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| Auteur | Charlotte Deborsu, MR (08138) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | Les prochaines élections en Côte d'Ivoire (QO 007051C). |
| Date de dépôt | 15/07/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 19/08/2025 |
| Question |
Lors de votre visite en Côte d'Ivoire, vous avez rencontré le président Alassane Ouattara. Celui-ci avait déclaré en 2022 ne pas briguer un nouveau mandat. Pourtant, en mars 2025, son parti a annoncé qu'il serait investi dans les prochaines semaines pour un quatrième mandat, à l'âge de 83 ans. Ce revirement pose inévitablement la question du respect des engagements démocratiques, dans un pays où les tensions électorales ont déjà marqué l'histoire récente. 1. Lors de votre entretien avec le président Ouattara, l'élection présidentielle à venir a-t-elle été abordée? 2. Quelle est la position de la Belgique concernant un éventuel quatrième mandat, au regard des principes démocratiques que nous défendons? 3. La situation actuelle ne risque-t-elle pas d'entraîner des tensions politiques, voire des violences, dans la société ivoirienne dans les mois qui viennent? Cela ne risque-t-il pas de fragiliser les partenariats économiques et stratégiques que nous entretenons avec la Côte d'Ivoire? 4. Avez-vous pu évoquer le processus électoral dans son ensemble, notamment la question de la radiation de Tidjane Thiam, leader de l'opposition, dont l'exclusion de la liste électorale a suscité des manifestations le 14 juin 2025? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B022
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| Date publication | 29/08/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. Oui j'ai abordé le sujet de l'élection présidentielle avec le président Ouattara lors de notre rencontre fin mai. Nous avons échangé sur la manière de s'assurer que le processus électoral soit serein, ouvert, et stable, dans l'intérêt des Ivoiriens et de nos partenariats. 2. Un possible quatrième mandat présidentiel divise en effet la classe politique et la société ivoirienne. Le troisième mandat du président Ouattara avait déjà suscité un débat sur sa constitutionnalité, qui s'était réglé par une décision de la Cour constitutionnelle, l'admettant comme premier mandat sous la nouvelle Constitution. L'opposition avait alors critiqué cette décision mais l'avait de facto acceptée. Le 29 juillet 2025, M. Ouattara a officiellement déclaré sa candidature pour un mandat supplémentaire. Au-delà de l'éventuelle question liée à ce mandat, l'enjeu principal de cette élection est surtout que la population ivoirienne perçoive le processus électoral dans son ensemble comme ouvert et légitime. Avec l'Union européenne, nous continuerons à rester attentifs aux réactions de l'opposition et de la population que suscitent la candidature du président Ouattara ainsi que les divers autres éléments marquants dans le cadre et autour du processus électoral. Nous viserons toutefois à éviter toute posture d'ingérence en faveur d'un candidat ou d'un autre, dans un contexte régional où tout signal en ce sens de la part de la communauté internationale et en particulier de l'Union européenne peut être instrumentalisé à nos dépens. 3. Nous ne pouvons effectivement pas écarter le risque de tensions, voire de violences, pendant le processus électoral (avant et après le scrutin). Nous devons rester vigilants à ce sujet. Les échéances électorales restent un défi en Côte d'Ivoire, comme l'ont démontré les élections présidentielles passées. Nous en avons discuté au niveau européen encore très récemment. Le discours d'une partie de l'opposition s'est d'ailleurs radicalisé ces dernières semaines. Les revendications concernent le quatrième mandat, la réintégration des candidats inéligibles et la refonte du système électoral (indépendance de la commission électorale, révision du fichier électoral). Certains des possibles futurs candidats de l'opposition mettent également en avant des revendications de souveraineté et de panafricanisme, discours que l'on a pu entendre ces dernières années dans d'autres pays de la région. Nos partenariats pourraient évidemment être impactés si le pays basculait dans la violence à large échelle. À l'heure actuelle ce scénario semble encore évitable; il en reviendra de la responsabilité de toutes les parties ivoiriennes. 4. Oui, j'ai abordé la question des opposants qui ne pouvaient pas se présenter comme candidats à l'élection présidentielle pour des raisons juridiques. Le président Ouattara a lui-même parlé de Laurent Gbagbo et de Tidjane Thiam et s'en est tenu à une position très légaliste, justifiant leurs exclusions non par des considérations politiques mais par l'application stricte du droit dans un État de droit. Malgré l'importance des considérations légales, celles-ci ne doivent pas pour autant, selon nous, écarter l'option de solutions politiques en cas de blocage. Avec l'Union européenne, la Belgique continuera de porter ce discours prônant davantage d'ouverture pour une plus grande inclusivité du processus électoral. La gagnante de ces élections doit être la cohésion sociale. |
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