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| Auteur | Anthony Dufrane, MR (06327) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture |
| Sous-département | Emploi, Économie, Agriculture |
| Titre | L'impact de l'arrivée de Temu sur le secteur alimentaire belge (QO 007110C). |
| Date de dépôt | 23/07/2025 |
| Langue | F |
| Publication question |
B026
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| Date publication | 02/10/2025, 20242025 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 26/09/2025 |
| Question |
Depuis peu, le géant chinois de l'e-commerce Temu s'attaque au marché alimentaire belge. Actuellement, seuls des produits à longue conservation sont disponibles sur leur application. Mais les exemples observés en Chine, au Canada et plus récemment en Allemagne indiquent que Temu pourrait rapidement élargir son offre, y compris à des produits frais. Le modèle ultra-compétitif de cette plateforme, fondé sur une stratégie de prix agressive, soulève d'importantes questions sur la capacité des producteurs et distributeurs locaux à faire face à une telle concurrence. Alors que l'industrie alimentaire belge traverse une période délicate, marquée par une rentabilité historiquement faible malgré une croissance modérée, la course au prix "le plus bas" menace de fragiliser davantage un secteur déjà sous pression. La Fevia tire la sonnette d'alarme sur les effets d'un modèle very low cost sur l'innovation, la durabilité et la juste rémunération des acteurs de la chaîne. Si certains fournisseurs locaux pourraient y voir un débouché alternatif, la pression exercée sur les marges et sur les exigences qualitatives reste préoccupante. Il est donc crucial d'examiner comment les autorités économiques belges peuvent accompagner ce changement du paysage commercial tout en protégeant la compétitivité du tissu agroalimentaire national. 1. Comment votre administration évalue-t-elle l'impact de l'arrivée de Temu dans le secteur alimentaire belge sur les producteurs locaux? 2. Existe-t-il une évaluation des risques de dumping économique liés à l'importation ou à la distribution de denrées à très bas prix via ces plateformes? 3. Quelles mesures sont envisagées pour préserver un cadre concurrentiel équitable dans le secteur du retail alimentaire? 4. Envisagez-vous de renforcer l'accompagnement des entreprises alimentaires belges pour leur permettre de rester compétitives dans ce nouveau contexte? 5. Quid des contrôles qualités pour les produits alimentaires vendus par ces plateformes? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B027
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| Date publication | 10/10/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. L'Observatoire des prix suit annuellement les marges et la rentabilité des différents maillons de la chaîne agroalimentaire. La dernière étude intitulée Transmission des prix et les marges dans la chaîne agroalimentaire montre que la rentabilité de l'industrie alimentaire s'est améliorée ces dernières années, mais qu'elle reste sous pression. Les marges dans le commerce de détail continuent toutefois de diminuer. L'Observatoire des prix continue de suivre cette évolution de près. 2. Temu est considérée comme une très grande plateforme en ligne et est dès lors soumise à des obligations spécifiques en vertu du règlement (UE) 2022/2065 du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022 relatif à un marché unique des services numériques et modifiant la directive 2000/31/CE (DSA). À cet égard, cette plateforme doit procéder à une évaluation des risques et la soumettre à la Commission européenne, notamment en ce qui concerne les contenus illégaux potentiels et préjudiciables, réels ou prévisibles, à la santé publique. La Commission européenne surveillera donc particulièrement ces risques, outre le fait que le dumping économique peut en soi constituer une violation du droit de la concurrence. 3. L'Observatoire des prix publie chaque année l'évolution des prix des denrées alimentaires dans ses rapports d'inflation. De plus, il continuera à surveiller de près la rentabilité et les marges dans la chaîne agroalimentaire. Des efforts sont également déployés pour renforcer la transparence dans la transmission des prix, notamment dans le cadre de la task force agroalimentaire. L'Inspection économique veille au respect des règles relatives aux pratiques commerciales déloyales dans la chaîne agricole et alimentaire (réglementation dite PCD). Il existe également une proposition de règlement européen qui régit la coopération entre les autorités européennes chargées de ces règles au niveau transfrontalier. La législation européenne relative à l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires (Règlement (UE) n° 1169/2011 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires, modifiant les règlements (CE) n° 1924/2006 et (CE) n° 1925/2006 du Parlement européen et du Conseil et abrogeant la directive 87/250/CEE de la Commission, la directive 90/496/CEE du Conseil, la directive 1999/10/CE de la Commission, la directive 2000/13/CE du Parlement européen et du Conseil, les directives 2002/67/CE et 2008/5/CE de la Commission et le règlement (CE) n° 608/2004 de la Commission) prend en compte la vente en ligne de denrées alimentaires. En ce qui concerne la fourniture d'informations sur les denrées alimentaires, il convient de prêter attention à tous les modes de livraison des denrées alimentaires aux consommateurs, y compris la vente de denrées alimentaires par le biais de la communication à distance. Les denrées alimentaires livrées par le biais de la vente à distance doivent satisfaire aux mêmes exigences en matière d'information que les denrées alimentaires vendues en magasin. Dans ce cas, les informations obligatoires sur les denrées alimentaires doivent également être disponibles avant l'achat. Ce règlement, comme tous les règlements européens, équivaut à une loi directement applicable dans tous les États membres. 4. La Belgique, en collaboration avec les régions, ne peut que veiller à ce que les consommateurs soient conscients de la valeur ajoutée des produits locaux en termes de qualité, de prix et de durabilité. Outre une attention accrue pour les intérêts des agriculteurs et des producteurs alimentaires, la sensibilisation des consommateurs à l'achat local reste un point important. 5. Le flux de colis achetés via des plateformes en ligne, contenant de nombreux produits en provenance de pays tiers, ne cesse d'augmenter. Il est impossible de les contrôler complètement. Dans ce cadre, j'ai également créé la task force "e-commerce". Mon objectif est d'agir via cette task force pour défendre notre tissu économique et rétablir des conditions de concurrence équitables. Elle aura pour mission d'élaborer des mesures pour lutter contre les pratiques déloyales, renforcer les contrôles, améliorer la coopération entre les autorités et garantir que seuls des produits sûrs et conformes circulent sur notre marché. Je ne manquerai pas d'inclure également ce sujet. L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA), qui est responsable des contrôles aux frontières extérieures, mise donc également sur la sensibilisation de la population et invite les consommateurs à la prudence lors de l'achat en ligne de denrées alimentaires et de compléments alimentaires. |
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