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Question et réponse écrite n° : 0536 - Législature : 56


Auteur Sophie De Wit, N-VA (06141)
Département Ministre de la Justice, chargée de la Mer du Nord
Sous-département Justice, Mer du Nord
Titre La menace émanant d'Antifa et des manifestations pro-palestiniennes (QO 008506C).
Date de dépôt07/10/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai07/11/2025

 
Question

Ces derniers mois, nous observons dans toute l'Europe une augmentation claire des incitations à la révolte émanant de la gauche radicale, ainsi que des manifestations pro-palestiniennes qui ne se déroulent pas toujours de manière pacifique. En Belgique également, les services de police et de sécurité signalent que de telles manifestations donnent parfois lieu à des incidents violents, à l'intimidation de concitoyens et à une polarisation de la société. D'après des rapports et des informations de la presse, les services de sécurité, notamment l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM), indiquent que des groupes liés au mouvement dit Antifa mobilisent de plus en plus leurs partisans pour des actions qui troublent l'ordre public. Les manifestations pro-palestiniennes sont également parfois détournées par des éléments radicaux qui scandent des slogans antisémites ou qui appellent à la violence, et il existe des risques de radicalisation et d'interaction avec des réseaux extrémistes en Belgique et à l'étranger. Le droit de manifester est évidemment fondamental, mais il ne doit jamais conférer un blanc-seing à l'extrémisme ou à la violence. C'est pourquoi je souhaite savoir de quelle manière vous luttez contre cette menace et quelles garanties vous pouvez apporter aux citoyens quant au maintien de la sécurité dans nos rues. 1. Sur la base des analyses de l'OCAM et des services de sécurité, comment évaluez-vous la menace actuelle émanant d'Antifa en Belgique? Quels incidents concrets ont-ils été enregistrés au cours des derniers mois? 2. Quels risques de sécurité vos services associent-ils à la vague de manifestations pro-palestiniennes? Dans quelle mesure est-il effectivement question en l'occurrence de noyaux radicaux? 3. Quelles mesures prenez-vous pour empêcher que ces éléments radicaux se servent de manifestations pour répandre la haine ou commettre des violences? 4. Disposez-vous de signaux concernant l'infiltration ou la collaboration entre des groupes de gauche radicale (Antifa) et d'autres courants extrémistes, voire des partis politiques de notre pays? 5. Dans le domaine des renseignements et du suivi, une coopération structurelle a-t-elle lieu avec des partenaires étrangers (tels que les pays limitrophes de la Belgique et Europol) afin de cartographier ces mouvements? Pouvez-vous fournir quelques exemples fructueux de cette coopération?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B027
Date publication 10/10/2025, 20242025
Réponse

Je vous invite à prendre connaissance de la réponse à la question orale telle qu'elle vous aurait été présentée en commission Justice du 1er octobre 2025. Antifa ou 'antifascisme' est un terme générique désignant des réseaux, des groupes d'affinité, des actions et des idées issus du milieu d'extrême gauche, qui visent à limiter et à perturber des personnes et des groupes perçus comme fascistes ou d'extrême droite. Le terme 'antifa' ne correspond donc pas spécifiquement à un seul groupe ou à une seule organisation. Depuis toujours, les griefs liés au conflit à Gaza constituent un élément moteur très important pour le milieu d'extrême gauche, cependant toutes les actions menées dans le cadre de ces questions ne sont pas directement imputables à des groupes ou à des militants d'extrême gauche. La plupart des manifestations contre la guerre de Gaza se déroulent pacifiquement, en bonne concertation avec la police. La récente manifestation d'ampleur à Bruxelles, qui s'est déroulée sans incident notable, en est un exemple. Nous constatons toutefois que les protestations hebdomadaires de moindre ampleur deviennent plus violentes, à l'instar des actions menées à l'occasion des commémorations autour de monsieur Jean Gol à Liège le 18 septembre, ce qui est inacceptable. Ces actions font donc actuellement l'objet d'une enquête approfondie. En cas d'infractions (harcèlement, antisémitisme, violence, etc.), le parquet et la police doivent bien sûr intervenir; il est également possible d'examiner si certaines personnes ou organisations se rendent ou non coupables de propagande haineuse ou de violence extrémiste et, à ce titre, doivent faire l'objet d'un suivi par les structures de la stratégie T.E.R. Mes services suivront cela de près. Les actions des acteurs d'extrême gauche en Belgique consistent principalement à recruter, à organiser des manifestations ou à participer à celles-ci et à diffuser leur message par le biais de propagande en ligne et hors ligne. Les actions plus directes dans la cadre du militantisme propalestinien se traduisent principalement par le vandalisme, la rébellion contre les forces de l'ordre et les blocages. Les groupes d'extrême gauche considèrent généralement la participation au processus démocratique comme étant contre-révolutionnaire. C'est la raison pour laquelle ils ont généralement une vision négative des partis politiques qui y participent. Dans le cadre de ses compétences légales, la Sûreté de l'État (VSSE) échange, sur une base structurelle, des informations en continu avec des partenaires internationaux. Conformément aux protocoles en vigueur liés à la coopération internationale en matière de renseignement, la VSSE ne peut commenter des exemples spécifiques.