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Question et réponse écrite n° : 0363 - Législature : 56


Auteur Julie Taton, MR (07800)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre La différence entre les recommandations du CSS et nos habitudes alimentaires (QO 006204C).
Date de dépôt17/07/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai26/09/2025

 
Question

Tous les dix ans, Sciensano réalise une grande enquête pour évaluer nos habitudes alimentaires. La troisième édition pointe des améliorations, mais le constat général reste interpellant: 90 % des personnes interrogées ne suivent pas les recommandations du Conseil supérieur de la Santé (CSS). Parmi les points positifs, le fait le plus marquant est une augmentation de la proportion d'adultes buvant suffisamment d'eau: elle est passée de 30 à 44 % et a même doublé en vingt ans. La consommation de boissons sucrées a légèrement baissé, en moyenne une canette de moins par semaine depuis 2014. Seulement 1 % des répondants ont remplacé les pâtes et le pain blancs par leurs équivalents complets. Et 12 % mettent plusieurs fois aux menus de la semaine des légumineuses. Elles sont encore fortement associées à l'alimentation végétarienne, voire végane. 1. Comment expliquez-vous le faible taux de suivi des recommandations du CSS? 2. Par quels voies et moyens comptez-vous améliorer la promotion de ces recommandations et l'adhésion de la population? 3. Êtes-vous favorable à la mise en place d'une taxe sur les boissons sucrées et les produits industriels? Pour quels motifs? 4. Êtes-vous favorable à l'interdiction du marketing à destination des enfants?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B023
Date publication 08/09/2025, 20242025
Réponse

1. Une étude rédigée par Sciensano et la KU Leuven, avec un panel de 51 experts en Belgique, a montré qu'il est vraiment nécessaire de modifier les environnements alimentaires pour mieux encourager la population à changer ses habitudes alimentaires. Au fil du temps, les environnements alimentaires sont devenus plus obésogènes et défavorables à la santé en Belgique. Les aliments défavorables à la santé sont souvent moins chers, plus accessibles, plus disponibles et font l'objet d'une publicité plus intensive que les aliments sains. 2. Le rapport susmentionné a formulé des recommandations pour améliorer les environnements alimentaires en Belgique, à l'intention de chaque niveau de gouvernement. Dans le cadre de mes compétences, je privilégie une approche fondée sur la concertation avec les acteurs du secteur agro-alimentaire afin d'identifier ensemble les leviers les plus pertinents et efficaces. Parallèlement, nous explorons également certaines pistes de mesures ad hoc, telles que rendre la mention du Nutri-Score obligatoire dans les publicités pour les aliments et les boissons, afin de mieux informer les consommateurs et encourager des choix plus éclairés. 3. Ce type de mesure doit être discuté et décidé au niveau de l'ensemble du gouvernement fédéral. Cela dit, à titre personnel, je suis favorable à des actions qui permettent de rendre notre environnement alimentaire plus sain et plus équitable. La consommation de boissons sucrées en Belgique reste parmi les plus élevées d'Europe, et une étude récente menée par l'Université de Liverpool et Sciensano montre que augmenter la taxe sur les boissons sucrées à hauteur de 20 % permettrait de réduire le taux d'obésité et prévenir 2.500 décès en 20 ans. Par ailleurs, les enquêtes révèlent que la majorité des Belges soutient ce type de mesures: beaucoup sont favorables à une taxation des aliments nocifs pour la santé et près de 85? % souhaitent des subsides pour rendre les fruits et légumes plus abordables, en particulier les parents de jeunes enfants. 4. Le marketing alimentaire vise surtout des produits malsains et influence négativement les choix alimentaires des enfants. Le Conseil Supérieur de la Santé recommande pour cette raison des réglementations strictes à tous les niveaux de pouvoir pour protéger les moins de 18 ans, en interdisant notamment la publicité pour les aliments malsains sur tous les médias, y compris numériques, dans les lieux fréquentés par les enfants, et via des techniques attrayantes comme les personnages animés. Une réglementation si stricte, comme le suggère le Conseil Supérieur de la Santé, ne fait pas partie de l'accord de coalition. Malheureusement, l'autorégulation dans ce domaine n'a pas encore donné les résultats escomptés en termes d'effets. C'est pourquoi nous allons nous asseoir avec l'industrie et voir comment nous pouvons rendre l'autorégulation plus efficace. Une bonne initiative serait de mettre en place un système de surveillance permettant de mesurer l'ampleur et la puissance du marketing via divers médias et contextes, ainsi que l'exposition des enfants et des adolescents au marketing des aliments malsains, au lieu de se fier uniquement aux plaintes déposées auprès du JEP. Nous disposerions alors de données réelles pour montrer l'impact potentiel du code de l'industrie.

 
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