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| Auteur | Kathleen Depoorter, N-VA (07387) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | Situation humanitaire au Soudan. (QO 008510C) |
| Date de dépôt | 07/10/2025 |
| Langue | N |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 07/11/2025 |
| Question |
La crise humanitaire qui frappe le Soudan ne cesse de s'aggraver et cette nouvelle demeure malheureusement noyée dans la masse d'informations diffusées par les médias. Le Darfour doit ainsi faire face à une augmentation explosive des foyers de choléra: on déplore plus de 12.700 cas enregistrés ainsi que plus de 350 décès, répartis sur l'ensemble des 18 États soudanais. La ville d'El Fasher est assiégée depuis des années. Plus de 260.000 personnes, parmi lesquelles de nombreux enfants, y sont bloquées dans des conditions déplorables et aucun acheminement réel d'aide humanitaire ne s'est avéré possible depuis près de 500 jours. À cela s'ajoutent les attaques aériennes et les frappes de drones régulières. Nous assistons à une escalade générale faite de décès de civils, de violences ethniques, de déplacements internes en masse de la population et d'une insécurité alimentaire extrême. Selon les estimations, pas moins de 24 millions de personnes souffrent de famine aiguë. 1. Quelles mesures concrètes sont prises afin que l'aide humanitaire (nourriture, moyens médicaux, eau potable, vaccins contre le choléra) parvienne effectivement dans les zones les plus touchées, notamment le Darfour et El Fasher, malgré les difficultés d'accès? 2. Dans quelle mesure la Belgique est-elle disposée à coopérer dans un contexte européen ou multilatéral (par le biais de l'ONU, de l'Union africaine, de coalitions de donateurs) afin de consolider et de faire respecter la sécurité des couloirs humanitaires ou les mécanismes de trêve? 3. Vu l'expertise qu'elle a acquise en Afrique, quelles initiatives diplomatiques la Belgique lancera-t-elle pour amener les parties belligérantes et les acteurs régionaux à accepter un cessez-le-feu immédiat et permanent, et pour faire effectuer une enquête sur les violations du droit international? 4. Comment veillerez-vous à la transparence, au suivi et à la légitimité de l'aide déployée, afin de garantir que les moyens parviennent aux victimes auxquelles ils sont destinés et ne soient pas interceptés, bloqués ou utilisés abusivement? 5. Avec quels partenaires diplomatiques et quelles organisations humanitaires coopère-t-on? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B028
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| Date publication | 22/10/2025, 20252026 |
| Réponse |
Je partage votre inquiétude: la situation au Soudan est tragique et trop souvent ignorée. La Belgique condamne fermement toutes les violations du droit international humanitaire et des droits humains. Je l'ai exprimé à plusieurs reprises et continuerai à dénoncer ces violences. En septembre 2025, la Mission d'établissement des faits des Nations Unies a publié un rapport d'enquête accablant, révélant que les forces rivales ciblent délibérément les civils et commettent des atrocités pouvant être qualifiées de crimes contre l'humanité. La situation est intolérable. En documentant rigoureusement ces crimes, la mission d'enquête, dont le mandat a été prolongé d'un an, contribue à maintenir la question de la responsabilité au coeur de la recherche d'une solution durable au conflit au Soudan. Nous avons également oeuvré pour des réactions internationales fortes. Cela s'est traduit par des déclarations conjointes de l'Union européenne du 15 avril et des bailleurs internationaux le 6 juin, appelant à un cessez-le-feu immédiat, à la protection des civils et à un accès humanitaire sans entrave. Le 14 août, avec 30 autres donateurs, nous avons aussi exigé la levée du siège d'El Fasher par les RSF. La Belgique reste aussi particulièrement très active au Conseil des Droits de l'Homme, réclamant la fin des violences et de l'impunité, comme p. ex. lors de notre intervention du 8 septembre dernier. Nous sommes aussi profondément préoccupés par la crise humanitaire: depuis avril 2023, 12 millions de personnes ont été déplacées, dont 600.000 sont touchées par la famine dans 10 régions. En août, j'ai visité un camp de réfugiés à la frontière éthiopienne pour me rendre compte de la situation et écouter leurs témoignages. J'ai été personnellement très marqué par ces échanges déchirants avec les réfugiés qui m'ont raconté les affres de la guerre, parfois leur absence d'espoir de retourner dans leur pays et surtout leur cri à la communauté internationale pour en faire plus sur le plan humanitaire et pour faire cesser ces violences insensées. Lors de ma visite, j'ai annoncé que la Belgique soutiendrait le fonds humanitaire pour le Soudan à hauteur de 2,5 millions d'euros en 2025 et encore 2,5 millions d'euros en 2026. En outre, j'ai demandé à mon administration d'augmenter de 3 millions d'euros la contribution belge au Fonds central pour les interventions d'urgence des Nations Unies (CERF) en 2025, sachant qu'actuellement, l'essentiel du soutien à la réponse humanitaire au Soudan provient de ce fonds. Grâce à ces moyens, les organisations humanitaires internationales telles que le Programme alimentaire mondial et le Haut-Commissariat aux réfugiés peuvent intervenir rapidement et de façon coordonnée, sur la base d'une analyse approfondie des besoins, en accordant une attention particulière aux groupes de population les plus vulnérables. En ce qui concerne les étapes concrètes pour permettre à l'aide humanitaire d'atteindre les régions les plus sévèrement touchées, comme le Darfour et El Fasher, malgré les entraves à l'accès: - la Belgique soutient les organisations humanitaires qui travaillent avec des mécanismes de distribution sûrs et coordonnés, et milite en faveur de l'aménagement de couloirs humanitaires sûrs et de cessez-le-feu temporaires pour permettre l'acheminement de l'aide; - nous collaborons activement dans le cadre de l'UE ainsi qu'à l'échelle multilatérale au niveau des Nations Unies, de l'Union africaine et des coalitions de donateurs afin de mettre en place et de maintenir ces mécanismes; - la Belgique accorde une grande importance à la transparence, au suivi et au devoir de rendre des comptes sur l'aide investie. Nous travaillons exclusivement avec des partenaires humanitaires fiables, recourant à des mécanismes de contrôle stricts pour garantir que l'aide bénéficie aux victimes visées et ne soit pas détournée ou utilisée à mauvais escient; - notre coopération diplomatique et humanitaire inclut des partenaires tels que le Programme alimentaire mondial (PAM), UNHCR, UNICEF, l'Organisation mondiale de la Santé, ainsi que des acteurs européens et régionaux. Pour conclure, la Belgique n'est ni silencieuse ni passive. En plus des moyens financiers supplémentaires débloqués pour l'aide humanitaire, nous continuons à inscrire ce dossier avec détermination à l'agenda international. Notre objectif reste clair: mettre fin à la violence, traduire les responsables de ces crimes en justice, et enfin protéger les victimes. |