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Question et réponse écrite n° : 0388 - Législature : 56


Auteur Julie Taton, MR (07800)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre Suivi post-partum (QO 006147C).
Date de dépôt23/07/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai26/09/2025

 
Question

Depuis 2015 et la réforme du séjour à la maternité, la durée de l'hospitalisation des jeunes mamans a été réduite d'une journée en moyenne. Elles sont autorisées à quitter l'hôpital deux à trois jours après la naissance pour un accouchement par voie basse, et un jour supplémentaire en cas de césarienne. Noémie est la maman d'un petit Achille, six mois. La Liégeoise ne tarit pas d'éloges sur la sage-femme qui l'a accompagnée dès son retour à domicile. La mise en place de l'allaitement était assez chaotique à la maternité. La trentenaire s'étonne d'ailleurs que ces consultations post-partum ne soient pas obligatoires, car elles lui semblent indispensables. Concrètement, les jeunes mamans ont droit à une consultation à domicile par jour, du premier au cinquième jour après l'accouchement. Comme vous le savez, le nombre de consultations dépend, entre autres, de la durée du séjour à la maternité. À partir du sixième jour, six consultations sont possibles, incluant des consultations de surveillance et soins postnataux et des consultations autour de l'allaitement maternel. Ensuite, sur motivation de la professionnelle de santé, trois rendez-vous sont encore envisageables. Pour aller au-delà de ce quota, une prescription médicale est requise. Notre témoin estime que toutes les mamans devraient avoir accès aux informations prénatales de façon organisée et systématique, que ce soit en milieu hospitalier ou extrahospitalier, afin de prendre conscience de l'importance d'assurer un suivi à domicile. La diffusion de l'information est en effet très dispersée. En 2024, 516.564 consultations de sages-femmes pour un suivi post-partum ont été comptabilisées, selon votre cabinet. La tendance est plutôt à la hausse, puisque le bilan, pour 2019, était de 446.489 consultations. L'enveloppe dégagée pour ce suivi était par ailleurs de 26,5 millions d'euros en 2024, contre près de 19 millions en 2019. Les sages-femmes réclament néanmoins un refinancement en ce qui concerne les soins postnataux. 1. Par quels voies et moyens vous assurez-vous qu'un maximum de mamans accèdent à un maximum d'informations prénatales, au sein des hôpitaux et à l'extérieur? 2. Comptez-vous améliorer le canal des informations prénatales? Le rendre systématique? Selon quel agenda? 3. Où en êtes-vous dans l'élargissement du groupe cible qui bénéficie d'un accès aux soins et à un accompagnement pendant les 1.000 premiers jours?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B024
Date publication 24/09/2025, 20242025
Réponse

Vous soulevez à juste titre des questions concernant les moyens mis en oeuvre pour garantir qu'un maximum de mères aient accès à un maximum d'informations prénatales, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des hôpitaux; sur notre volonté de systématiser davantage ce canal d'information; et enfin sur l'état d'avancement de l'élargissement du groupe cible bénéficiant de soins et d'un accompagnement pendant les 1.000 premiers jours. Permettez-moi tout d'abord de souligner que cette thématique constitue une priorité dans le cadre de notre politique. Parce que l'accompagnement périnatal joue un rôle crucial dans la prévention des inégalités de santé à long terme. C'est pourquoi nous travaillons au déploiement du programme intégré d'accès aux soins périnatals lors des 1.000 premiers jours, mais aussi parallèlement à un trajet de soins clarifié pour les grossesses à bas risque. Et dans ces deux programmes, la juste place des sage-femmes et l'information associée pour les parents seront prévues. Nous investissons de manière ciblée dans des initiatives telles que Born in Belgium. Grâce à la plateforme Born in Belgium Professionals, les prestataires de soins, tant à l'hôpital qu'en première ligne (comme les sages-femmes et les médecins généralistes), remplissent un questionnaire numérique dès le début de la grossesse. Ce questionnaire permet d'identifier précocement des vulnérabilités psychosociales telles que la précarité, les troubles psychiques ou les problèmes de logement, afin d'offrir un accompagnement ciblé. De cette manière, nous veillons à ce que les mères, y compris hors du cadre hospitalier, aient un accès rapide à une information adéquate et à un soutien personnalisé. Ce dépistage est déjà en place aujourd'hui dans plusieurs hôpitaux et plus de 100 organisations à Bruxelles et en Wallonie. Il s'agit donc d'une approche proactive: les femmes ne sont pas uniquement aidées lorsqu'elles sollicitent elles-mêmes une assistance, mais sont activement repérées à travers les réseaux de professionnels de la santé et des services sociaux. Un accompagnement multidisciplinaire permet d'assurer un suivi qui ne se limite pas à l'aspect médical, mais intègre aussi le logement, l'emploi, la santé mentale et le contexte familial. Concernant le point 2 sur la systématisation de cette circulation d'information, l'ambition est effectivement de dépasser le cadre purement expérimental pour construire un système structurel. C'est pourquoi le gouvernement fédéral, en concertation avec les entités fédérées, a prévu un financement de 11,5 millions d'euros pour le lancement d'un parcours de soins intégré autour des 1.000 premiers jours. Un protocole d'accord a été signé le 8 novembre 2023 entre l'autorité fédérale et les entités fédérées, dans le but de démarrer une phase pilote. C'est chose faite, nous sommes maintenant à l'étape suivante: le déploiement progressif de ce trajet vers un modèle plus universel et systématique, ancré durablement dans l'offre de soins. Nous sommes toujours dans la première phase du programme, qui vise de manière ciblée les femmes en situation de vulnérabilité psychosociale accrue, avec un suivi intensif de la grossesse jusqu'aux deux ans de l'enfant. Ce groupe est d'ores et déjà pris en charge dans le cadre du programme Born in Belgium. L'objectif à long terme est toutefois d'étendre ce système à toutes les familles avec de jeunes enfants, selon le principe de l'universalisme proportionné: un accès pour tout le monde, avec un soutien renforcé pour celles et ceux qui en ont le plus besoin. Cela nécessite naturellement une mise en oeuvre progressive, mais l'ambition est claire: ancrer structurellement les 1.000 premiers jours dans un modèle de soins intégré, préventif et accessible à chaque parent de notre pays. Parallèlement, mon administration (Institut national d'assurance maladie-invalidité) est en train d'analyser les besoins pour les grossesses à bas risque, en concertation avec les représentants des sage-femmes, des médecins et des patientes. Cette réflexion est en cours.

 
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