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Bulletin n° : B028 - Question et réponse écrite n° : 0370 - Législature : 56


Auteur Irina De Knop, OPNVLD (06246)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre Peste porcine africaine.
Date de dépôt17/09/2025
Langue N
Publication question     B028
Date publication 22/10/2025, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai15/10/2025

 
Question

Entre janvier 2024 et mai 2025, 14.918 foyers de peste porcine africaine (PPA) ont été enregistrés au niveau mondial dans 51 pays. Ce sont principalement des sangliers qui ont été touchés, mais le virus a également entraîné d'importantes pertes dans les élevages de porcs. Plus de 600.000 porcs sont morts par contamination. L'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture mettent en garde contre la propagation croissante de la PPA, qui a également touché récemment de nouveaux pays comme le Sri Lanka. En Europe, de nouveaux foyers sont également apparus en 2024, notamment une contamination détectée à Kirchhundem (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), à 160 kilomètres à peine de la frontière belge. Le secteur porcin belge a récemment mis en garde, sur le site PORK.be, contre le risque important de réintroduction de la PPA dans notre pays. L'incidence économique d'une nouvelle épidémie serait considérable. Au niveau international, des efforts sont déployés dans le Cadre mondial pour la maîtrise progressive des maladies animales transfrontalières, qui élabore également des normes internationales pour l'approbation et l'utilisation de vaccins contre la PPA. L'OMSA met toutefois en garde contre le risque d'utilisation incontrôlée de vaccins insuffisamment testés. 1. Comment évaluez-vous le risque actuel de réintroduction de la PPA en Belgique, compte tenu des contaminations qui se sont produites récemment chez nos voisins? 2. Quelles mesures de prévention sont actuellement en place pour protéger le secteur porcin belge contre une nouvelle épidémie? 3. a) Pouvez-vous indiquer si la Belgique participe activement à la recherche sur les vaccins au niveau international? b) Où en sont la mise au point, l'approbation et la disponibilité d'un vaccin sûr et efficace contre la PPA? 4. De quelle manière les éleveurs belges sont-ils informés des risques liés aux vaccins non conformes ou non homologués? 5. La nouvelle saison de chasse débute prochainement. L'année dernière, l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) a appelé les chasseurs à ne pas se rendre dans les régions où la PPA a été détectée. a) Cet appel sera-t-il réitéré cette année? b) Quelles mesures supplémentaires l'AFSCA prend-elle pour empêcher la chasse dans les régions où la PPA a été détectée? 6. Après la dernière épidémie de PPA détectée chez des sangliers dans le sud de la Wallonie, la Belgique a entre-temps de nouveau été déclarée indemne de PPA depuis quelques années. a) Certains pays n'ont-ils toujours pas ouvert leur marché à la viande de porc belge, à l'heure actuelle? b) Dans l'affirmative, de quels pays s'agit-il? c) Quelles raisons ces pays invoquent-ils pour maintenir la fermeture de leur marché? d) Quelles démarches notre pays peut-il entreprendre contre la fermeture de certains marchés?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B030
Date publication 13/11/2025, 20252026
Réponse

1. Le risque actuel reste réel, bien qu'inchangé par l'apparition d'un foyer de peste porcine africaine (PPA) en Allemagne à moins de 200 km de la frontière Belge. En effet, une introduction de la PPA en Belgique depuis une zone infectée, qu'elle soit localisée en Europe de l'Est ou en Allemagne, se ferait via des activités humaines et non par dissémination lié au déplacement de population de sangliers sauvages infectés. 2. Les mesures actuelles de prévention applicable dans tous les élevages porcins de Belgique, aussi bien commerciaux et de loisirs, sont consultables sur la page internet de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) dédiée à la PPA: https://favv-afsca.be/fr/themes/animaux/sante-animale/maladies-animales/peste-porcine-africaine. Elles peuvent être résumées comme suit: - les rassemblements de porcs sont interdits. Seuls les rassemblements de porcs de boucherie sont autorisé dans un centre de rassemblement agréé de classe 2, et doivent être accompagnée de mesures strictes de biosécurité; - l'accès à toute exploitation porcine ou à tout lieu où sont détenus des porcs n'est autorisé qu'aux personnes strictement nécessaires au bon fonctionnement de l'exploitation; - il est interdit de pénétrer dans une exploitation porcine ou d'entrer en contact avec des porcs dans les 72h qui suivent un contact avec un sanglier; - l'ensemble du matériel, des machines, des équipements, des vêtements, des chaussures et des véhicules susceptibles d'être contaminés par le virus de la PPA ne doit pas être introduit dans une exploitation porcine; - il est interdit d'introduire un sanglier tué ou abattu, ou une partie de celui-ci, dans une exploitation porcine ou dans un lieu où sont détenus des porcs; - il est interdit de nourrir les porcs avec des déchets de cuisine; - dans toutes les exploitations porcines et lieux où sont détenus des porcs, des mesures strictes de biosécurité doivent être appliquées; - les nouveaux porcs introduits dans un troupeau porcin doivent être placés en quarantaine; - tous les moyens de transport utilisés pour le transport de porcs doivent être nettoyés et désinfectés après chaque transport. La PPA est une maladie à déclaration obligatoire. Toute suspicion doit être signalée à l'AFSCA. L'AFSCA travaille activement tout au long de l'année à la sensibilisation de toutes les personnes pouvant être impliquées dans la prévention et la lutte contre la PPA via des campagnes de sensibilisation spécifiques, des newsletters, la présence à des évènements pertinents comme la foire de Libramont, la publication de brochures sur la PPA à destination du grand public et des voyageurs, des éleveurs, des chasseurs et des transporteurs routiers ou encore via des réunions spécifiques (Vetconsult, Agrofront, task force PPA, etc.). 3. a) La Belgique participe activement aux projets de développement d'un vaccin contre la PPA. En 2019 et 2023, Sciensano a fourni un soutien scientifique et logistique à deux entreprises pharmaceutiques dans le cadre de l'évaluation de la sécurité et de l'efficacité de candidats vaccins atténués en développement. En 2024, Sciensano a également rejoint un consortium constitué d'institutions scientifiques européennes, d'un partenaire industriel et de l'USDA dans le cadre du projet ASFaVIP financé par l'UE. Sciensano fait actuellement partie du conseil scientifique de ce projet, dont l'objectif est d'évaluer différents vaccins vivants atténués contre la PPA, de sélectionner le candidat le plus prometteur et de conduire les essais exigés par la pharmacopée européenne en vue d'une demande d'autorisation de mise sur le marché pour la vaccination d'urgence des porcs domestiques et des sangliers. b) La prévention, le contrôle et l'éradication de la PPA restent une priorité absolue pour l'Union Européenne, qui finance depuis des années des travaux de recherche et de développement sur les vaccins contre la PPA. À l'heure actuelle, aucun vaccin sûr et efficace n'est encore disponible. 4. La vaccination contre la PPA est actuellement interdite en Belgique, compte tenu de l'absence d'un vaccin efficace. Les éleveurs et les associations d'éleveurs sont tenus informés de tout développement important en matière de vaccination contre la PPA. 5. a) L'AFSCA veille à la sensibilisation de tous les acteurs impliqués dans la lutte contre la PPA, notamment les chasseurs, en collaboration avec les autorités régionales. L'appel sera renouvelé encore cette année. b) Les restrictions en matière de chasse dans les zones où la PPA est présente sont réglementées par l'autorité compétente du pays où se situent les zones de restriction. Dans les cas où une personne irait chasser dans une zone où la PPA est présente celle-ci ne pourrait pas pénétrer dans une exploitation porcine ou entrer en contact avec des porcs dans les 72 heures qui suivent son activité de chasse et l'ensemble des matériels, équipements, vêtements et véhicules qui ont été utilisés durant cette activité, de même que tous les sangliers ou parties de sangliers abattus, sont considérés comme étant susceptibles d'être contaminés et ne peuvent pas être introduits dans une exploitation porcine. Les restrictions en matière de chasse en Belgique après avoir réalisé une activité dans une zone où la PPA est présente sont sous la compétence des autorités régionales. 6. a) Oui, certains pays n'ont pas encore rouvert leur marché à la viande de porc belge. b) Taiwan, la République dominicaine, le Pérou et les Seychelles appliquent encore un embargo sur toute la Belgique. Le Vietnam applique un embargo uniquement sur la province du Luxembourg. c) Les raisons invoquées sont d'ordre politique, la crainte d'une introduction de la maladie alors que le pays ne disposerait pas des moyens suffisants pour lutter contre une telle maladie. Pour le Pérou, une analyse de risque avec visite d'inspection en Belgique doit être réalisée avant d'envisager la levée de l'embargo. d) L'AFSCA a fourni toutes les informations demandées et aborde ce sujet avec les autorités du Vietnam et Taiwan dès que l'occasion se présente car ils ont été identifiés par le secteur comme un marché important. Les initiatives pour une levée d'embargo de la République dominicaine, des Seychelles et du Pérou ne sont plus prioritaires car ces destinations sont moins importantes aux yeux du secteur ou dans le cas du Pérou, ces derniers ne sont pas disposés à financer une visite d'inspection des autorités Péruviennes.

 
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