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| Auteur | Julie Taton, MR (07800) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté |
| Sous-département | Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté |
| Titre | Limites de l'IMC pour mesurer l'obésité (QO 006212C). |
| Date de dépôt | 22/07/2025 |
| Langue | F |
| Publication question |
B026
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| Date publication | 02/10/2025, 20242025 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 26/09/2025 |
| Question |
Dans la revue scientifique The Lancet, des experts plaident en faveur d'outils plus précis que l'indice de masse corporelle (IMC) pour mesurer le surpoids et l'obésité, et tenant compte de la répartition de la graisse corporelle. C'est un outil de mesure évaluant la corpulence d'une personne qui remonte au XIXe siècle. L'IMC se calcule en divisant le poids par la taille au carré. On l'appelle aussi "indice Quetelet", en référence au statisticien belge éponyme qui l'a mis au point au XIXe siècle. Son indice reste un outil central pour les médecins et les épidémiologistes, malgré des critiques croissantes sur son utilisation à titre individuel. Consciente de ces limites, l'Organisation mondiale de Santé considère cependant l'IMC comme un outil simple et pratique pour évaluer les risques de santé liés au poids au sein des populations (diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, troubles musculo-squelettiques et certains cancers). Selon le rapport publié dans The Lancet Diabetes and Endocrinology, se fier uniquement à l'IMC est "inefficace", car cette mesure n'évalue pas directement la masse grasse ni sa répartition et ne fournit pas d'information sur l'état de santé d'une personne. L'indice Quetelet permet de déterminer si un individu est en insuffisance pondérale (IMC inférieur à 18,5) ou, au contraire, en surpoids (IMC situé entre 25 et 30) ou en état d'obésité (IMC supérieur à 30). Concrètement, un individu pesant 70 kg pour 1,70 m aura un IMC de 24,2, considéré comme "normal". Mais les différences de répartition de la graisse entre un homme et une femme ne sont pas prises en compte. Et quid d'un joueur de rugby très musclé sans être "obèse"? 1. De façon générale, où vous positionnez-vous par rapport à la prise en considération de l'obésité dans notre pays? 2. Comment évaluez-vous le chemin parcouru en la matière grâce à votre politique ces dernières années? 3. Par quels voies et moyens comptez-vous travailler le volet de la prévention de l'obésité? 4. Êtes-vous favorable à l'adoption de nouveaux outils de calcul de l'obésité et du surpoids? Pour quels motifs? 5. Que pensez-vous de l'outil pratique proposé par Baso aux médecins? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B028
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| Date publication | 22/10/2025, 20252026 |
| Réponse |
1. L'obésité est un problème majeur de santé publique en Belgique, comme dans le reste du monde. En effet, elle est responsable de toute une série de problèmes de santé et a un impact important sur la qualité de vie des personnes. Il faut continuer nos efforts à différents niveaux pour mieux prévenir et traiter l'obésité. Nous considérons l'obésité comme une maladie chronique d'origine multifactorielle qui exige des politiques de prévention agissant sur les environnements obésogènes qui incitent la consommation d'aliments peu sains et un mode de vie sédentaire. L'Indice de Masse Corporelle (IMC) reste utile et le plus faisable pour la surveillance populationnelle, mais au niveau individuel il peut en effet être complété par d'autres mesures afin de mieux apprécier le risque cardiométabolique réel individuel. Cette approche est en ligne avec les recommandations récentes d'experts internationaux et les messages de l'Organisation mondiale de la Santé. 2. L'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI) rembourse divers traitements tels que la chirurgie bariatrique, les consultations de diététiciens et les consultations psychologiques. De plus, depuis décembre 2023, l'INAMI propose également un trajet de soins obésité chez l'enfant et l'adolescent. Dans le cadre de ce parcours de soins, les enfants et les adolescents bénéficient d'un suivi pluridisciplinaire grâce aux 22 centres pédiatriques multidisciplinaires de l'obésité (CPMO) pour la prise en charge ambulatoire. Ce trajet de soins (2ème niveau de soins) s'ajoute aux soins qui existaient déjà en résidentiel dans les centres Clairs Vallons et Zeepreventorium (3ème niveau de soins). 3. Nous sommes en train de développer un programme interfédéral de lutte contre l'obésité chez les enfants et les adolescents. Cette ambition est également inscrite dans le nouvel accord de gouvernement. Ce faisant, je vise une approche intégrée, qui tienne compte de la nature multifactorielle de l'obésité et qui aille au-delà des seuls soins de santé, en incluant entre autres la politique alimentaire, l'espace public, le logement, la situation familiale, l'environnement scolaire et les médias. L'accent sera également mis sur l'évaluation qualitative et quantitative ainsi que sur la transparence. Une stratégie d'évaluation réaliste sera donc un élément important du programme interfédéral sur l'obésité de l'enfant et de l'adolescent afin d'assurer le suivi du programme et de procéder à des ajustements en temps utile. En outre, la prévention et la promotion de la santé deviendront des piliers importants du programme interfédéral en cours d'élaboration. En Belgique, la prévention est principalement organisée par les entités fédérées. Du côté fédéral, pour ce pilier, je me concentrerai principalement sur une politique nutritionnelle qui promeut une bonne alimentation et la rend plus accessible. Nous voulons p. ex. rendre le Nutriscore obligatoire sur les publicités pour les aliments et les boissons (arrêté royal déjà en préparation). 4. Dans la surveillance épidémiologique, l'IMC conserve un rôle central pour identifier les personnes à risque (simplicité, comparabilité), mais les indicateurs de distribution de la graisse devraient être intégrés dans des sous-échantillons ou des enquêtes spécifiques. En définitive, le plus important est de viser un poids sain plutôt qu'un poids dans la norme. Les experts qui soulignent la nécessité de nouveaux outils indiquent à juste titre que l'IMC ne donne qu'une image partielle de l'état de santé d'une personne. Cette position est cohérente avec la Commission du Lancet Diabetes Endocrinology qui souligne les limites de l'IMC isolé pour le diagnostic individuel et propose une définition clinique basée sur les atteintes liées à l'excès d'adiposité. Nous sommes favorables à complémenter l'IMC par: - Le tour de taille et le ratio tour de taille/taille (waist-to-height ratio), meilleurs prédicteurs du risque cardiométabolique que l'IMC seul. - Mesures directes de l'adiposité (impédancemétrie, Dual-Energy X-ray Absorptiometry) quand disponibles en clinique, tout en reconnaissant que leur usage de routine en population n'est ni nécessaire ni coût-efficace. Je soutiens donc le débat sur l'intégration de nouveaux outils de diagnostic, tout en maintenant l'IMC comme première étape du processus de détection des risques. 5. L'outil proposé par l'Association belge pour l'étude de l'obésité, appelé Edmonton Obesity Staging System for Pediatrics, est déjà utilisé dans le cadre du parcours de soins pour l'obésité chez les enfants et les adolescents.Cet outil est pertinent et utile: il propose un parcours pas-à-pas (dépistage, évaluation, orientation, suivi), promeut la multidisciplinarité et une communication non stigmatisante. À l'avenir, j'aimerais étendre l'utilisation de cet outil et l'utiliser comme base pour déterminer si un enfant ou un jeune peut être suivi par l'équipe de soins primaires, s'il a besoin d'une prise en charge ambulatoire plus intensive par un CPMO ou d'une prise en charge résidentielle multidisciplinaire dans l'un des deux centres spécialisés (Clairs Vallons et Zeepreventorium). L'enjeu sera de fournir une formation suffisante aux soignants sur l'utilisation correcte de l'outil et d'harmoniser son utilisation au niveau national. |
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