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| Auteur | Michel De Maegd, MR (07122) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | La répression violente de la jeunesse au Kenya (QO 006782C). |
| Date de dépôt | 28/07/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 26/09/2025 |
| Question |
Vous le savez, la jeunesse kényane mène actuellement un vaste mouvement de contestation contre la violence policière. Ces dernières semaines, au moins seize personnes ont trouvé la mort dans ces manifestations, et plusieurs centaines d'autres ont été blessées. Cette mobilisation remet en question un appareil sécuritaire accusé d'extorsion, de brutalités et de répression politique. 1. Quelle est la position de la Belgique vis-à-vis de ces événements d'une violence rare, dénoncés par de nombreuses ONG? 2. Notre pays a-t-il soulevé, dans le cadre bilatéral ou au sein de l'Union européenne, la nécessité de respecter les droits fondamentaux des manifestants et de garantir leur sécurité? 3. Notre ambassade suit-elle activement cette situation et entretient-elle des contacts avec les acteurs de la société civile, notamment ceux qui plaident pour une réforme des institutions sécuritaires? 4. La Belgique est-elle prête à soutenir, concrètement, des programmes visant à renforcer les droits humains, l'indépendance de la justice et l'intégrité des forces de l'ordre au Kenya, notamment à travers la coopération ou des partenariats avec la société civile locale? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B024
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| Date publication | 24/09/2025, 20242025 |
| Réponse |
Le 7 juillet 2025, des manifestations antigouvernementales au Kenya ont fait plusieurs dizaines de morts, de nombreux blessés et des centaines d'arrestations à la suite d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre dans différentes régions du pays. Ces incidents font suite à des manifestations similaires le 25 juin 2025, qui ont également dégénéré en affrontements violents, faisant de 16 à 19 morts, plus de 400 blessés, des arrestations arbitraires et des cas présumés d'enlèvements. Les manifestations de juin et juillet 2025 font écho à celles réprimées un an plus tôt, organisées sous l'impulsion d'un mouvement de la génération Z qui visait principalement les réformes fiscales du budget 2024 et appelait à des réformes économiques et de gouvernance. Cette année-ci, il semble que les manifestations aient été infiltrées par certains mouvements ayant des visées plus politiques, voire confrontationnelles ou criminelles, ce qui est regrettable et condamnable. Ceci ne justifie toutefois en rien un usage excessif de la force et nous appelons dès lors les autorités kenyanes à la retenue, à éviter les déclarations incendiaires à l'encontre des manifestants ainsi qu'au plein respect des libertés d'expression, d'association et de réunion pacifique. À ce stade, le gouvernement kenyan continue de mettre l'accent sur le maintien de l'ordre et le contrôle des foules et se garde de prendre des mesures politiques pour répondre au mécontentement populaire, considérant que ces manifestations sont attribuables à l'opposition et en partie à des influences extérieures. Si ce scénario persiste, il y a un risque d'une impasse politique. Le Kenya a toujours été l'histoire de "deux pas en avant et d'un pas en arrière". Nous vivons maintenant très clairement un moment de tensions, voire de recul que nous espérons temporaire. À l'approche des élections de 2027, la vigilance restera donc de mise. Cela dit, pour la Belgique comme pour l'Union européenne, le Kenya reste un partenaire stratégique important dans la région, qui mérite d'être soutenu. Il s'agit d'une démocratie largement stable dans une région où la stabilité n'est pas garantie. Nous continuerons dès lors à viser un renforcement de nos relations bilatérales tant sur le plan politique qu'économique. En même temps, la Belgique et l'Union européenne poursuivront le plaidoyer pour le respect des libertés fondamentales et de l'espace de la société civile dans une approche de dialogue constructif, ouvert et respectueux, sans donner des leçons à un pays qui a prouvé sa résilience démocratique. C'est ce que nous avons fait p. ex. lors des consultations politiques bilatérales entre la Belgique et le Kenya qui se sont tenues à Bruxelles en octobre 2024. De nouvelles consultations politiques auront lieu en octobre 2025 à Nairobi. En outre, lors du dernier Examen Périodique Universel du Kenya en mai 2025, la Belgique a formulé trois recommandations au Kenya dont l'une portait sur le renforcement des mécanismes de contrôle et de responsabilité, notamment de la Police, pour faciliter les enquêtes sur les violations des droits humains commises par des agents de l'État. Il est important que des enquêtes indépendantes et impartiales aient lieu autour des récents incidents. Nous maintenons aussi bien sûr le dialogue avec la société civile locale. Notre Ambassade à Nairobi est en contact formel et informel régulier avec des ONGs des droits humains et nous en fait un rapportage fréquent, ce qui nourrit la réflexion et l'analyse de mon département. Lors de ma visite à Nairobi en août dernier, j'ai pu échanger longuement avec des représentants kenyans des ONG, des médias et du secteur privé. Tous ces challenges ont été abordés avec eux et y compris les questions liées à la corruption. Bien que le Kenya n'est pas un pays partenaire de la coopération internationale belge, elle est active de façon indirecte au Kenya en finançant notamment des activités menées par Avocats sans Frontières dans la sphère des droits humains en vue de favoriser les voix civiles pour le développement durable. |
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