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Bulletin n° : B026 - Question et réponse écrite n° : 0400 - Législature : 56


Auteur Carmen Ramlot, LENGAG (07288)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre Médicaments antiacides. - Approche santé ou approche économique.
Date de dépôt25/07/2025
Langue F
Publication question     B026
Date publication 02/10/2025, 20242025
Statut questionRéponses reçues
Date de délai26/09/2025

 
Question

Dans une interview parue dans Le Soir du 11 juillet 2025, et confirmée par l'article de L'Écho du 15 juillet, vous avez exposé votre volonté de plafonner la croissance des dépenses en médicaments à 2 % du budget des soins de santé. Cette réforme, selon les estimations, devrait générer une économie de 250 à 300 millions d'euros dès 2026, voire davantage. Parmi les classes thérapeutiques visées, les médicaments antiacides et les statines occupent une place centrale, en raison de leur prescription excessive, que vous jugez, à juste titre, souvent injustifiée médicalement. Pharmacienne de formation, je partage votre diagnostic sur la nécessité de rationaliser la consommation de certains médicaments, notamment les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Leur usage chronique et non encadré peut en effet nuire à la santé des patients, en affectant notamment l'absorption des vitamines et nutriments essentiels. Il est donc légitime de lutter contre les abus. Cependant, les mesures envisagées dans votre réforme, comme la hausse très importante du ticket modérateur (p. ex. pour le Pantomed, de 4,70 euros à 15,20 euros), risquent de pénaliser directement les patients qui en ont réellement besoin, souvent issus de catégories plus vulnérables. Pour ceux-là, cette hausse ne constitue pas un simple levier de régulation, mais bien une sanction injuste et socialement inéquitable. Dans cette optique, je plaide pour que l'on privilégie une approche préventive et pédagogique, en misant d'abord sur la sensibilisation des prescripteurs et des patients à l'usage approprié de ces traitements, avant d'activer le levier économique de la hausse de prix. 1. Considérez-vous qu'une campagne ciblée d'information et de sensibilisation des médecins et des patients, sur les risques liés à une surconsommation des antiacides, pourrait permettre de réduire significativement leur usage inapproprié? 2. Êtes-vous disposé à initier une telle campagne, en concertation avec les régions pour le volet préventif, afin de réduire la consommation excessive sans pénaliser les usagers légitimes? 3. En cas de résultats positifs et mesurables, seriez-vous prêt à réévaluer l'ampleur de la hausse du ticket modérateur prévue, de manière à préserver l'accès à ces traitements pour les patients réellement dépendants?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B029
Date publication 05/11/2025, 20252026
Réponse

1. Depuis mars 2025, le Centre Belge d'Information Pharmacothérapeutique propose aux médecins et aux pharmaciens un e-learning qui vise à les informer et à les sensibiliser aux risques liés à l'utilisation prolongée des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Il propose des outils pratiques et des cas cliniques pour accompagner les professionnels dans la réduction ou l'arrêt progressif du traitement, en concertation avec le patient. L'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (afmps) a lancé en 2023 le site PharmaInfo.be afin de mieux informer les citoyens et les patients. Cet outil en ligne propose des informations fiables et compréhensibles sur les médicaments, les produits de santé et divers thèmes liés à la santé. Les fiches d'informations sur les IPP ont déjà été publiées et comprennent une mise en garde concernant l'utilisation prolongée de ces médicaments. Dans la rubrique Pendant combien de temps puis-je utiliser ce médicament? il est précisé qu'une utilisation sur le long terme est déconseillée. Il est recommandé de respecter la durée du traitement indiquée par le médecin et de procéder à une réévaluation régulière afin de s'assurer de la pertinence du traitement. Les fiches abordent également la nécessité d'une réduction progressive du traitement, lorsque celui-ci doit être interrompu ou ajusté. Cette étape est essentielle pour limiter les effets indésirables et doit être encadrée médicalement. 2. Pour l'instant, une telle campagne n'est pas prévue par l'afmps en collaboration avec les régions, compte tenu des informations déjà diffusées via PharmaInfo.be (voir point 1). De plus, l'afmps travaille actuellement à la création d'une nouvelle rubrique sur son site web PharmaInfo.be, consacrée aux maladies et symptômes. Cette section intégrera notamment les rapports des réunions de consensus de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI), afin de mettre à disposition des informations validées et utiles pour les patients et les citoyens. Dans ce cadre, une brochure destinée aux patients sur l'utilisation des IPP a déjà été publiée par l'INAMI. Son contenu sera repris dans la nouvelle rubrique de PharmaInfo.be, garantissant une diffusion accessible de l'information. Aujourd'hui, les économies qui doivent être réalisées nous imposent à faire des choix qui responsabilisent tous les acteurs, et ce, y compris le patient. Les médecins devront également faire des effort et se porter garant d'une partie de l'effort financier à réaliser. A ce jour, la hausse du ticket modérateur n'est pas encore implémentée et le comité de l'assurance de l'INAMI a reçu la mission de préparer un projet de budget. Nous veillerons avec l'INAMI à identifier quels groupes de patients devraient éventuellement être exclus de certaines mesures. Je souhaite néanmoins insister sur l'existence du maximum à facturer (MàF) qui octroie un remboursement intégral des frais aux patients qui font face à des frais médicaux (ticket modérateur) importants et qui atteignent un montant maximum en cours d'année. Ainsi, les patients les plus vulnérables bénéficieront d'une meilleure protection, même en cas de majoration du ticket modérateur. 3. Aujourd'hui, les économies qui doivent être réalisées nous imposent à faire des choix qui responsabilisent tous les acteurs, y compris le patient. Les médecins devront également fournir des efforts et se porter garants d'une partie de l'effort financier à réaliser. A ce jour, la hausse du ticket modérateur n'est pas encore implémentée et le comité de l'assurance de l'INAMI a été chargé de préparer un projet de budget. Nous veillerons avec l'INAMI à identifier quels groupes de patients devraient éventuellement être exclus de certaines mesures. Cependant, l'objectif n'est évidemment pas d'imposer des coûts élevés au patient. Nous étendons donc le maximum à facturer aux médicaments appartenant aux catégories Cs et Cx, ce qui signifie que les IPP continueront à en faire partie à l'avenir. Le patient reste ainsi protégé contre des coûts trop élevés. En outre, le chapitre IV prévoit toujours un remboursement dans la catégorie A pour les patients présentant des diagnostics spécifiques et qui ont réellement besoin du traitement.

 
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