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| Auteur | Benoît Lutgen, LENGAG (01145) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | L'Iran après la guerre avec Israël (QO 006906C). |
| Date de dépôt | 25/07/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 26/09/2025 |
| Question |
Israël a lancé une offensive contre l'Iran le 13 juin 2025, notamment dans le but d'empêcher le régime iranien de se doter de l'arme nucléaire. Cette attaque a entrainé une riposte directe de Téhéran. Dix jours plus tard, les États-Unis se sont joints aux hostilités en procédant à des frappes contre trois sites nucléaires iraniens. Un cessez-le-feu précaire a été annoncé le 24 juin. Cette tension soulève plusieurs préoccupations majeures. 1. Premièrement, le Parlement iranien a adopté le 26 juin une loi suspendant toute coopération avec l' l'Agence internationale de l'Énergie atomique (AIEA), une décision jugée particulièrement préoccupante par les Nations Unies. Cette suspension alimente les craintes quant à la possible détention de l'arme nucléaire par l'Iran. Dans ce contexte, quelle position la Belgique entend-t-elle adopter pour à la fois empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire et soutenir l'action de l'AIEA? Faut-il renforcer les sanctions à l'égard de l'Iran jusqu'à ce qu'elle reprenne sa coopération avec l'AIEA? 2. Durant le conflit, la menace de fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, a ravivé les craintes d'une nouvelle crise économique. Une telle fermeture provoquerait une flambée des prix de l'énergie à l'échelle mondiale. L'Iran a déjà à plusieurs reprises menacé de fermer le détroit à des fins de pression politique. Ceci démontre une fois de plus la nécessité de réduire notre dépendance à l'égard des énergies fossiles et de diversifier nos approvisionnements. Cette situation a-t-elle été abordée au sein du Conseil de l'Union européenne? Existe-t-il des plans européens pour faire face aux conséquences d'une telle fermeture? 3. Le cessez-le-feu entre les deux États a mené à une intensification de la répression en Iran, spécialement à l'égard de la minorité juive. Dans ces circonstances, cette Commission a récemment voté une résolution sur l'application de la peine de mort en Iran et sur l'inscription des Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes de l'UE. Quelles mesures la Belgique envisage-t-elle pour mettre en oeuvre cette Résolution? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B024
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| Date publication | 24/09/2025, 20242025 |
| Réponse |
J'ai toujours plaidé pour une solution diplomatique et je regrette dès lors l'escalade militaire récente entre Israël, les États-Unis et l'Iran, qui a également affecté le Qatar. Nous souhaitons la paix et la stabilité au Moyen-Orient. Nous ne l'obtiendrons certainement pas par les armes. Maintenant qu'elles sont silencieuses, il est plus que temps de revenir à la table des négociations. Nous avons des attentes précises vis-à-vis de l'Iran et nous privilégions le dialogue. Des négociations entre les USA et l'Iran sont une bonne chose. Mais il est important que l'UE et les E3 (UK, DE, FR) - qui sont parties au JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action) - poursuivent et approfondissent leurs propres négociations avec l'Iran. Nous nous opposons au développement de capacités militaires nucléaires par l'Iran. Je me réjouis donc que le ministre Araghchi ait dit son attachement au Traité de non-prolifération nucléaire. Parce que c'est dans l'intérêt de la Belgique et de l'Iran, nous incitons l'Iran à reprendre sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Et à permettre que l'agence puisse faire son travail de façon indépendante, comme gage de bonne volonté. C'est également le message que la HRVP Kallas a porté auprès du ministre Araghchi. Au plus fort de l'attaque israélienne et américaine, l'Iran a menacé de fermer le Détroit d'Ormuz, en effet. Mais ce scénario ne s'est pas matérialisé. Nous avons bien abordé cette situation critique au Conseil des ministres des affaires étrangères de l'UE. Notamment dans sa dimension énergétique et commerciale. Nous sommes opposés à la peine de mort partout dans le monde et donc aussi en Iran, où le nombre d'exécutions est inquiétant. Je continue notamment, avec mes services, de rester très vigilant par rapport au sort du citoyen irano-suédois, le Dr. Djalali, qui est malheureusement toujours détenu en Iran. L'accord de gouvernement prévoit de plaider, avec d'autres États membres de l'UE, pour l'inscription du Corps des gardiens de la révolution iranienne (IRGC) sur la liste européenne des organisations terroristes et de préconiser des sanctions. À l'heure actuelle, les discussions se poursuivent au niveau européen et la Belgique y participe activement. Entre temps IRGC, dont plusieurs membres ou entités font déjà l'objet de plusieurs sanctions européennes, ressort particulièrement affaibli de l'affrontement avec Israël et les USA. Quant à la répression contre des minorités, nous continuons de les dénoncer, au même titre que les violations des droits humains et des droits des femmes. Nous soutenons l'appel à la démocratie du peuple iranien. Nous ne croyons pas à un changement de régime imposé de l'extérieur, mais nous souhaitons pour le peuple iranien un régime qui change sa politique en matière de droits humains, notamment. |
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