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| Auteur | Britt Huybrechts, VB (07962) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | Sommet UE-Chine. |
| Date de dépôt | 04/08/2025 |
| Langue | N |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 26/09/2025 |
| Question |
Le 24 juillet 2025, le premier sommet UE-Chine depuis plus de deux ans s'est tenu à Pékin. Cette réunion, au cours de laquelle la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, et d'autres dirigeants européens ont rencontré le président chinois Xi Jinping et le premier ministre Li Qiang, s'est caractérisée par de faibles attentes et un programme revu à la baisse. Malgré une déclaration commune sur le changement climatique et la promesse d'aborder les sujets brûlants, les problèmes structurels entre l'Union européenne et la Chine demeurent sans solution. Les principaux sujets de préoccupation sont le déséquilibre persistant dans les relations commerciales, le manque d'accès effectif des entreprises européennes au marché chinois et les dissensions au sein de l'UE, qui empêchent l'adoption d'une approche commune. L'Union européenne ne semble pas avoir de stratégie claire à l'égard de la Chine, ce qui affaiblit notre position géopolitique. Par ailleurs, la Chine joue un rôle ambigu dans la guerre en Ukraine, puisqu'elle prétend formellement être neutre, mais semble de facto apporter son soutien à la Russie. 1. Comment évaluez-vous le constat selon lequel l'Union européenne ne semble pas suivre un cap clairement défini s'agissant de la Chine? Selon vous, que faut-il pour parvenir à une politique européenne cohérente et affirmée à l'égard de la Chine? 2. Quelle est la position de la Belgique en ce qui concerne les droits de douane européens sur les importations de produits chinois, tels que les voitures électriques? La Belgique soutient-elle une politique commerciale plus dure vis-à-vis de la Chine, ou craint-elle des répercussions économiques? 3. Comment interprétez-vous les déclarations de la Chine quant à sa prétendue neutralité dans la guerre en Ukraine, à la lumière des récents propos tenus par Pékin et des visites en Russie? 4. Quelles mesures diplomatiques la Belgique prend-elle pour veiller aux intérêts européens dans le contexte de ces tensions géopolitiques? 5. Que pensez-vous du déséquilibre fondamental entre les efforts climatiques de l'Union européenne et ceux de la Chine? 6. Quelles initiatives la Belgique prendra-t-elle au niveau européen et multilatéral pour veiller à ce que la Chine ne se soustraie plus à ses responsabilités climatiques, et comment notre pays veillera-t-il à ce que les charges climatiques mondiales ne pèsent pas de manière disproportionnée sur les citoyens et les entreprises de l'UE, comme c'est le cas actuellement? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B024
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| Date publication | 24/09/2025, 20242025 |
| Réponse |
Le sommet UE-Chine s'est effectivement déroulé dans un contexte où de nombreux défis étaient à relever. Cela ne signifie pas pour autant que ce fut une perte de temps: la déclaration commune sur le climat est une avancée positive, et les consultations sur diverses questions géopolitiques et économiques ont également été importantes. Il faut cependant reconnaître que des progrès n'ont pas été réalisés partout. La Chine demeure un partenaire commercial essentiel pour l'UE. Comme la Commission elle-même l'a indiqué par le passé, les relations commerciales entre l'UE et la Chine sont parmi les plus importantes au monde, représentant 9 % des exportations et plus de 20 % des importations de l'UE. La majorité de nos échanges (95 %) de biens et de services restent également mutuellement bénéfiques pour le moment. La Chine est également un partenaire important au niveau multilatéral face à plusieurs défis majeurs, notamment le changement climatique et l'environnement. La Commission plaide donc depuis longtemps pour une réduction des risques dans nos relations (commerciales), mais pas pour un découplage complet. Cela n'est ni souhaitable ni réalisable. Parallèlement, la Belgique estime, avec la Commission, qu'il est urgent de corriger la balance commerciale actuelle. Actuellement, notre déficit commercial s'élève à environ 300 milliards d'euros, la Chine exportant un nombre croissant de produits vers l'UE à des prix de plus en plus bas. Parallèlement, les investissements dans les deux sens diminuent. Le protectionnisme de Pékin, conjugué à l'ambition des dirigeants chinois de faire de la Chine "l'usine du monde", soutenu par des pratiques économiques et commerciales déloyales, est extrêmement problématique et menace le tissu industriel européen, notre compétitivité et nos échanges commerciaux. Il conduit à une politique impliquant des pratiques tout simplement inacceptables pour l'Europe, notamment des aides d'État industrielles débridées et la création délibérée d'énormes surcapacités dans des secteurs stratégiques tels que l'acier et la métallurgie, la chimie, les véhicules électriques, les batteries, les panneaux solaires, les éoliennes, etc., la discrimination à l'encontre des entreprises européennes en Chine et une protection insuffisante de leurs droits de propriété intellectuelle. La Belgique soutient donc la philosophie et le recours approprié aux contre-mesures pour nous protéger contre de telles pratiques déloyales, les mesures proposées étant examinées au cas par cas au regard des intérêts belges spécifiques en jeu. Cela a conduit à une position belge constructive sur les contre-mesures visant les véhicules électriques produits en Chine (abstention), ainsi qu'à un soutien aux contre-mesures plus récentes concernant les dispositifs médicaux. La Belgique ne considère pas nécessairement ces contre-mesures comme faisant partie d'une "politique commerciale plus stricte", comme vous l'avez mentionné dans votre question, mais plutôt comme des outils nécessaires pour rétablir des conditions de concurrence équitables pour nos entreprises, les empêchant ainsi d'être injustement exclues du marché par leurs concurrents chinois. Parallèlement, cela indique également aux dirigeants chinois que la Chine doit adapter sa propre politique économique et répondre aux préoccupations et aux griefs de l'UE. Cependant, comme l'a démontré le récent sommet UE-Chine, Pékin refuse toujours d'adapter sa politique économique actuelle, et nous risquons de nous retrouver dans une situation de "conversation de sourds". Cette situation est problématique, car elle contraint de plus en plus l'UE et ses États membres à prendre des contre-mesures pour protéger nos intérêts commerciaux et le tissu industriel européen. La Belgique ne prône certainement pas une nouvelle escalade, ni même une guerre commerciale, mais elle estime que l'UE et ses États membres ont parfaitement le droit de protéger leurs propres intérêts économiques contre la concurrence déloyale. La Belgique ne craint pas les répercussions économiques potentielles, mais elles ne sont certainement pas les bienvenues. De plus, les taxes de l'UE reposent sur une analyse approfondie et sont proportionnées. Il n'en va pas de même pour les contre-mesures prises par la Chine en réponse au dossier EV. Si la Chine affirme sa neutralité dans la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine, elle lui apporte en pratique un soutien crucial, tant matériel que politique. P. ex. elle est le principal fournisseur de biens à double usage du complexe militaro-industriel russe, présents sur le champ de bataille. En revendiquant sa "neutralité", la Chine ne fait aucune distinction entre agresseur et victime, ce qui équivaut à un soutien politique et rhétorique à la Russie et donc à une récompense pour l'agresseur. Sans son soutien, la Russie ne serait pas en mesure de mener une guerre avec la même intensité. Tant que la Chine continuera de violer les principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies, tant dans ses discours que dans sa politique, elle ne pourra jouer un rôle constructif pour mettre fin à cette guerre. Étant donné que la guerre d'agression menée par la Russie représente une menace importante pour l'Europe, il est clair que la position de la Chine a un impact négatif sur nos relations bilatérales. Je suis favorable à une augmentation du coût de cette position de la part de la Chine. Au niveau de l'UE, p. ex. plusieurs personnes et entreprises ont déjà été sanctionnées pour leur soutien à la Russie. Des dizaines d'entreprises chinoises sont également soumises à des contrôles à l'exportation plus stricts, et nous appelons régulièrement la Chine à contribuer à empêcher le contournement des sanctions. Vous m'avez également interrogé sur ma vision des efforts climatiques. Ma vision à cet égard est celle inscrite dans l'Accord de Paris. Nous attendons de tous les pays, y compris l'UE et ses 27 États membres, ainsi que la Chine, qu'ils contribuent à l'objectif de neutralité climatique de l'Accord de Paris et qu'ils le fassent de la manière la plus ambitieuse possible. Cet objectif de neutralité climatique doit être atteint d'ici le milieu du siècle. Cela signifie que la Chine et l'Union européenne doivent avoir des contributions déterminées au niveau national (CDN) cohérentes avec l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, que ces objectifs climatiques doivent englober l'ensemble de l'économie et qu'ils doivent prendre en compte tous les gaz à effet de serre et leurs sources. Quant à l'UE, son objectif pour la période allant jusqu'en 2030 a été défini dans le paquet Fit for 55, et sera suivi d'un nouvel objectif pour 2040, actuellement en discussion. L'UE s'est fixé un objectif de neutralité climatique d'ici 2050. La Chine s'est fixé un objectif à long terme de neutralité carbone d'ici 2060, formalisé par un objectif de réduction de 65 % des émissions de CO2 par unité de produit intérieur brut d'ici 2030. On observe deux tendances contradictoires en Chine. D'une part, la Chine est de loin la plus importante au monde en termes de capacité d'énergie renouvelable et atteindra son objectif de 1.200 GW d'énergie éolienne et solaire six ans plus tôt que prévu. D'autre part, la Chine est le plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre et, ces dernières années, nous avons constaté une augmentation continue des combustibles fossiles, notamment du charbon, dans son mix énergétique. La transition significative vers les véhicules électriques en Chine semble désormais réduire la demande en combustibles fossiles. Nous attendons de la Chine, comme de toutes les grandes économies, que, pour leur nouvel objectif national, qui doit être soumis cette année, elles optent, comme l'UE, pour un objectif absolu de réduction des émissions cohérent avec l'objectif de 1,5 °C. Cela impliquerait également de poursuivre le rythme actuel de croissance des énergies renouvelables, et donc de réduire la part des combustibles fossiles. Au niveau multilatéral, nous demandons à la présidence de la COP30 de garantir à Belém un espace suffisant pour les discussions et décisions politiques sur l'ambition climatique de tous les pays. Cela signifie que nous devrons combler l'écart attendu entre le niveau collectif de tous les objectifs nationaux et l'objectif de 1,5°C de l'Accord de Paris. Ces discussions devraient encourager les pays à adhérer concrètement à l'ambition climatique convenue dans le cadre de l'Accord de Paris. Le Mécanisme d'ajustement transfrontalier (MAFC), que la Belgique a contribué à élaborer dans le cadre européen, aura progressivement un effet régulateur et incitatif sur l'harmonisation des méthodes de production dans les secteurs énergivores soumis au commerce international. Cela devrait réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les processus de production, quel que soit leur lieu d'implantation. Nous révisons actuellement ce cadre au niveau de l'UE et pouvons l'ajuster en fonction des premières expériences avec ce cadre relativement nouveau. Il est envisagé de l'étendre à d'autres produits et secteurs et d'y intégrer la dimension export. Je voudrais également vous rappeler que si nous nous concentrons sur les coûts des politiques climatiques et environnementales, nous devons également prendre en compte les bénéfices, tant locaux que nationaux, de la transition vers une économie bas carbone en termes de santé et de qualité de vie de nos citoyens. Il s'agit d'une considération politique importante qui doit être prise en compte tant en Europe que dans d'autres régions du monde, notamment en Chine. En Europe, la qualité de l'air s'améliore dans de nombreuses villes et capitales, ce qui contribue à une meilleure santé et à une meilleure qualité de vie. |
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