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Bulletin n° : B026 - Question et réponse écrite n° : 0380 - Législature : 56


Auteur Julie Taton, MR (07800)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre L'impact de la stimulation intensive sur la récupération motrice des bébés nés avec une PCU (QO 006244C).
Date de dépôt22/07/2025
Langue F
Publication question     B026
Date publication 02/10/2025, 20242025
Statut questionRéponses reçues
Date de délai26/09/2025

 
Question

Chaque année, entre 250 et 300 bébés naissent avec une paralysie cérébrale, première cause de handicap moteur chez l'enfant. Yannick Bleyenheuft, chercheuse en neurosciences à l'UCLouvain, et son équipe étudient la paralysie cérébrale unilatérale (PCU) et tentent de remédier aux conséquences de cette lésion cérébrale, responsable de la paralysie des membres inférieurs ou supérieurs. La chercheuse a mis au point une thérapie intensive, HABIT-ILE (Hand-Arm Bimanual Intensive Therapy Including Lower Extremities), qu'elle vient de tester avec succès auprès de nourrissons. Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique JAMA Network Open. Si la stimulation intensive ne guérit pas la paralysie, elle améliore les capacités motrices de l'enfant et donc son autonomie. Elle a également mené un essai clinique randomisé sur 48 bébés, âgés de 6 à 10 mois, atteints de paralysie cérébrale. Ces nourrissons ont été stimulés par des jeux et des activités ludiques, à raison de 50 heures sur 2 semaines, soit 5 heures par jour. Ceux qui ont bénéficié de cette thérapie ont montré de très nettes améliorations dans l'utilisation de leur main paralysée. Il y a un an, une première étude avait été menée par cette même équipe, sur des enfants âgés de 18 mois à 4 ans, avec des résultats qui ont dépassé tous ceux présentés précédemment dans la littérature. La stimulation intensive apporte des changements moteurs très importants, tant pour les membres inférieurs que les membres supérieurs, par rapport aux thérapies de méthodologie classique et réparties sur le long terme. La chercheuse de l'UCLouvain souligne que la stimulation intensive devrait être accessible et le plus tôt possible, entre 6 et 36 mois. La lésion cérébrale responsable de la paralysie peut survenir au moment de la grossesse ou pendant l'accouchement (bébé privé d'oxygène). Elle peut résulter de malformations du foetus, d'un AVC chez l'enfant ou d'un traumatisme crânien. Pendant les deux premières années de vie, toute lésion au cerveau génère de la paralysie cérébrale parce que le cerveau est encore dans la première phase de son développement. Il va devoir s'organiser en prenant en compte la lésion. 1. Que vous inspirent les résultats de la thérapie HABIT-ILE publiés dans la revue scientifique JAMA Network Open? 2. Des outils permettent une détection précoce de la PCU. Par quelles voies et moyens comptez-vous les faire passer dans la pratique clinique? 3. Efficace, la stimulation intensive des nourrissons PCU n'est pas remboursée en Belgique. Quelle est votre position sur ce point?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B027
Date publication 10/10/2025, 20242025
Réponse

1. Concernant la thérapie HABIT-ILE (Hand-Arm Bimanual Intensive Therapy Including Lower Extremities), les résultats publiés dans la littérature scientifique sont encourageants. Le fait que de telles recherches soient menées en Belgique est particulièrement précieux, surtout dans un domaine comme la rééducation des enfants présentant des limitations motrices, où la recherche et le financement sont souvent difficiles à organiser. Comme pour toute nouvelle intervention, une analyse plus approfondie est néanmoins nécessaire afin de confirmer la solidité des preuves et l'impact réel sur la qualité de vie des enfants, ainsi que l'impact budgétaire et la faisabilité organisationnelle. Le cas échéant, une demande d'évaluation pourrait être adressée aux instances compétentes, telles que le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE), afin de disposer d'un avis indépendant. 2. En matière de détection précoce de la paralysie cérébrale infantile, plusieurs outils sont en développement ou déjà disponibles. Leur intégration dans la pratique clinique dépend non seulement de leur validation scientifique, mais aussi de considérations organisationnelles et éthiques. Sur cette base, les autorités de santé, en concertation avec les experts et les praticiens de terrain, peuvent définir la meilleure manière de les introduire dans les parcours de soins. 3. S'agissant du remboursement de la stimulation intensive, il s'agit d'une décision qui relève de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI). Pour de nouveaux traitements ou tests diagnostiques, le KCE est parfois sollicité pour mener une évaluation, ou Health Technology Assessment (HTA), dans laquelle on analyse la sécurité et l'efficacité d'une technologie, d'un médicament ou d'un vaccin, souvent en combinaison avec une analyse économique de leur rapport coût-utilité. Leur but est alors de déterminer le rapport entre le prix et le bénéfice qu'ils apportent en termes de santé et de qualité de vie. Ces analyses sont le plus souvent réalisées pour des produits présentés comme innovants, pour lesquels l'industrie négocie des prix parfois très élevés avec les pouvoirs publics. Une analyse du rapport coût-efficacité exprime les bénéfices d'un traitement donné en "gain d'années de vie en bonne santé" ou en "gain d'années de vie en bonne santé ajustées en fonction de la qualité" (Quality-Adjusted Life-Year ou QALY) pour le patient. Lorsqu'un traitement est moins onéreux que le traitement existant et qu'il donne un meilleur résultat pour le patient, le choix est aisé. Mais souvent, les nouveaux traitements apportent bien un bénéfice pour la santé, tout en coûtant plus que le traitement classique. Dans ce cas, le rapport entre le coût additionnel et le gain en durée de vie (ajusté ou non pour la qualité de vie) est calculé. Ce rapport est appelé ICER (incremental cost-effectiveness ratio). Il ne s'agit donc pas de justifier des économies dans le secteur de la santé, ni de freiner l'introduction de nouvelles technologies, mais bien de soutenir les pouvoirs publics dans leur volonté d'utiliser les moyens disponibles de la manière la plus efficiente possible, tout en garantissant la qualité, l'accessibilité et la pertinence des soins. L'INAMI utilise ces analyses pour décider du remboursement des nouveaux traitements ou tests diagnostiques.

 
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