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| Auteur | Charlotte Deborsu, MR (08138) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | Le sort des femmes afghanes lors du séisme (QO 008763C). |
| Date de dépôt | 09/10/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 17/11/2025 |
| Question |
Le séisme dévastateur qui a frappé l'est de l'Afghanistan le 31 août 2025 a causé la mort de plus de 2.200 personnes et laissé des milliers de familles sans abri. Mais pour les femmes afghanes, la tragédie est encore plus insoutenable: privées de droits depuis le retour des talibans en 2021, elles se retrouvent aujourd'hui exclues jusqu'aux secours d'urgence en raison des lois talibanes. En effet, les secouristes masculins ne peuvent pas toucher une femme, ce qui signifie ne pas pouvoir les examiner, ni les sortir des décombres. Et le clou du spectacle? Il n'y a évidemment pas de femmes secouristes, donc personne pour les sortir de là. Ces femmes afghanes, en plus d'être invisibilisées au sein de la société afghane, en plus de subir un apartheid de genre, en plus de survivre à un grave séisme, ne peuvent même pas être secourues. Une honte. Des organisations comme ONU Femmes ont lancé des appels spécifiques pour soutenir les femmes et les filles dans les zones touchées, mais ce n'est évidemment pas suffisant. 1. La Belgique compte-t-elle flécher une partie de son aide humanitaire spécifiquement vers les femmes et les filles afghanes, via des canaux comme ONU Femmes ou le Croissant-Rouge, afin de contourner les restrictions imposées par les talibans? 2. La Belgique peut-elle soutenir la création de mécanismes de distribution d'aide "par les femmes et pour les femmes" en s'appuyant sur des ONG ou des réseaux de la diaspora, pour garantir que l'aide humanitaire leur parvienne réellement? 3. La Belgique est-elle prête à porter, avec ses partenaires européens, une initiative forte dans les instances internationales pour conditionner l'aide humanitaire à l'accès des femmes aux soins, à l'éducation et aux secours, afin que cette situation intenable ne se répète plus? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B028
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| Date publication | 22/10/2025, 20252026 |
| Réponse |
L'Afghanistan traverse actuellement l'une des crises humanitaires les plus graves au monde. Je suis conscient de la situation dramatique dans laquelle se trouvent les femmes afghanes, notamment dans le cadre des opérations de secours menées après le récent séisme du 31 août. La Belgique place toujours les principes humanitaires d'indépendance, d'impartialité, d'humanité et de neutralité au coeur de ses engagements avec ses partenaires internationaux. La Belgique et son aide humanitaire soutiennent la réponse humanitaire internationale dans le pays par le biais d'une aide indirecte. Au moins 60 % du financement humanitaire belge est flexible, non ciblé et indirect, via notre soutien à des fonds humanitaires mondiaux et au financement de base de divers acteurs (notamment des Nations Unies). Ces acteurs, plus proches de la crise en Afghanistan, peuvent ainsi décider eux-mêmes de la meilleure utilisation de la contribution belge pour soutenir les victims de cette crise. La Belgique soutient donc la réponse à la catastrophe naturelle en Afghanistan par ses contributions à des fonds flexibles: - le Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (UNOCHA): contribution annuelle de 17 millions d'euros, dont 5 millions d'euros déjà débloqués; - le Fonds d'urgence pour les interventions en cas de catastrophe (IFRC-DREF) de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge: contribution annuelle de 3,5 millions d'euros, dont 1 millions de francs suisses ont déjà été débloqués. La Belgique contribue également au fonds humanitaire Immediate Response Account (IRA) du Programme alimentaire mondial (PAM) : contribution annuelle de 5 millions d'euros. Et au Fonds spécial pour les activités d'urgence et de résilience (SFERA) de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO): également 5 millions d'euros par an. De manière plus générale, la Belgique s'efforce de maintenir les violations flagrantes des droits humains en Afghanistan, en particulier celles visant les femmes et les filles, en haut de l'agenda international. Ainsi, notre pays fait régulièrement des déclarations au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies pour condamner la discrimination systématique et les violations à l'encontre des femmes et des filles - la plus récente datant du 8 septembre 2025, lors de la 60e session du Conseil. La Belgique y a condamné les violations graves, généralisées et systématiques des droits humains en Afghanistan, et a appelé à ce que les responsables soient traduits en justice. Enfin, je tiens à souligner que la Belgique mobilise ses instruments diplomatiques pour défendre les principes humanitaires. Cela inclut également l'engagement à lutter contre l'impunité et à renforcer le respect des normes internationales. |