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| Auteur | Charlotte Verkeyn, N-VA (08059) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture |
| Sous-département | Emploi, Économie, Agriculture |
| Titre | La compétitivité (QO 006073C). |
| Date de dépôt | 15/07/2025 |
| Langue | N |
| Publication question |
B022
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| Date publication | 29/08/2025, 20242025 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 19/08/2025 |
| Question |
Le 18 juin 2025, l'International Institute for Management Development (IMD) a publié son classement annuel de la compétitivité dans le monde. La Belgique a chuté de la 18e à la 24e place, notre pire résultat en 10 ans. Le recul le plus important concerne les performances économiques, sous l'effet de faibles exportations, de la lenteur de la croissance et d'une inflation élevée. Pour ces deux derniers indicateurs, nous obtenons même le pire classement des quinze dernières années. 1. Comment évaluez-vous ce net recul? 2. Quels points clés de l'accord de gouvernement mettrez-vous en oeuvre (en priorité) pour éviter un nouveau recul et pour relancer la croissance de la productivité? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B023
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| Date publication | 08/09/2025, 20242025 |
| Réponse |
Je suis pleinement conscient de l'urgence à agir. La compétitivité, tout comme la productivité, reste le socle de notre croissance à long terme. Ce débat est important, car derrière le mot "compétitivité" se joue bien plus qu'une performance économique. Il s'agit de notre capacité à innover, à exporter, à créer de l'emploi et de la richesse. Mais c'est aussi une question de souveraineté économique et notre cohésion sociale. Comme l'ont rappelé les rapports Draghi et Letta, le recul de la compétitivité industrielle est une tendance européenne. La Belgique n'échappe pas à ce mouvement. C'est pourquoi l'accord de gouvernement prévoit des réformes socioéconomiques ambitieuses. La première nécessité porte sur la relance de notre industrie. L'industrie a un effet multiplicateur sur l'économie élevé: renforcer l'industrie, c'est renforcer l'ensemble de notre économie. Les freins structurels sont bien connus: un coût du travail élevé, des charges administratives excessives et des coûts énergétiques qui minent la compétitivité de nos entreprises. À cela s'ajoutent la fragmentation géopolitique et les tensions commerciales qui pèsent sur nos échanges. Les prévisions économiques de la Commission européenne ne prévoient pas de récession, mais elles confirment un ralentissement préoccupant. En 2025, la croissance du produit intérieur brut (PIB) belge ne dépassera pas 0,8 %, et atteindra 0,9 % en 2026, des chiffres inférieurs à ceux attendus pour la zone euro (0,9 % et 1,6 % respectivement). Nos pays voisins se trouvent dans une situation similaire, voire pire, notamment l'Allemagne. Mais suivre la moyenne européenne ne peut être une stratégie. La Belgique doit faire mieux. Notre pays reste l'un des pays les plus productifs au monde et un exportateur de premier plan. Pourtant, notre potentiel est entravé par nos faiblesses structurelles. Le classement 2025 de l'Institut international pour le développement du management (IMD) est un signal d'alerte: la Belgique chute à la 24e place, retrouvant son niveau de 2021, loin de la 13e place atteinte en 2023. Ce déclassement s'explique principalement par les composantes "performance économique"?et "efficacité gouvernementale?": Sur le plan économique, la Belgique a connu en 2024 une inflation plus rapide que dans le reste de l'Union européenne, tandis que la croissance de notre PIB a ralenti en 2023, en raison d'un affaiblissement de la demande intérieure. S'agissant de l'efficacité gouvernementale, la dégradation des finances publiques en 2023, tant au niveau du déficit budgétaire que du poids de la dette, pèse sur notre performance. Ce diagnostic est confirmé par le SPF Économie, qui publie chaque année son tableau de bord de la compétitivité. Il met en évidence des coûts salariaux unitaires élevés, des prix énergétiques non compétitifs, une dynamique entrepreneuriale insuffisante et une complexité administrative excessive. Les défis sont clairs, les réponses doivent l'être aussi. C'est tout le sens du plan interfédéral MAKE2025-2030, que nous avons lancé le 30 juin 2025 avec le premier ministre. Ce plan, conçu en étroite concertation avec les régions et les fédérations sectorielles, vise à identifier les obstacles au redéploiement industriel et proposer des solutions concrètes, structurées et coordonnées. L'objectif est de replacer la Belgique sur la carte des pays qui produisent, innovent et exportent. Ce plan est la traduction concrète de l'ambition fixée dans l'accord de gouvernement: renforcer l'autonomie stratégique ouverte et la résilience économique du pays. Le 15 juillet 2025, deux groupes de travail ont été lancés dans ce cadre: l'un sur la simplification administrative, l'autre sur la défense des intérêts économiques belges, que j'ai eu l'honneur de présider personnellement. Deux autres suivront début septembre: l'un sur la réduction des coûts énergétiques, l'autre sur les infrastructures énergétiques, indispensables pour moderniser notre base industrielle. Nous ne retrouverons pas la compétitivité sans un renforcement significatif de notre productivité. Le Conseil national de la productivité a, dans ses derniers rapports, formulé une série de recommandations, notamment sur les qualifications de la main d'oeuvre. Ces recommandations seront pleinement intégrées au travail de MAKE 2025-2030. L'enjeu est clair: pour préserver notre niveau de vie, il nous faut continuer à produire et mieux. Nos réformes ne se limitent pas à l'industrie. Le gouvernement fédéral est pleinement engagé dans un ensemble cohérent de réformes structurelles, conformément à l'accord de gouvernement, pour activer l'emploi, valoriser le travail et soutenir la compétitivité. La réforme du chômage, p. ex. vise à renforcer les incitations à la reprise d'emploi. Elle permettra une augmentation du taux d'emploi. Par ailleurs, la réforme fiscale, la simplification administrative et le soutien à l'investissement constituent des leviers indispensables pour une croissance compétitive. En conclusion, la Belgique se trouve à un moment décisif. Les défis sont nombreux, mais les leviers d'action sont à notre portée. Le gouvernement est déterminé à restaurer la compétitivité, à libérer les forces productives de notre pays et à inscrire la Belgique dans une trajectoire de croissance forte. La compétitivité n'est pas une option: elle est la condition de notre prospérité future. |
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