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Bulletin n° : B026 - Question et réponse écrite n° : 0179 - Législature : 56


Auteur Charlotte Deborsu, MR (08138)
Département Ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur
Sous-département Défense, Commerce ext.
Titre CaMo européen (QO 007126C).
Date de dépôt23/07/2025
Langue F
Publication question     B026
Date publication 02/10/2025, 20242025
Statut questionRéponses reçues
Date de délai26/09/2025

 
Question

Votre déplacement en France et l'annonce d'un partenariat renforcé entre nos deux pays marquent une étape importante dans la consolidation de notre coopération bilatérale en matière de défense. Au coeur de cet accord: l'interopérabilité de nos armées. Une priorité stratégique dans un contexte géopolitique marqué par des tensions croissantes, où les Européens doivent impérativement renforcer leur souveraineté collective. Des projets comme CaMo illustrent bien cette volonté de convergence. Mais à eux seuls, ils ne suffisent pas. Si ces efforts restent limités à un partenariat bilatéral, leur portée restera restreinte. Il est temps d'élargir cette dynamique à l'échelle de l'Union. Car au fond, la véritable puissance stratégique de l'Europe dépendra de sa capacité à rendre ses armées interopérables, non pas à 2, mais à 27. 1. Quel rôle la Belgique et la France entendent-elles jouer pour porter cette ambition d'interopérabilité au niveau européen? 2. Un mouvement structuré visant à harmoniser les équipements militaires au sein de l'UE vous semble-t-il réaliste? Si oui, comment y contribuer concrètement? 3. Comment inciter les autres États membres à s'engager dans cette voie, pour faire émerger une véritable armée européenne interopérable, capable de répondre efficacement aux défis communs, avec des capacités intégrées et des systèmes cohérents?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B034
Date publication 12/12/2025, 20252026
Réponse

1. Une première étape dans l'européanisation du projet CaMo a été franchie avec la collaboration entre la Belgique et le Luxembourg depuis 2021 autour du projet ERMESINDE. Cette initiative comprend la création d'une unité commune de reconnaissance de combat, équipée de matériel identique à celui que la Belgique acquiert dans le cadre de l'accord intergouvernemental avec la France. En intégrant le Luxembourg comme troisième partenaire européen et en utilisant un matériel identique, le projet franco-belge s'élargit et l'interopérabilité au sein de l'Europe se renforce. D'autres pays ont également manifesté leur intérêt pour ce matériel, mais préfèrent pour l'instant rester discrets. Si cet intérêt se concrétise davantage, le projet CaMo pourrait être déployé à plus grande échelle, ce qui serait à nouveau bénéfique pour l'interopérabilité européenne. 2. Une configuration commune des équipements militaires est une condition sine qua non pour renforcer la coopération européenne en matière de défense mais reste toutefois un défi, souvent motivé par des intérêts industriels nationaux. La Belgique montre l'exemple en misant sur l'acquisition conjointe d'équipements avec des pays partenaires stratégiques et en harmonisant la doctrine, la formation et les infrastructures. Notre pays travaille en étroite collaboration avec les Pays-Bas (frégates, lutte contre les mines), la France et le Luxembourg (capacités terrestres) et participe activement à des projets multinationaux, européens et transatlantiques dans les domaines du transport aérien, de l'approvisionnement logistique et de la transition vers le F-35. 3. Les initiatives européennes telles que Security Action For Europe (SAFE), European Defence Industry Programme (EDIP) et les programmes de l'Agence européenne de défense (AED) ont l'ambition d'y contribuer et peuvent encore être renforcées par une participation maximale des États membres de l'UE. S'entraîner ensemble dans le cadre d'exercices à grande échelle est également un moyen de renforcer l'interopérabilité.