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Question et réponse écrite n° : 0309 - Législature : 56


Auteur Patrick Prévot, PS (06967)
Département Ministre de l'Action et de la Modernisation publiques, chargée des Entreprises publiques, de la Fonction publique, de la Gestion immobilière de l'État, du Numérique et de la Politique scientifique
Sous-département Action et Modernisation publ., Entr. publ., Fonction publ., Gestion immo., Numérique, ESF
Titre Le maintien des mises à jour de Windows 10 (QO 008212C).
Date de dépôt30/09/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai30/10/2025

 
Question

Le 14 octobre 2025, Microsoft cessera d'assurer les mises à jour du système d'exploitation Windows 10. Faute de compatibilité avec Windows 11, ce sont les ordinateurs de millions de particuliers, administrations publiques et entreprises qui se retrouvent dans l'obligation de payer "la taxe Windows" comme l'appelle certains: le prix du sursis afin de continuer à être protégé contre les failles de sécurité et les risques de cyberattaques. Sans payer, ce sont 400 millions d'ordinateurs à travers le monde qui se verraient vulnérables à l'heure où la guerre hybride éclate çà et là (l'exemple de l'aéroport de Zaventem en est le plus récent). Cette décision unilatérale est injuste et injustifiée: grâce à sa situation de quasi-monopole, Windows en est déjà à 87 milliards d'euros de bénéfices nets pour cette année 2025 qui n'est même pas encore terminée. Cette décision est également un scandale environnemental. La coalition Non Taxe Windows, composée de 22 organisations, a calculée que le poids des matières premières nécessaires au remplacement des ordinateurs incompatibles avec Windows 11 équivaut à celui de 32.000 tours Eiffel. 1. La coalition que j'ai citée appelle Windows à la raison et je pense qu'elle doit être suivie par les autorités. Elle appelle au maintien des mises à jour de sécurité non payantes de Windows 10 à minima jusqu'à 2030. Pouvons-nous avoir votre retour sur cette décision de Windows et sur cette proposition de maintien qui est formulée par la coalition de 22 organisations? Comment la Belgique pourrait-elle faire pression sur Windows? 2. Plus globalement, êtes-vous favorable à l'encadrement légal de ces pratiques d'arrêt de mise à jour (sécurité dans le temps et obligation d'information sur le passage à un système d'exploitation libre)? 3. Pouvez-vous communiquer l'impact que cette décision de Windows devrait avoir sur les administrations fédérales?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B026
Date publication 02/10/2025, 20242025
Réponse

La décision de Microsoft, qui touche potentiellement des centaines de millions d'ordinateurs dans le monde, pose en effet des enjeux importants tant en matière de cybersécurité que de soutenabilités économique et environnementale. Je peux comprendre les préoccupations exprimées mais la Belgique seule ne peut contraindre une entreprise mondiale telle que Microsoft. Nous pouvons néanmoins agir au niveau européen. Dans le cadre du Conseil de l'Union européenne, nous pouvons soutenir les initiatives visant à dialoguer avec l'éditeur et à examiner les leviers réglementaires disponibles, notamment au travers de la législation européenne sur les services numériques, la cybersécurité et la concurrence. Une action collective des États membres est, à mes yeux, le meilleur moyen de réellement peser sur une décision de cette ampleur. L'idée d'un cadre réglementaire fixant une durée minimale de support des systèmes d'exploitation et une obligation d'information claire et anticipée mérite d'être examinée. Sur l'impact pour les administrations fédérales, je tiens à rappeler que la protection des agents de l'État et de leur environnement de travail est primordiale. Ce n'est qu'en migrant à temps vers des logiciels plus récents que nous pouvons garantir leur sécurité et la continuité des services. Il m'est important de souligner néanmoins que la majorité des appareils du SPF Stratégie et Appui (BOSA) étaient déjà compatibles avec Windows 11. Seul un nombre limité de PC qui n'étaient plus conformes sur le plan technique seront remplacés. C'est le résultat d'une approche structurée et progressive de remplacement des PC. Pour ce qui est des autres administrations, le SPF BOSA, en collaboration avec ses homologues fédéraux, suit de près les discussions concernant la souveraineté numérique et la dépendance vis-à-vis des grands fournisseurs, notamment via les canaux de coopération européens. Pour ce qui est du reste, je vais me concerter avec le SPF BOSA, en charge de la transformation numérique de l'administration fédérale, pour un éventuel recensement des postes de travail restants et concernés afin d'identifier toutes les solutions possibles et d'en estimer les coûts. Je ne dispose pas encore à ce stade d'analyse ou de chiffres consolidés à vous proposer.