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| Auteur | Anthony Dufrane, MR (06327) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté |
| Sous-département | Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté |
| Titre | Le partenariat de la Croix-Rouge avec une marque de bière (QO 007411C). |
| Date de dépôt | 02/09/2025 |
| Langue | F |
| Publication question |
B026
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| Date publication | 02/10/2025, 20242025 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 26/09/2025 |
| Question |
La Croix-Rouge flamande a récemment lancé une campagne de promotion du don de plasma destinée aux 18-25 ans, en collaboration avec la marque de bière "Tout Bien" et l'influenceur Average Rob. Les jeunes donneurs reçoivent deux canettes de bière en remerciement, dont une sans alcool. Si l'intention est louable, encourager les dons pour sauver des vies, la méthode employée suscite de vives critiques dans le monde de la prévention en santé publique. Le Centre d'expertise flamand sur l'alcool et les autres drogues (VAD) dénonce l'association entre acte solidaire et alcool, même symbolique. Selon le VAD, cette campagne contribue à banaliser la consommation d'alcool chez les jeunes et s'inscrit dans des stratégies marketing connues de l'industrie des boissons alcoolisées. L'argument selon lequel la bière serait ici un simple "merci" ne suffit pas à apaiser les inquiétudes liées à la santé publique et à la prévention des comportements à risque. Dans un pays où la consommation d'alcool chez les jeunes reste préoccupante et où l'alcool est reconnu comme un facteur de morbidité évitable, il est légitime de s'interroger sur l'adéquation d'un tel message avec les politiques de santé publique actuelles. 1. Quelle est votre position sur cette campagne de la Croix-Rouge flamande liant alcool et don de plasma? 2. Estimez-vous que cette approche soit compatible avec les objectifs de santé publique, notamment ceux liés à la prévention de la consommation d'alcool chez les jeunes et le plan interfédéral 2023-2025 pour lutter contre la consommation nocive d'alcool? 3. Le SPF Santé publique a-t-il été consulté en amont ou informé de cette campagne? 4. Des contacts ont-ils été pris avec la Croix-Rouge afin d'évaluer l'opportunité de cette méthode promotionnelle? 5. Quelles actions entendez-vous mettre en place pour éviter que d'autres initiatives similaires ne brouillent les messages de prévention? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B029
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| Date publication | 05/11/2025, 20252026 |
| Réponse |
Tout d'abord il y a le rôle de l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé qui se limite à l'encadrement des pratiques liées au don de sang et aux dérivés sanguins. Conformément aux directives communiquées le 15 septembre 2024, l'offre d'un cadeau modeste aux donneurs est autorisée sous certaines conditions, notamment l'absence de lien avec l'acceptation du donneur et l'absence de communication publique sur l'existence du cadeau. Sur base des informations actuellement disponibles, aucune promotion active de cette campagne n'a été constatée sur les canaux officiels de la Croix-Rouge. Les articles de presse critiques ne relèvent pas d'une initiative promotionnelle directe de leur part. Dès lors, aucune infraction des accords établis n'a pu être identifiée. Le fait de vouloir motiver les jeunes âgés de 18 à 25 ans à donner leur plasma est une initiative louable. En revanche, le fait de le faire en leur offrant de l'alcool (deux boissons dont une peut être alcoolisée) ne l'est pas. En effet, l'Organisation mondiale de la Santé a clairement établi qu'il n'existe aucun niveau de consommation d'alcool sans danger. En d'autres termes, toute consommation d'alcool comporte un risque, notamment celui de contracter plus de 200 maladies non transmissibles (dont 7 types de cancer). Il est donc contradictoire qu'une organisation dont la mission est de défendre les personnes vulnérables en Belgique et à l'étranger expose les jeunes à ces risques par le biais de la campagne en question. De plus, dans son récent avis n° 9781, le Conseil Supérieur de la Santé a souligné que l'alcool est nocif pour le cerveau en développement, c'est-à-dire jusqu'à l'âge de 25 ans. Il est donc regrettable que le groupe qui devrait bénéficier d'une protection supplémentaire dans ce contexte soit attiré par l'alcool, sans aucun avertissement sur les risques potentiels liés à la consommation d'alcool, notamment pour le développement du cerveau. Alors qu'il faudrait davantage dénormaliser la consommation d'alcool, de telles campagnes contribuent à la normaliser davantage. Dans ma réponse à la question précédente, j'ai déjà pu expliquer pourquoi cette campagne n'est pas compatible avec la santé publique et avec la stratégie interfédérale relative à la consommation nocive d'alcool, qui accorde une attention particulière aux mineurs. À l'avenir, ce type de campagne ne sera plus autorisé, car l'action 23 de la stratégie susmentionnée prévoit l'interdiction d'offrir gratuitement des boissons alcoolisées dans le cadre d'une campagne promotionnelle. Cette interdiction est reprise dans le projet d'arrêté royal relatif à la publicité pour l'alcool, qui fait actuellement l'objet de discussions politiques. Le SPF Santé publique n'a pas été consulté au préalable au sujet de cette campagne. |