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Question et réponse écrite n° : 0055 - Législature : 56


Auteur Anthony Dufrane, MR (06327)
Département Ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME
Sous-département Classes moyennes, Indépendants,PME
Titre L'usage et l'accompagnement de l'IA dans les PME (QO 007448C).
Date de dépôt08/09/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai03/10/2025

 
Question

L'intelligence artificielle (IA) connaît une adoption croissante dans le monde professionnel, mais les PME et les très petites structures peinent à suivre le rythme. Si près d'un travailleur sur deux déclare utiliser des outils comme ChatGPT ou Copilot, ces usages demeurent largement informels et sans cadre précis. La nouvelle obligation légale de formaliser une politique interne en matière d'IA représente dès lors un défi important pour des entrepreneurs qui manquent souvent de ressources ou de connaissances juridiques. Selon un récent rapport du SPF Économie, seules 14 % des PME avaient officiellement intégré l'IA en 2024, un chiffre qui traduit un retard structurel par rapport aux grandes entreprises. Plusieurs freins sont identifiés comme le manque de personnel qualifié, des moyens financiers limités, la complexité technique des solutions et la méconnaissance du cadre légal. Si certains acteurs comme les Microsoft Innovation Centers tentent d'accompagner les entreprises, il apparaît qu'une grande partie des PME reste insuffisamment informée et peu soutenue. L'IA représente pourtant un levier de productivité considérable, mais l'absence d'encadrement favorise une utilisation approximative ou, au contraire, un rejet par crainte d'erreurs. 1. Disposez-vous de chiffres actualisés sur le taux d'intégration réelle de l'IA dans les PME et TPME? Quelles sont les régions où les (T)PME utilisent le plus l'IA? 2. Quelles mesures concrètes votre administration envisage-t-elle pour renforcer l'accompagnement des PME dans la mise en place d'une politique d'usage conforme à l'IA Act? 3. Des campagnes de communication ou des modules de formation accessibles seront-ils développés spécifiquement à destination des petites structures, souvent démunies face à la complexité de la législation? 4. Envisagez-vous de mettre en place des incitants fiscaux ou des aides directes pour soutenir les investissements des PME dans les solutions d'IA? 5. Comment vous assurez-vous que ce retard d'adoption ne creuse pas un fossé technologique entre grandes entreprises et petites structures, au détriment de la compétitivité de nos PME?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B024
Date publication 24/09/2025, 20242025
Réponse

Comme vous le soulignez, l'intelligence artificielle constitue aujourd'hui un levier majeur de productivité et d'innovation, mais son adoption reste inégale au sein du tissu entrepreneurial belge. D'après les résultats de l'enquête réalisée en 2024 par la Direction générale Statistiques du SPF Économie, l'intelligence artificielle est désormais utilisée par 16,4 % des petites et moyennes entreprises de notre pays. C'est presque deux fois plus qu'en 2023, où ce taux s'élevait à 8,7 %, et près de trois fois plus qu'en 2022, où il atteignait 5,5 %. Cette progression concerne l'ensemble des catégories d'entreprises et des régions. Ce sont toutefois les entreprises de taille moyenne qui se montrent les plus ouvertes à cette technologie: 35,7 % déclarent utiliser au moins une technologie de l'intelligence artificielle (IA) en 2024, soit une hausse de 12 points de pourcentage en un an. À titre de comparaison, l'IA est utilisée par 14,4 % des micro-entreprises et 20,7 % des petites entreprises. Pourtant, dans ces deux dernières catégories, la dynamique de croissance est particulièrement forte: leur adoption de l'IA a doublé en un an, alors qu'il avait fallu trois années, entre 2020 et 2023, pour atteindre une progression comparable. En termes de répartition géographique, ce sont les PME de la région bruxelloise qui sont les plus avancées en matière d'adoption de l'intelligence artificielle: près d'une sur cinq, soit 19,3 %, utilise au moins une application d'IA. En comparaison, ce taux s'élève à 16,9 % pour les PME implantées en Flandre et 14,9 % en Wallonie. En collaboration avec mes collègues, la ministre du Numérique et le ministre de l'Économie, j'ai demandé au SPF Économie de mettre en oeuvre pour courant de cette année, en complément des actions menées par les régions et les autres acteurs concernés (UCM, FEB, AGORIA, etc.), une campagne de communication digitale pour accompagner les petites et moyennes entreprises dans la mise en conformité avec l'AI Act. Cette campagne s'articulera autour de trois axes: - un guide pratique en langage clair, adapté au contexte des PME, couvrant les obligations du règlement; - des pages web d'information et d'orientation, qui renverront vers les ressources existantes (fédérales, régionales, sectorielles) et permettront aux entreprises d'identifier leurs obligations selon leur usage ou leur rôle dans la chaîne de valeur de l'IA; - des communications sur les réseaux sociaux, afin d'atteindre au maximum de PME et les aider à instaurer une politique d'usage responsable de l'IA. Pour ce qui concerne les incitants fiscaux ou aides directes, je vous invite à poser la question à mes collègues, le ministre des Finances et la ministre du Numérique. Enfin, en plus de ce qui est repris dans l'AI Act, nous mettons tout en place pour éviter qu'un fossé technologique entre grandes entreprises et petites structures ne se creuse. P. ex., par le biais des campagnes d'informations comme dit précédemment ou encore l'élaboration du cadre réglementaire national au sujet de la mise en place d'environnements d'essai réglementaires en matière d'IA ("bacs à sable réglementaires en matière d'IA").

 
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Descripteurs EurovocPETITES ET MOYENNES ENTREPRISES | POLITIQUE ECONOMIQUE | INTELLIGENCE ARTIFICIELLE