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| Auteur | Carmen Ramlot, LENGAG (07288) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté |
| Sous-département | Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté |
| Titre | Les psychotropes (QO 007313C). |
| Date de dépôt | 23/09/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 22/10/2025 |
| Question |
La consommation de psychotropes en Belgique, tels que les antidépresseurs, benzodiazépines, antipsychotiques et psychostimulants est particulièrement inquiétante. D'autant que ces traitements psychotropes ne sont pas toujours adaptés aux besoins des patients, sont peu suivis et sont rarement remis en question. L'accord de gouvernement prévoit d'ailleurs que "l'utilisation et le sevrage des psychotropes doit toujours bénéficier d'un accompagnement". En février 2023, vous avez lancé une "campagne de sensibilisation à destination des professionnels de la santé, notamment les médecins généralistes, les pharmaciens et les psychologues, afin de freiner la consommation inquiétante des médicaments psychotropes dans notre pays et d'évoluer ensemble vers un usage plus adéquat de ce type de traitements". En février 2025, vous indiquiez que les résultats de l'évaluation de cette campagne étaient attendus pour fin juin 2025. 1. Les résultats de la campagne sont-ils disponibles? Pouvez-vous les communiquer? 2. Quelles conclusions tirez-vous de ces résultats? 3. Quelles suites allez-vous donner à cette campagne de sensibilisation? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B027
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| Date publication | 10/10/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. De septembre 2023 à juin 2024, la campagne "Psychotropes: quels risques pour vos patients?" a été déployée afin de renforcer le rôle des professionnels de santé et de diffuser des informations actualisées. Un portail web dédié, www.usagepsychotropes.be, met à disposition des ressources ciblées telles que des études, des formations et des outils pratiques, régulièrement enrichis et mis à jour. Le site portail a été visité plus de 23.000 fois tout au long de la campagne. Actuellement, on comptabilise 16.000 utilisateurs uniques qui ont consulté le site. De plus, chaque mois un focus était mis sur des thématiques spécifiques (différents types de psychotropes, importance de la collaboration interdisciplinaire, réévaluation régulière des prescriptions, sevrage, etc.) et de nombreuses publications étaient diffusées via les réseaux sociaux, via les canaux des principales associations professionnelles concernées et divers magazines (BeCare Magazine, presses spécialisées). L'ensemble des campagnes mensuelles a généré un total de 704.028 interactions (likes, commentaires, partages ou clics) avec les publications. Les publications via les réseaux sociaux ont permis de toucher 2.600.000 comptes et on observe un taux de clic de 3 % (rapport entre le nombre de clics sur un lien et le nombre de fois où ce lien a été affiché). Par ailleurs, la campagne a été diffusée à deux reprises via la presse spécialisée (Référence médicale, Journal du médecin, Le Pharmacien) générant plus de 50.000 publications. De plus, nous avons mandaté un opérateur indépendant pour mesurer les résultats et déterminer l'effet de cette campagne de sensibilisation. Au printemps 2025, ils ont réalisé une enquête en ligne auprès des trois groupes concernés (médecins généralistes, pharmaciens, psychologues). De plus, des entretiens semi-structurés de 18 professionnels de santé ont été organisés afin de mieux comprendre leurs différents rôles et leurs points de vue sur le matériel de la campagne: ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et, surtout, comment les atteindre plus efficacement à l'avenir. De manière générale, il ressort de cette évaluation que: - Les groupes cibles concernés sont difficiles à mobiliser. Malgré plusieurs sollicitations via différents canaux, seuls 109 professionnels ont répondu à l'enquête (53 pharmaciens, 29 médecins généralistes et 27 psychologues). Les résultats, bien que riches d'enseignements, doivent donc être interprétés avec prudence. - Parmi les répondants, 40 % reconnaissent les images liées à la campagne. Le portail est jugé utile et accessible, offrant des informations concrètes sur les psychotropes et incitant à une consultation volontaire. 37 % des répondants ayant identifié la campagne déclarent avoir visité le site. - Le message est perçu comme clair. La campagne a principalement circulé via les réseaux professionnels. Elle est globalement bien accueillie: claire, reconnaissable et dotée d'éléments forts qui résonnent auprès du public cible. Elle obtient de bons résultats en matière de persuasion, de pertinence et d'attention. Selon les professionnels, elle stimule la réflexion chez les médecins généralistes avant la prescription, et incite à interroger ses propres pratiques. Elle encourage également l'exploration d'alternatives thérapeutiques. - Les répondants reconnaissent l'importance d'une collaboration multidisciplinaire pour promouvoir un usage rationnel des psychotropes, mais soulignent les obstacles persistants: manque de temps, difficultés de communication et divergences de points de vue. - Enfin, plusieurs professionnels suggèrent d'adoucir le ton de certains contenus, de mieux valoriser certains messages et d'optimiser les canaux de diffusion. Bien que l'intention d'agir soit présente, l'appel à l'action reste limité. Les canaux numériques sont jugés saturés, et une préférence est exprimée pour des supports imprimés tels que des brochures ou des dépliants. 2. Quelques conclusions de l'évaluation de la campagne sont les suivantes: - Malgré les efforts déployés, il apparaît que les professionnels de la santé sont difficiles à atteindre. Néanmoins, une sensibilisation continue reste nécessaire. Il est donc important de repenser les canaux de communication et les formats afin de toucher plus efficacement le public cible. - La campagne a bénéficié d'une certaine visibilité, mais celle-ci pourrait être renforcée, notamment en diffusant le message au-delà des réseaux professionnels. - Le site web est évalué positivement, ce qui confirme la qualité du contenu proposé et sa convivialité. - La campagne incite à une réflexion sur les pratiques de prescription, les alternatives thérapeutiques et le comportement professionnel. Elle contribue ainsi à un changement de comportement. - Le soutien des associations professionnelles est essentiel pour atteindre efficacement les publics cibles. Ces organisations (SSMG, Domus Medica, APB, VVKP et UPPCF) jouent un rôle de partenaire stratégique: elles ont un accès direct aux professionnels de la santé sur le terrain, jouissent d'une légitimité reconnue et peuvent élargir la portée de la campagne via leurs canaux de communication. Leur implication a eu un effet positif sur la crédibilité de la campagne. 3. Il reste essentiel de renforcer et pérenniser les efforts de sensibilisation auprès des professionnels de santé. Leur rôle est central dans la prévention de la dépendance médicamenteuse, la détection précoce des usages problématiques et l'accompagnement des patients vers des alternatives thérapeutiques. Pour être pleinement efficaces, ces actions doivent aller au-delà de l'information ponctuelle: elles doivent s'inscrire dans une stratégie à long terme, adaptée aux réalités du terrain, aux contraintes des pratiques cliniques et aux évolutions des profils de consommation. Les institutions dans lesquelles les soins sont dispensés doivent également accorder une attention suffisante à cet enjeu; je pense notamment aux hôpitaux, mais aussi aux maisons de repos et de soins, qui relèvent de la compétence des entités fédérées. Avec mon service, je continuerai à m'investir activement dans le soutien, la sensibilisation et la responsabilisation des professionnels de santé afin de promouvoir une utilisation rationnelle des psychotropes. |