages. J'ai été personnellement très marqué par ces échanges déchirants avec les réfugiés qui m'ont raconté les affres de la guerre, parfois leur absence d'espoir de retourner dans leur pays et surtout leur cri à la communauté internationale pour en faire plus sur le plan humanitaire et pour faire cesser ces violences insensées. Lors de ma visite, j'ai annoncé que la Belgique soutiendra le fonds humanitaire pour le Soudan à hauteur de 2,5 millions d'euros en 2025, et encore 2,5 millions d'euros en 2026. J'ai également demandé à mon administration d'augmenter de 3 millions d'euros la contribution belge au Fonds central d'intervention d'urgence des Nations Unies (CERF) en 2025, étant donné que la réponse humanitaire au Soudan bénéficie actuellement du soutien le plus important de ce fonds. Grâce à ces moyens, des organisations humanitaires internationales telles que le Programme alimentaire mondial et le Haut Commissariat pour les réfugiés peuvent intervenir rapidement et de manière coordonnée, sur la base d'une analyse approfondie des besoins, avec une attention particulière portée aux groupes de population les plus vulnérables. Pour conclure, la Belgique n'est ni silencieuse ni passive. En plus des moyens financiers supplémentaires débloqués pour l'aide humanitaire, nous continuons à inscrire ce dossier avec détermination à l'agenda international. Notre objectif reste clair: mettre fin à la violence, traduire les responsables de ces crimes en justice, et enfin protéger les victimes. |