...
| Auteur | Koen Metsu, N-VA (06591) |
| Département | Ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur |
| Sous-département | Défense, Commerce ext. |
| Titre | La politique de cyberdéfense. |
| Date de dépôt | 09/09/2025 |
| Langue | N |
| Publication question |
B027
|
| Date publication | 10/10/2025, 20242025 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 03/10/2025 |
| Question |
Dans le contexte du plan Défense 2025, je voudrais encore vous poser quelques questions sur la cybersécurité, priorité stratégique au sein de la Défense belge. Le Cyber Command belge collabore intensivement avec l'OTAN, les partenaires de l'UE et les alliés bilatéraux. Cette coopération comprend l'échange d'informations, des exercices conjoints et le développement technologique. L'innovation et la résilience sont encouragées par des partenariats avec des centres de connaissance, des entreprises technologiques et le Centre flamand pour la sécurité numérique où la Défense investit activement, notamment dans la recherche et le développement. La Défense poursuit l'expansion du Cyber Command, investit dans l'intelligence artificielle (IA) et la guerre électronique et accroît l'interopérabilité avec les partenaires de l'OTAN. Parmi les priorités, citons la protection des infrastructures critiques, le renforcement de la résilience nationale et la lutte contre la désinformation. 1. Comment se déroule la coopération avec l'OTAN, les partenaires de l'UE et les alliés bilatéraux? 2. Comment la politique de cyberdéfense de la Belgique s'articule-t-elle avec la politique de cyberdéfense de l'OTAN et la loi sur la cybersécurité de l'UE? 3. a) Avec quels partenaires de l'UE et alliés bilatéraux coopérons-nous en matière d'innovation et de résilience? b) Comment cette coopération se déroule-t-elle? c) Une évaluation (périodique) de cette coopération est-elle prévue? d) Comment cette coopération est-elle ajustée et dans quel délai cet ajustement peut-il avoir lieu? 4. a) Avec quelles universités et entreprises technologiques belges collaborez-vous en matière de cyberdéfense? b) Comment cette collaboration se déroule-t-elle? c) Quelles sont les collaborations spécifiques existantes? Pouvez-vous en fournir la liste? d) Une évaluation (périodique) de cette collaboration est-elle prévue? e) Comment cette collaboration est-elle ajustée et dans quel délai cet ajustement peut-il avoir lieu? f) Comment la confidentialité est-elle garantie dans le cadre de cette collaboration? 5. Selon vous ,quel rôle la Belgique peut-elle jouer dans le renforcement de la cyberrésilience européenne contre les menaces hybrides? 6. Des moyens budgétaires suffisants sont-ils prévus en 2025 pour la cyberdéfense? Pouvez-vous fournir un aperçu de la part de ces moyens consacrée aux capacités opérationnelles, à la formation, à l'infrastructure et à la recherche et au développement (RD)? 7. À combien d'exercices de cybersécurité internationaux la Belgique a-t-elle participé au cours des trois dernières années? Pouvez-vous en fournir la liste? 8. Combien d'accords de coopération ou de contrats sont actuellement en vigueur entre la Défense et des partenaires civils/industriels en matière de cybersécurité? 9. Depuis 2022, combien de cyberincidents ont-ils été enregistrés au sein de la Défense? Combien d'entre eux ont-ils nécessité l'intervention du Cyber Command? Pouvez-vous en fournir la liste? 10. Quelles sont les ressources allouées au développement des cybercapacités offensives? Pouvez-vous fournir une estimation de la part du budget de cybersécurité total allouée à cette fin? 11. a) De 2023 à ce jour, combien de militaires ont-ils suivi une formation sur la cybersécurité au sein de la Défense? b) Combien d'entre eux ont-ils obtenu une certification reconnue au niveau international (p. ex., CISSP, CEH, CompTIA)? c) Comment assurez-vous la mise à jour des compétences en la matière de ce personnel militaire? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B030
|
| Date publication | 13/11/2025, 20252026 |
| Réponse |
1. La coopération avec l'OTAN, les partenaires de l'UE et les alliés bilatéraux se déroule de manière constructive et bien coordonnée. Nous travaillons en étroite collaboration dans divers domaines d'échange d'informations, d'exercices conjoints et de planification stratégique. 2. La politique belge en matière de cyberdéfense est alignée sur la politique de cyberdéfense de l'OTAN et sur les normes cyber internationales plus larges. La Défense s'engage en outre pleinement à réaliser les objectifs de capacité 2025 fixés par l'OTAN, y compris ceux en cybernétiques. Le Cybersecurity Act, celui-ci s'applique principalement aux produits et services ICT commerciaux et aux entités relevant de la directive NIS2. La Défense ne relève généralement pas de ce champ d'application. Néanmoins, la Belgique prend les mesures nécessaires au sein même de la Défense et suit des directives internes afin de garantir un environnement cyber robuste et sûr, conformément aux normes internationales 3. a) Au sein de la cellule innovation une collaboration au niveau international avec le Grand-Duché de Luxembourg et l'ESA a été initée. b) La collaboration avec le Luxembourg se déroule très bien mais le besoin en personnel et ressources suffisants reste un point d'attention pour optimiser davantage la coopération. c) Vu leur caractère récent, une évaluation périodique de ces collaborations n'est pas encore à l'ordre du jour. d) Pour les mêmes raisons, une adaption des collaborations n'est pas encore à l'ordre du jour non plus. 4. a) Sur le plan académique, le premier partenaire est l'Ecole Royale Militaire (ERM) avec laquelle un accord de coopération existe, portant entre autres sur l'intelligence artificielle et la physique quantique. De plus, un partenariat est en place avec l'ULB et HOWEST dans le cadre des cours consacrés à la cybersécurité et deux Cyber Defense Factories ont été ouverts à Charleroi sur le site d'A6K et sur le campus d'HOWEST. Ces bureaux servent de point de rencontre entre le monde académique, de la recherche et de l'innovation. En ce qui concerne les entreprises un forum consacré à la cybersécurité a été mis en place avec Agoria, la fédération des entreprises technologiques (CMiB4Def). b) Cette coopération se déroule très bien dans l'ensemble. c) La plupart des projets issus de ces collaborations font l'objet d'une clause de confidentialité (Non Disclosure Agreement - NDA). Une communication n'est donc pas possible sur le contenu des projets. d) L'évaluation se passe au projet par projet. e) Comme il est question de projets divers et variés, un ajustement peut être nécessaire au cas par cas. Il est dans ce cadre fait appel à la flexibilité des partenaires. f) La plupart des personnes impliquées dans les projets en l'espèce sont munis de l'habilitation de sécurité nécessaire et/ou ont fait l'objet d'une vérification de sécurité. En outre ils doivent signer un NDA qui garantit la confidentialité des projets en cours. 5. Cette année, la Cyber Force a assuré la présidence des European Union Cyber Rapid Response Teams (CRRT). Le premier déploiement d'une équipe CRRT remonte à février 2022 dans le contexte de la guerre en Ukraine. Sa mission était de protéger les infrastructures critiques du pays en proie à des cyberattaques. En 2025, la Défense a déployé du personnel membre de ces équipes au profit de la mission militaire en Somalie et de la mission civile en Moldavie En outre, la Cyber Force dirige également le groupe de travail interministériel SGRS sur la manipulation de l'information (SIIMI). Ce groupe de travail fait office de plateforme structurelle et intergouvernementale pour le suivi de la manipulation et de l'ingérence étrangères en matière d'information (FIMI) et de la désinformation, ce qui est essentiel pour lutter de manière coordonnée contre les menaces hybrides. Via le SIIMI, les alertes du système d'alerte rapide de l'UE (RAS) sont partagées par le NCCN. La Belgique participe également au projet PESCO Cyber and Information Domain Coordination Center (CIDCC) afin de renforcer davantage l'échange d'informations et la connaissance de la situation. 6. Les moyens nécessaires à la réalisation des tâches dans le cadre de la cyberdéfense sont disponibles. En matière de recrutement, même si profils spécifiques dans le domaine de la cybersécurité sont très difficiles à trouver sur le marché du travail, la Défense maintient son attractivité par le caractère unique des missions de renseignement, de sécurité et de protections de nouveaux systèmes d'armes. La répartition des budgets ne peut être divulguée. 7. La Belgique a pris part à sept exercices cyber internationaux en 2023, neuf en 2024 et huit en 2025. 8. Il existe des accords de coopération avec la police judicaire (PJ) et l'ESA, ainsi que divers accords de coopération dans le cadre des programmes de recherche DEFRA. Les Cyber Defense Factories ont permis de créer des opportunités de coopération entre la défense, les universitaires et l'industrie. 9. Des tentatives d'intrusion ont lieu quotidiennement. Au cours des cinq dernières années, la Défense n'a été victime que d'une seule attaque majeure, en 2021. La gestion de cet incident a conduit à une amélioration considérable de nos systèmes de défense. En outre, le site web du Ministère de la Défense est régulièrement mentionné parmi les cibles revendiquées par des acteurs étrangers. Ceux-ci tentent de rendre le site web inaccessible en le submergeant de requêtes. Cela n'a aucune incidence sur fonctionnement opérationnel du Ministère de la Défense 10. Le développement de ces capacités est étroitement lié à celles relatives au renseignement. sur lesquelles nous ne pouvons pas nous prononcer. 11. a) L'ensemble du personnel technique de la Cyber Force suit une formation et une certification en cybersécurité, qui commence par une formation de base (certification GSEC), une formation spécifique aux outils et un développement continu, en fonction du profil et des responsabilités de chacun. La Cyber Force facilite également la formation en cybersécurité d'autres Forces et entités de la Défense, en particulier avec la mise en oeuvre de nouvelles capacités ayant une empreinte numérique importante. En planning, 750 places de cours individuelles ont été prévus pour 2025. b) En 2023, 140 personnes. En 2024, 130. En 2025, 60 personnes. Les chiffres pour 2024-2025 ne sont pas proportionnels à la croissance et à la demande en personnel de la Cyber Force en raison de retards et de la disponibilité limitée du budget de formation pendant cette période. c) Le personnel peut maintenir ses capacités et connaissances et rester à jour avec le réseau professionnel par le biais de formations et en participant à des conférences spécialisées. De plus, la participation à des exercices permet d'évaluer et de renforcer l'utilisation des tactiques, outils et procédures. |