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Question et réponse écrite n° : 0198 - Législature : 56


Auteur Britt Huybrechts, VB (07962)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre Lutte contre le terrorisme.
Date de dépôt04/08/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai26/09/2025

 
Question

Pendant la présidence belge du Conseil de l'Union européenne en 2024, le SPF Affaires étrangères a assuré la présidence de deux groupes de travail en matière de lutte contre le terrorisme. Il a été relevé, à cet égard, que la Belgique avait notamment réussi à inscrire la lutte contre l'extrême droite violente comme priorité à l'agenda européen. Bien qu'il soit important de lutter contre toutes les formes de terrorisme, ce choix de priorité suscite également des questions quant à la proportionnalité de l'attention accordée à ce problème par rapport aux menaces réelles auxquelles l'Europe est confrontée. En effet, il ressort de rapports antérieurs de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) que la menace de l'extrême droite est certes réelle, mais qu'elle représente une minorité numérique dans le contexte belge. D'autre part, les attentats meurtriers les plus graves commis en Europe ces dernières années l'ont été principalement par des auteurs djihadistes d'inspiration islamiste (c'est le cas, entre autres, des attentats contre Charlie Hebdo, au Bataclan, à Zaventem, à Nice, à Stockholm, à Vienne, etc.). 1. Pourquoi la Belgique a-t-elle choisi d'avancer la lutte contre l'extrême droite violente comme priorité pendant sa présidence, et pas le djihadisme ou d'autres formes d'extrémisme, qui ont dans le passé plus souvent donné lieu à des attentats meurtriers? 2. Quelles données, analyses des risques ou tendances internationales ont sous-tendu ce choix politique? 3. D'autres formes d'extrémisme, telles que le terrorisme djihadiste ou l'extrémisme climatique, ont-elles été discutées au sein des groupes de travail ou inscrites à leur ordre du jour? Dans l'affirmative, de quelle manière? 4. Selon vous, est-il équilibré d'accorder autant d'attention à l'extrême droite alors que le terrorisme djihadiste est historiquement responsable du plus grand nombre de victimes en Europe?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B024
Date publication 24/09/2025, 20242025
Réponse

Comme l'indique la littérature spécialisée la menace liées à l'extrémisme et au terrorisme a évolué depuis 2015. La menace terroriste est variée et ne se limite plus à l'extrémisme violent islamiste. Comme mentionné dans votre question, la Belgique a fait, notamment, de l'extrémisme de droite violent l'une de ses priorités. Les analyses de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) que vous citez indiquent qu'après la menace provenant de l'extrémisme jihadiste, la menace issue de l'extrémisme de droite violent est considérée comme "moyenne", tandis que celles liées à l'extrémisme de gauche ou l'extrémisme anti-establishment sont jugées comme faibles. Entre le 1er janvier 2024 et le 3 mars 2025, neuf incidents violent (ou menaces de violence) ont été enregistrés en Belgique par l'OCAM, dont quatre étaient liés à l'extrémisme islamiste, trois étaient liés à l'extrémisme de droite en tant qu'idéologie et deux avaient une autre base idéologique. L'extrémisme de droite s'avère donc être la deuxième menace violente d'inspiration idéologique après l'extrémisme islamiste. Au niveau international, on constate également des développements et des inquiétudes concernant l'extrémisme de droite violent. Une tendance supplémentaire qui se dessine à l'international est la manière dont, entre autres, l'extrémisme de droite inspire des groupes et des individus violents sans qu'il n'y ait de véritable idéologie à la base. Les éléments ci-dessus expliquent et justifient pourquoi la Belgique met en avant l'extrémisme violent d'extrême droite dans le groupe de travail européen traitant des aspects internationaux du terrorisme. Concrètement, pendant les six mois de la présidence UE, la Belgique a présidé le groupe de travail 'Terrorisme - Aspects internationaux' (COTER) au moins un jour complet par mois, soit un total de six réunions. De plus, la Belgique a accueilli une réunion informelle du groupe de travail COTER. Pendant cette période, une demi-journée a été consacrée à l'extrémisme violent. Les autres thèmes à l'ordre du jour du COTER étaient consacrés au terrorisme en général ou au terrorisme islamiste. Cet ordre du jour a également été discuté à plusieurs reprises et convenu avec tous les partenaires de sécurité belges pertinents. Dans l'autre groupe de travail présidé par le SPF Affaires étrangères, à savoir le groupe de travail sur les mesures restrictives pour lutter contre le terrorisme (COMET), il a également été question d'extrémisme violent pendant la présidence belge. Dans ce groupe de l'UE, la présidence belge a pour la première fois ajouté un groupe d'extrémisme de droite violente au régime de l'UE en matière de mesures restrictives. Tous les autres groupes, entités et individus figurant sur la liste et qui ont été traités dans ce groupe pendant la présidence belge, sont en lien avec des groupes djihadistes ou d'autres formations terroristes. Bien que la Belgique ait mis en lumière l'extrémisme violent, notamment grâce aux données de l'OCAM ainsi qu'aux événements d'actualité, il n'est pas question d'une attention disproportionnée à ce courant au sein du terrorisme durant la présidence belge des groupes de travail COTER ou COMET.

 
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Descripteurs EurovocPOLITIQUE EXTERIEURE | TERRORISME