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| Auteur | Koen Metsu, N-VA (06591) |
| Département | Ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur |
| Sous-département | Défense, Commerce ext. |
| Titre | Investissement dans les centres de données. |
| Date de dépôt | 09/09/2025 |
| Langue | N |
| Publication question |
B027
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| Date publication | 10/10/2025, 20242025 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 03/10/2025 |
| Question |
On a pu lire récemment dans le quotidien De Tijd que le gouvernement De Wever prévoit d'investir 965 millions d'euros dans des centres de données militaires d'ici 2029. Ces centres auront pour mission: - de traiter les données pour des opérations militaires, telles que celles provenant de drones et de satellites; - d'aider d'autres services publics fédéraux à stocker les données en toute sécurité; - de contribuer à la souveraineté numérique, en réduisant la dépendance à l'égard des fournisseurs étrangers. Les centres de données feront partie d'un ensemble technologique plus large de 1,6 milliard d'euros destiné à la résilience numérique, comprenant les mesures suivantes: - réseau crypté (Defence Classified Network) ; - sécurité informatique et cybersécurité ; - sécurité physique, comme des systèmes d'alimentation électrique de secours et des lignes de communication indépendantes. 1. Combien de centres de données militaires notre pays possède-t-il actuellement? S'agit-il de centres de données dédiés ou partagés? 2. Combien de centres de données militaires seront opérationnels en 2029? 3. Quels sont les avantages attendus de ces centres de données? S'il s'agit de centres partagés, comment le cloisonnement entre les différents centres sera-t-il contrôlé? 4. Comment cet investissement s'articule-t-il par rapport aux autres investissements de la Défense et aux autres priorités au sein de la Défense, comme les munitions, la défense aérienne, les avions de combat, les véhicules et autres matériels? 5. Existe-t-il une garantie que ces centres de données résisteront à la fois aux cyberattaques et au sabotage physique? Quel rôle jouent les partenaires et la Défense dans cette sécurité? 6. Comment ce projet contribue-t-il à réduire la dépendance à l'égard des fournisseurs de cloud étrangers? 7. Des investissements seront-ils également réalisés dans des entreprises technologiques ou d'autres organismes belges pour la construction et la gestion de ces infrastructures? 8. La protection de la vie privée des citoyens est-elle garantie lorsque d'autres services publics stockent et traitent leurs données dans des infrastructures militaires? 9. Quel rôle les nouveaux centres de données joueront-ils dans la stratégie belge en matière de "souveraineté numérique"? 10. Comment envisagez-vous le calendrier et la mise en oeuvre de la construction de ces centres de données? Existe-t-il des risques de retard à cet égard? Comment comptez-vous limiter les possibilités d'espionnage par d'autres puissances pendant la construction et la mise en place de ces centres de données? 11. Existe-t-il déjà un planning concret (indicatif) et des appels d'offres sont-ils déjà en cours? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B030
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| Date publication | 13/11/2025, 20252026 |
| Réponse |
1. La Belgique dispose actuellement d'un certain nombre de centres de données militaires dont nous ne pouvons pas communiquer les détails pour des raisons de sécurité opérationnelle. Ces centres de données sont principalement intégrés dans l'infrastructure existante et sont principalement destinés à un usage militaire. Une partie limitée est partagée avec d'autres services publics, en fonction du niveau de classification de sécurité des données. 2. D'ici 2029, la Défense prévoit le lancement de la construction de plusieurs nouveaux centres de données sur des sites sécurisés répartis à travers le pays. Le nombre et les emplacements ne peuvent être communiqués. Ces centres de données constituent une extension du réseau de centres de données redondants afin de garantir la continuité. 3. Les centres de données traiteront en temps réel les données de la Défense, renforceront la souveraineté numérique et offriront la possibilité d'aider d'autres services publics fédéraux à traiter et à stocker en toute sécurité des données sensibles, généralement classifiées. Les exigences nécessaires seront mises en oeuvre afin de garantir la segmentation tant au niveau physique que numérique, conformément à toutes les exigences en vigueur de l'OTAN, de l'UE et des autorités nationales. 4. L'investissement de 965 millions d'euros s'inscrit dans le cadre d'un programme technologique plus large de 1,6 milliard d'euros consacré à la résilience numérique, sur un total de 33,8 milliards d'euros d'investissements prévus dans la nouvelle vision stratégique. La numérisation va de pair avec les investissements dans d'autres systèmes d'armes. Les deux sont indissociables. Sans une infrastructure numérique résiliente, les nouveaux systèmes d'armes ne peuvent être pleinement exploités. 5. Les centres de données seront sécurisés de manière globale. Cette sécurité comprendra des mesures de protection physique (sécurisation du périmètre, alimentation électrique de secours redondante, mesures de sécurité numérique avancées (cryptage, pare-feu), ainsi que des lignes de communication indépendantes et l'isolation des systèmes critiques. L'exploitation et la sécurité des centres de données seront assurées à la fois par les services de la Défense et par des partenaires externes spécialisés. 6. La construction de centres de données supplémentaires pour les données sensibles, principalement classifiées, permet de garantir la disponibilité, l'intégrité et la confidentialité de ces données, sans dépendre des fournisseurs de cloud commerciaux, qui, à l'heure actuelle, ne disposent pas encore ou seulement de manière limitée de solutions cloud certifiées pour les données classifiées. Il s'agit là d'un élément fondamental de la stratégie belge en matière de souveraineté numérique. Pour les données non sensibles, on continuera à faire appel à des fournisseurs de services cloud commerciaux. 7. Selon une récente enquête menée par Agoria et BSDI, au moins 195 entreprises technologiques belges souhaitent se lancer dans des activités liées à la défense. Elles se concentrent sur la production, la RD, la cybersécurité et les applications à double usage. La Défense impliquera activement les entreprises actives dans le domaine des centres de données par le biais d'appels d'offres et de séances d'information. 8. Le traitement des données provenant d'autres services publics s'effectue conformément au RGPD. Des séparations strictes et des contrôles d'accès sont appliqués afin de garantir la confidentialité des citoyens. 9. Les centres de données constituent un élément central de la stratégie belge en matière de souveraineté numérique. Ils garantissent que les données classifiées stratégiques et opérationnelles restent entièrement sous contrôle national. Cela n'exclut pas la possibilité de faire appel à l'avenir à des fournisseurs de services cloud afin d'accroître encore la disponibilité des données. 10. Le début des travaux est prévu pour 2029. Les risques de retard sont atténués grâce à une planification par étapes, à la redondance et à des protocoles de sécurité stricts pendant la construction. L'espionnage est combattu par une approche mixte de screening des partenaires entrepreneurs et de leur personnel, ainsi que par la mise en place de mesures de sécurité numériques et physiques pendant la conception et la construction des sites. 11. Les premiers appels d'offres sont prévus à partir de 2029. Conformément à la vision stratégique, la réalisation du programme est prévue d'ici 2035. |