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Bulletin n° : B026 - Question et réponse écrite n° : 0328 - Législature : 56


Auteur Irina De Knop, OPNVLD (06246)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre Le scarabée japonais.
Date de dépôt07/08/2025
Langue N
Publication question     B026
Date publication 02/10/2025, 20242025
Statut questionRéponses reçues
Date de délai26/09/2025

 
Question

Début juillet 2025, deux scarabées japonais (Popillia japonica) morts ont été découverts dans un entrepôt de Courtrai. Cette espèce invasive de scarabée peut être responsable de dégâts considérables sur plus de 400 espèces végétales, dont d'importantes cultures agricoles et fruitières telles que le maïs, les raisins, les pommiers, les tomates et les fraises. L'espèce est connue pour la voracité de ses larves et de ses spécimens adultes, qui s'attaquent à la fois aux parties aériennes et aux racines. Le scarabée japonais se propage principalement par les transports humains et est désormais présent en Italie, en Suisse et dans les Açores. La découverte effectuée à Courtrai préoccupe sérieusement l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) parce qu'il pourrait s'agir d'un premier indice de l'introduction de l'insecte par le biais de marchandises provenant de zones touchées, sans doute le nord de l'Italie en l'espèce. Entre-temps, l'AFSCA a posé des pièges pour vérifier la présence du scarabée à Courtrai et aux alentours, ainsi qu'à des endroits stratégiques en Belgique, et elle appelle à la vigilance ainsi qu'au signalement de spécimens suspects. Aux États-Unis, où le scarabée s'est établi au début du 20e siècle, des centaines de millions de dollars de dégâts imputables à l'insecte sont signalés chaque année. Une potentielle implantation de cette espèce inquiète naturellement les fruiticulteurs belges. Selon les chercheurs, le scarabée japonais pourrait être encore plus dévastateur que de précédentes espèces invasives telles que la drosophile asiatique ou la punaise diabolique. Tant les dégâts occasionnés aux cultures que la difficulté de lutter contre ces espèces invasives en raison de l'absence de prédateurs naturels font que la prévention et la détection précoce sont essentielles. 1. L'AFSCA a-t-elle déjà reçu des signalements indiquant la présence de scarabées japonais? Dans l'affirmative, combien et où ont-ils été repérés? 2. Quel suivi l'AFSCA assure-t-elle dès que des signalements de scarabées japonais lui parviennent (le cas échéant)? 3. Est-il prévu d'augmenter encore davantage le nombre de pièges? 4. Les particuliers, par exemple les agriculteurs, peuvent-ils prendre l'initiative de placer des pièges? Dans l'affirmative, quels critères ces pièges doivent-ils respecter? 5. Quelles informations et instructions concrètes sont-elles transmises aux agriculteurs afin d'empêcher la propagation du scarabée japonais dans nos contrées? 6. a) Est-il envisagé d'emboîter le pas d'autres pays en déployant des prédateurs naturels spécifiques, comme certaines guêpes parasitoïdes, pour lutter biologiquement contre ce scarabée? b) Des études sont-elles en cours pour évaluer les éventuelles conséquences écologiques négatives d'une telle introduction? c) Qui réalise ces études et quand seront-elles achevées? 7. Une évaluation des dégâts potentiels que cette espèce invasive pourrait causer à notre secteur de la culture des fruits et légumes a-t-elle déjà été réalisée? 8. Quelle forme prend actuellement la coopération avec les régions dans le domaine du suivi de ces espèces et de la lutte contre celles-ci? 9. Des plans d'action transnationaux existent-ils ou sont-ils envisagés? 10. Est-il envisagé de soumettre à des mesures complémentaires de quarantaine ou d'inspection les marchandises et les véhicules arrivant dans notre pays en provenance de zones à risque, comme le nord de l'Italie? 11. a) Quelle forme prend la coopération entre l'AFSCA, PC Fruit et son pendant wallon, le CRA-W, au sein du projet Pojama? b) Quelle est la durée de ce projet? c) De quel budget s'agit-il et comment est-il financé? d) Des conclusions intermédiaires ont-elles déjà été tirées? e) Quels sont les plans de suivi à mettre en oeuvre une fois que le projet sera terminé?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B027
Date publication 10/10/2025, 20242025
Réponse

1. Après l'appel lancé par l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) pour signaler toute observation de Popillia japonica, une notification a été faite sur la plateforme www.waarnemingen.be: une personne a trouvé un scarabée mort dans son bagage après un voyage dans le nord de l'Italie. L'AFSCA a réalisé une inspection visuelle aux abords de son domicile et a installé un piège à appâts. Jusqu'à présent, cela n'a pas mené à des découvertes supplémentaires. 2. L'AFSCA suit la réglementation européenne, à savoir le règlement d'exécution (UE) n° 2023/1584 de la Commission du 1er août 2023 relatif à des mesures visant à prévenir l'établissement et la propagation de Popillia japonica Newman et à des mesures d'éradication et d'enrayement de cet organisme nuisible dans certaines zones délimitées du territoire de l'Union. Il faut tout d'abord contrôler si des insectes vivants sont présents et si une population a déjà pu s'établir. Si on constate l'établissement d'une population, une zone est délimitée; celle-ci se compose d'une zone infestée et d'une zone tampon. Dans cette zone délimitée, des mesures d'éradication sont mises en oeuvre. S'il s'agit d'une découverte isolée d'un insecte vivant, on peut choisir de ne pas délimiter de zone. Dans ce cas, des prospections intensives doivent toutefois être réalisées. 3. Autour de l'entrepôt, qui se trouve à Waregem et non à Courtrai comme indiqué dans la question, cinq pièges ont été placés. Jusqu'à présent, cela n'a pas mené à des découvertes supplémentaires. Le nombre de pièges autour de l'entrepôt ne sera donc pas augmenté. L'AFSCA continuera toutefois de suivre de près la situation à cet endroit dans les années à venir. Dans le cadre des prospections nationales annuelles, 40 pièges ont été placés à des endroits à risque répartis sur le territoire belge. Ce nombre sera probablement augmenté suite à l'exigence de l'UE de mener des prospections statistiquement fiables pour Popillia japonica à partir de 2026. 4. Il n'est pas interdit aux particuliers de poser leurs propres pièges. Ils peuvent pour ce faire suivre les instructions de l'EFSA, décrites sur la page EFSA pest survey card forPopillia japonica. L'AFSCA ne demande pas aux opérateurs de poser des pièges car cela représente un défi technique en termes de matériel et d'installation, et toutes les captures doivent faire l'objet d'une analyse par un laboratoire agréé. 5. L'AFSCA tient à jour une fiche d'orientation technique sur Popillia japonica regroupant toutes les informations nécessaires aux opérateurs. Les organisations sectorielles sont régulièrement informées et également sensibilisées lors des réunions avec l'AFSCA. Dans le cadre de la notification obligatoire, les opérateurs doivent signaler immédiatement à l'AFSCA toute constatation ou suspicion de la présence de cet insecte. 6. a à c), 7 et 11. a à d) Le projet POJAMA (RI 23/C-423 POJAMA: Integrated and sustainable methods for Popillia japonica management in Belgium) examine quelles méthodes de lutte intégrées et durables sont appropriées dans le cas d'un foyer en Belgique. Ce projet POJOMA s'inscrit dans un projet transnational plus large au sein d'Euphresco (Euphresco est un réseau international d'organisations qui financent des projets d'étude et coordonnent au niveau national des recherches dans le domaine phytosanitaire), à savoir le projet 2023-C3423: Further development of methods for the outbreak management of Popillia japonica that are in line with the plant protection product authorisation in the EU dont le suivi est assuré par les acteurs qui assurent le financement, c'est-à-dire Euphresco et SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement (SPF SPSCAE). L'AFSCA n'est pas directement impliquée dans ce projet mais se montre disponible pour fournir des données. Le projet POJOMA, qui est financé (50.000 euros) par le service Recherche contractuelle du SPF SPSCAE, se déroule du 1er mai 2024 au 30 avril 2026, et est mis en oeuvre par le Proefcentrum Fruitteelt (pcfruit) et le CRA-W. Un premier rapport intermédiaire a été remis en juin 2025. Ce rapport peut être demandé auprès du service Recherche contractuelle du SPF SPSCAE (contractual.research@health.fgov.be). Les plans de suivi éventuels peuvent être examinés en fonction des résultats obtenus. Pour examiner quelles méthodes de lutte intégrées et durables sont appropriées, il faudra tenir compte de l'impact écologique des organismes de lutte biologiques non indigènes. Si l'utilisation de certaines méthodes de lutte biologiques est recommandée, l'AFSCA examinera alors cette possibilité. La lutte biologique à l'aide de champignons et de nématodes entomopathogènes indigènes est en ce moment déjà testée dans les zones infestées en Italie et en Suisse. Il n'y a pas encore de guêpe parasite spécifique ou autre parasitoïde disponible en Europe. L'utilisation d'organismes de lutte biologiques ne peut être autorisée qu'après une évaluation de sécurité approfondie, en particulier lorsqu'il s'agit d'espèces non indigènes. Cela relève de la compétence du SPF SPSCAE. Aucune estimation n'a encore été faite des dommages potentiels que les espèces invasives peuvent causer à nos cultures fruitières et légumières mais cela sera également réalisé dans le cadre du projet POJAMA. 8. L'AFSCA est compétente pour le monitoring et la lutte contre les organismes de quarantaine de l'Union tels que Popillia japonica. Sur base de l'accord de coopération entre l'AFSCA et les régions, les régions font des inspections pour Popillia japonica auprès des opérateurs pour lesquels elles sont compétentes, p. ex. les producteurs de plants de légumes, plantes fruitières certifiées et semences. 9. Ce n'est pas le cas à l'heure actuelle mais la collaboration avec des pays voisins n'est pas exclue si elle devait s'avérer utile ou nécessaire. 10. Popillia japonica peut se propager par le biais des marchandises et des véhicules mais ne reste pas présent sur ces derniers. Pour cette raison, il n'est pas efficace d'inspecter les marchandises et les véhicules. La méthode la plus efficace consiste à placer des pièges à appâts dans des endroits à risque où il y a une présence (ou un passage) de marchandises et de véhicules provenant d'Italie ou Suisse. En outre, tel que prévu par la législation européenne susmentionnée, les pays ayant des zones infestées doivent prendre des mesures spécifiques dans les aéroports, les ports et les gares afin que l'insecte ne se retrouve pas dans des avions, des navires ou des trains.

 
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Descripteurs EurovocPOLITIQUE AGRICOLE | POLITIQUE DE L'ENVIRONNEMENT | PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT | INSECTE
Mots-clés libresAFSCA