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Question et réponse écrite n° : 0154 - Législature : 56


Auteur Charlotte Deborsu, MR (08138)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre Le retrait de la Finlande du traité d'Ottawa (QO 007049C).
Date de dépôt17/07/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai26/09/2025

 
Question

Le 4 juillet 2025, le président finlandais Alexander Stubb a annoncé que son pays se retirait de la Convention d'Ottawa interdisant les mines antipersonnel. Cette convention, signée en 1997, interdit l'usage, la production, le stockage et le transfert de ces armes qui, aujourd'hui encore, continuent de mutiler, de tuer des civils, et ce, même longtemps après la fin des combats. Elle compte plus de 160 États parties, dont la Belgique, fièrement engagée depuis le début. La décision d'Helsinki marque donc un tournant. Elle s'explique par le contexte de tensions croissantes avec la Russie, et en particulier par la militarisation inquiétante de la frontière finlando-russe. Mais elle envoie aussi un signal dangereux: celui d'un recul possible du droit international humanitaire face à l'insécurité. Disons-le franchement: oui, la Finlande est directement menacée par la stratégie expansionniste du Kremlin. Mais ce retrait pourrait ouvrir une brèche. Déjà, plusieurs pays, les trois États baltes, mais aussi la Pologne, envisagent de suivre cet exemple. Ce glissement, s'il se confirme, aurait des conséquences directes sur notre sécurité collective, mais aussi sur la crédibilité des normes internationales que nous avons contribué à bâtir. 1. Comment la Belgique compte-t-elle agir, sur le plan diplomatique, pour dissuader d'autres États de se retirer de la Convention d'Ottawa? 2. Quels sont les outils diplomatiques à la disposition de la Belgique pour favoriser le dialogue entre les pays concernés par un éventuel retrait?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B024
Date publication 24/09/2025, 20242025
Réponse

La Belgique a en effet toujours été un fervent défenseur de l'interdiction des mines antipersonnel, et reste pleinement engagée en faveur de la norme internationale sur l'interdiction de ces armes. Je comprends les préoccupations sécuritaires provoquées par l'invasion de l'Ukraine, notamment en Finlande, et reconnais la nécessité d'une défense européenne adaptée. Toutefois, le potentiel avantage militaire offert par les mines antipersonnel ne saurait justifier leur impact humanitaire disproportionné alors que suffisamment d'alternatives sont disponibles. Dans cet esprit, la Belgique a démarché bilatéralement la Finlande et autres États européens afin de les inciter à rester dans le cadre de la Convention d'Ottawa. La Belgique a initié un dialogue à ce sujet au sein des organes appropriés de l'Union européenne. La discussion est également menée au sein des organes de la Convention d'Ottawa. La Belgique continuera d'interpeller les États concernés, y compris la Finlande, et de défendre l'interdiction des mines antipersonnel, tant dans le cadre de l'Union européenne que dans d'autres enceintes multilatérales ou via des canaux bilatéraux.

 
Desc. Eurovoc principalPOLITIQUE EXTERIEURE
Descripteurs EurovocFINLANDE | POLITIQUE EXTERIEURE | ARMEMENT | ARME ANTIPERSONNEL