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Question et réponse écrite n° : 0185 - Législature : 56


Auteur Rajae Maouane, ECOGR1 (08184)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre Conflit au Soudan. - Annonce d'un gouvernement parallèle (QO 006704C).
Date de dépôt29/07/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai26/09/2025

 
Question

Depuis le 1er juillet 2025, le Soudan n'a plus un seul gouvernement, mais deux exécutifs concurrents. L'un, toujours dirigé par le général al-Burhan, chef des Forces armées soudanaises. L'autre, fraîchement proclamé par l'alliance Tasis, coalition politique et militaire soutenue par les Forces de soutien rapide, les mêmes RSF responsables de massacres à caractère ethnique au Darfour, documentés par Médecins Sans Frontières. Ce nouveau gouvernement parallèle, installé à Nyala sous la direction de Hemeti, chef des RSF, prétend incarner une "alternative politique". En réalité, il consacre la fragmentation totale du Soudan, dans un contexte où 13 millions de personnes sont déplacées et où la moitié de la population souffre de faim aiguë, selon les Nations Unies. 1. Face à ce chaos, que pouvez-vous en dire et quelle est la position du gouvernement belge? 2. Allez-vous refuser toute légitimation politique à des groupes auteurs de crimes de guerre, comme le demandent les ONG? 3. Quelle est la position de la Belgique au sein de l'Union européenne et du Conseil de sécurité de l'ONU sur ce point? 4. La multiplication des acteurs armés, la montée des divisions ethniques, les déplacements de populations massifs, tout cela exige une position claire, cohérente et alignée sur le droit international humanitaire. Est-ce que la Belgique va soutenir les mécanismes de sanctions ciblées contre les chefs militaires des deux camps, et exiger l'ouverture d'un dialogue politique réellement représentatif, sous égide internationale, pour éviter une somalisation du Soudan?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B024
Date publication 24/09/2025, 20242025
Réponse

La Belgique a été très claire sur la nécessité de mettre davantage de pression sur tous les acteurs de conflits pour que les violences cessent et que les armes laissent la place à la négociation sous égide régionale et internationale. Nous avons ainsi soutenu les sanctions qui ont été imposées par l'Union européenne sur certains individus des deux camps et sur des entités qui favorisent la poursuite du conflit. Au vu de la situation dramatique, des violences continues et de l'absence d'avancées des processus de médiation, nous avons soutenu l'adoption de 4 nouveaux noms en juillet 2025 à la liste des sanctions qui en contenait déjà 14. Face à l'éventualité d'une fragmentation durable du pays que vous décrivez très justement, je peux vous dire aussi que nous ne prenons pas ce risque à la légère. Avec la mise sur pied de gouvernements civils parallèles qui n'ont de "civils" que le nom et une consolidation des forces en présence favorisées notamment par des soutiens extérieurs, nous assistons à la mise sur pied d'un scénario à la somalienne ou à la libyenne qui aura des effets profondément déstabilisateurs sur le long terme pour l'ensemble de la région et au-delà. Dans ce contexte, il n'entre pas dans l'intention de reconnaître des pouvoirs de facto sous la coupe de chefs de guerre et qui auraient commis, qui plus est, des crimes de guerre. En conclusion, je peux vous assurer que nous ne sommes ni silencieux, ni inactifs sur cette crise dramatique et que nous continuerons à porter ce dossier avec détermination à l'agenda européen et international.

 
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Descripteurs EurovocPOLITIQUE EXTERIEURE | SOUDAN