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Question et réponse écrite n° : 0236 - Législature : 56


Auteur Werner Somers, VB (07888)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre Position du gouvernement belge à l'égard de l'initiative pour la gouvernance mondiale.
Date de dépôt02/10/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai07/11/2025

 
Question

Ces dernières années, la République populaire de Chine a lancé plusieurs initiatives diplomatiques et idéologiques visant à réformer le système multilatéral existant, y compris l'ONU, ou du moins à le conformer davantage à ses propres intérêts géopolitiques et à ses valeurs autoritaires. L'une de ces initiatives, l'initiative pour la gouvernance mondiale (IGM), est présentée par Pékin comme étant un autre modèle de coopération internationale et de prise de décision mondiale. Sous le prétexte de réformer l'ordre mondial au sens multipolaire, la Chine tente par cette initiative de restructurer les institutions internationales de l'intérieur et ce faisant, elle menace de vider de leur substance des principes tels que les droits universels, le processus de décision démocratique et la transparence ou de les remplacer par des normes d'inspiration autoritaire. On sait que la Chine s'efforce d'accroître son influence au sein de plusieurs organisations des Nations Unies, entre autres par la nomination de représentants chinois, par le recours à des mécanismes de financement et par une pression normative. Dans ce cadre, l'IGM semble être une nouvelle étape s'intégrant dans une stratégie plus vaste, qui porte atteinte aux valeurs fondamentales sur lesquelles a été bâti le multilatéralisme après la Seconde Guerre mondiale. 1. Avez-vous connaissance de l'existence de l'IGM chinoise? Dans l'affirmative, que pensez-vous de cette initiative d'un point de vue belge et d'un point de vue européen? 2. Le gouvernement considère-t-il cette initiative comme un risque pour l'intégrité et l'autonomie des institutions multilatérales internationales, en particulier l'ONU et ses agences? 3. Quelles mesures la Belgique prend-elle, au sein de l'Union européenne ou en dehors de celle-ci, pour s'opposer aux tentatives d'influence normative ou d'affaiblissement du multilatéralisme par des régimes autoritaires tels que la République populaire de Chine? 4. La Belgique a-t-elle pris position au sein de forums internationaux (tels que l'ONU ou l'UE) au sujet de l'IGM ou d'initiatives similaires, et dans l'affirmative, quelle est cette position? 5. Le gouvernement s'opposera-t-il aux tentatives de la République populaire de Chine visant à utiliser le multilatéralisme afin de propager des valeurs autoritaires au détriment de libertés fondamentales, de la souveraineté des États et des droits humains?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B028
Date publication 22/10/2025, 20252026
Réponse

La Belgique et l'Union européenne suivent avec attention les initiatives lancées par la Chine - telles que le Global Development Initiative (GDI), le Global Security Initiative (GSI), le Global Civilization Initiative (GCI) et plus récemment le Global Governance Initiative (GGI). Ces propositions sont présentées par la Chine comme des contributions au multilatéralisme et à la coopération mondiale, mais elles s'inscrivent également dans une vision stratégique plus large visant à réformer l'ordre international selon les priorités chinoises. Pour la Belgique et l'UE, le principe de base reste clair: le système multilatéral, avec les Nations Unies et le droit international en son coeur, doit être renforcé, et non remplacé. Des réformes sont nécessaires pour rendre ce système plus inclusif et plus efficace, mais elles doivent se faire sur la base de valeurs universelles, de transparence et de respect des droits humains. L'UE et ses États membres participent aux forums de dialogue où ces initiatives sont abordées, mais nous ne nous engageons pas dans des cadres qui créent des structures parallèles ou qui affaiblissent les mécanismes existants des Nations Unies. Une coopération est possible sur des thèmes où nos intérêts convergent, tels que le développement durable ou le climat, à condition que cela se fasse dans les cadres multilatéraux existants et dans le respect des normes internationales. Contrairement à l'initiative Belt and Road, les quatre Global Initiatives chinoises ne sont pas nécessairement conçues comme des modèles auxquels d'autres pays adhèrent en devenant membres, mais plutôt comme des cadres conceptuels que la Chine utilise pour contextualiser certaines actions à l'étranger. Le Global Governance Initiative reste jusqu'à présent peu concret et semble surtout constituer un récit global visant à encadrer la réforme de la gouvernance mondiale selon les priorités chinoises. La Belgique et l'UE reconnaissent la nécessité d'un système multilatéral plus efficace, mais nous considérons la réforme comme un processus inclusif au sein des Nations Unies, et non via des structures alternatives. La diplomatie belge continue de promouvoir un ordre international fondé sur des règles, dans le respect de la souveraineté, des droits humains et du développement durable.