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Question et réponse écrite n° : 0307 - Législature : 56


Auteur Hugues Bayet, PS (07169)
Département Vice-premier ministre et ministre des Finances et des Pensions, chargé de la Loterie Nationale et des Institutions culturelles fédérales
Sous-département Finances, Pensions, Loterie Nat., ICF
Titre La baisse d'épargne des Belges.
Date de dépôt30/06/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai04/08/2025

 
Question

Au vu des chiffres récents publiés par la Banque nationale de Belgique et Eurostat, il apparaît que le taux d'épargne des ménages belges a sensiblement diminué en 2024, atteignant seulement 13 % sur l'ensemble de l'année et chutant même à 11 % en fin d'année, soit le niveau le plus bas depuis 2018. Cette évolution contraste fortement avec la tendance observée dans le reste de l'Europe, où le taux d'épargne moyen a augmenté à 14,5 %, et reste très inférieur à celui de nos voisins, notamment les Pays-Bas (15,5 %), la France (17,4 %) et l'Allemagne (plus de 20 %). De plus, les disparités régionales en Belgique sont particulièrement marquées, avec un taux d'épargne de seulement 2,6 % à Bruxelles, contre 8,7 % en Wallonie et 16,7 % en Flandre. 1. Pouvez-vous expliquer les raisons spécifiques à la Belgique, et en particulier à certaines régions, qui justifient cette baisse marquée du taux d'épargne des ménages en 2024, alors que la tendance européenne est à la hausse? 2. Quelles mesures le gouvernement fédéral envisage-t-il pour soutenir la capacité d'épargne des ménages belges et réduire les inégalités régionales en la matière?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B021
Date publication 18/08/2025, 20242025
Réponse

Le taux d'épargne des ménages belges a diminué en 2024 pour atteindre en moyenne 13 %, poursuivant une tendance baissière marquée tout au long de l'année. Ce taux revient ainsi à son niveau d'avant 2020. Ce recul reflète d'une part le fort ralentissement de la croissance du pouvoir d'achat, et d'autre part la hausse importante de la consommation des ménages. Le ralentissement de la croissance des revenus (2,3 % en nominal annuel, et seulement 0,7 % en termes réels) s'explique notamment par l'atténuation de l'effet d'indexation. En outre, l'année 2024 a également été marquée par un regain temporaire de l'inflation, dû à la disparition progressive des effets de nombreuses mesures de soutien pour l'électricité et le gaz. L'accélération récente de la consommation des ménages est plus difficile à interpréter. Il est toutefois certain que, en 2023, la consommation avait crû moins vite que le revenu disponible réel, ce qui a créé un espace pour un rattrapage en 2024. En raison des incertitudes géopolitiques et macroéconomiques, mais aussi des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement et de la hausse des prix, les ménages avaient freiné, p. ex., leurs achats de biens durables. Ce n'est qu'à partir de la mi-2024 que ces achats ont retrouvé leur niveau d'avant 2020, après quoi ils ont continué à progresser fortement au second semestre. La consommation de biens non durables a également augmenté récemment, bien que dans une moindre mesure. De fortes disparités régionales sont observées: en 2022 (dernière année disponible), le taux d'épargne s'élevait à 15,8 % en Région flamande, bien au-dessus de la moyenne belge, à 9,1 % en Région wallonne et à seulement 5,1 % en Région de Bruxelles-Capitale. Cette différence s'explique notamment par des niveaux de revenu des ménages relativement plus élevés en Flandre, généralement associés à un taux d'épargne plus élevé. La baisse du taux d'épargne en Belgique en 2024 contraste avec l'augmentation observée dans la zone euro et chez nos pays voisins. Ce phénomène s'explique par la très forte croissance de la consommation en Belgique (environ deux fois plus rapide que dans la zone euro) au cours de l'année écoulée, alors que la hausse du pouvoir d'achat y a été bien plus limitée. Plus généralement, le taux d'épargne belge est resté relativement stable depuis la fin de la période covid, alors qu'il a progressé dans les pays voisins. Une explication possible réside dans le fait que la plupart des autres pays ne disposent pas d'un système d'indexation automatique des salaires. En période d'inflation élevée, cela peut conduire à une augmentation de l'épargne de précaution dans ces pays. Un effet de richesse peut également jouer: contrairement à la Belgique, certains pays voisins ont connu d'importantes corrections sur leurs marchés immobiliers, ce qui a réduit le patrimoine des ménages et pu les inciter à reconstituer leur épargne. L'amélioration récente du pouvoir d'achat dans ces pays, ainsi que la reprise prudente de leurs marchés immobiliers, pourraient indiquer que cette différence de comportement d'épargne entre la Belgique et ses voisins n'est que temporaire.

 
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