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| Auteur | Julie Taton, MR (07800) |
| Département | Ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale |
| Sous-département | Mobilité, Climat, Transition environ. |
| Titre | Troisième sommet mondial sur les océans à Nice. |
| Date de dépôt | 25/06/2025 |
| Langue | F |
| Publication question |
B020
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| Date publication | 29/07/2025, 20242025 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 28/07/2025 |
| Question |
Une soixantaine de responsables politiques se sont réunis à Nice du 9 au 13 juin 2025 pour participer à un sommet des Nations Unies consacré aux océans. Ces espaces maritimes, qui couvrent 70,8 % du globe, ont été victimes, ces deux dernières années, de canicules inédites menaçant la survie des espèces qu'ils renferment. Les pays devaient décider s'ils vont réellement mettre en place des aires marines protégées. L'objectif de protéger 30 % des océans d'ici à 2030 reste pertinent. Actuellement, on ne recense que 8 % d'aires marines protégées et 3 % le sont réellement. Selon madame Maritza Chan, l'ambassadrice à l'ONU du Costa Rica, coorganisateur, avec la France, de l'événement, la conférence devait permettre "soit d'inverser le déclin des océans d'ici à 2030, soit de documenter l'échec de l'humanité à agir". Maritza Chan attendait 100 milliards de dollars de nouveaux financements publics et privés en faveur du développement durable de l'océan. À Nice, il a notamment été question d'un traité de la haute mer (BBNJ), faute de loi régissant cette grande portion des océans. La haute mer est en dehors de la juridiction des pays. Des pays y pratiquent une forme d'esclavage moderne en enrôlant de force des personnes dans des bateaux pour servir de main-d'oeuvre. Dans certaines parties du monde, des dizaines de milliers de petits navires se livreraient régulièrement à la pêche illégale, parfois pour le compte de plus gros bateaux. La haute mer est également un lieu pour le trafic d'armes, de drogues et d'êtres humains. En 2024, plus de 2.000 milliards de dollars ont été investis dans les énergies propres dans le monde, contre 1.000 milliards dans les combustibles fossiles. Les particuliers optent pour des véhicules électriques et les panneaux solaires se développent. Comme ce marché est rentable, des capitaux privés affluent dans des proportions bien plus importantes qu'auparavant, notamment dans les transports et pour le code de la construction. Ces tendances devraient se poursuivre. Après le licenciement de 600 scientifiques à l'agence fédérale des États-Unis sur l'atmosphère et l'océan, le président Trump a rendu très difficile la participation des États-Unis au sommet ou a empêché des personnes qu'il peut contrôler d'y participer. Des projets scientifiques et des subventions scientifiques aux universités ont été supprimés, alors que c'est la recherche qui nous a dévoilé les problèmes fondamentaux de l'océan. La France, l'Allemagne, l'Europe et d'autres pays ont la capacité d'augmenter les fonds qu'ils consacrent à la recherche, de prendre de nouveaux engagements en faveur des océans et d'en assurer le suivi. 1. Quel bilan pour la Belgique dressez-vous de votre participation au troisième sommet mondial des océans, à Nice? 2. Quelles avancées ont été réalisées dans la mise en oeuvre d'un BBNJ? 3. La Belgique s'est-elle engagée à augmenter sa contribution financière aux fonds de recherche? À quelle hauteur? Selon quel agenda? 4. Pouvez-vous faire un point sur l'Accord de Paris pour le Climat, signé en 2015, consacré à l'adaptation au changement climatique et à son atténuation? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B022
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| Date publication | 29/08/2025, 20242025 |
| Réponse |
La Belgique dresse un bilan très positif de sa participation au troisième Sommet mondial des océans (UNOC3) à Nice. La participation belge a mis en avant nos priorités en matière de gouvernance océanique: la mise en oeuvre rapide du traité Biodiversity Beyond National Jurisdiction (BBNJ), les synergies entre océan, climat et biodiversité, notre rôle en tant que hub maritime pour la transition énergétique, et le renforcement de l'importance de la science. Nous avons également officialisé notre ratification du traité BBNJ, organisé des événements ciblés, mené des échanges diplomatiques avec des partenaires clés, et soutenu plusieurs initiatives internationales. Cette forte mobilisation reflète l'engagement de la Belgique en faveur d'une gouvernance ambitieuse, inclusive et fondée sur la science pour la protection de l'océan. Elle contribue également à la candidature belge pour établir le secrétariat de la BBNJ à Bruxelles. À ce jour, plus de 50 États ont ratifié l'Accord BBNJ. La Belgique soutient activement cette dynamique et plaide pour une entrée en vigueur rapide, idéalement d'ici la fin de l'année 2025. La Conférence des Nations Unies sur l'Océan à Nice (UNOC3) a marqué une étape importante en ce sens, en contribuant à maintenir l'élan politique et à mobiliser un large soutien international. Parallèlement, les discussions sur les modalités concrètes de mise en oeuvre se poursuivent dans le cadre des Preparatory Committees (PREPCOMs), avec une deuxième session prévue en août et une troisième en 2026. En marge de la conférence UNOC, de nombreux échanges informels entre délégations ont également permis de faire avancer les discussions sur des éléments clés de la mise en oeuvre. Lors d'UNOC3, la Belgique a fortement souligné l'importance de la science dans les politiques océaniques. La science est une priorité pour la Belgique, comme l'ont rappelé plusieurs discours et événements organisés par notre pays. La Belgique investit depuis de nombreuses années dans la recherche marine et la coopération scientifique internationale, notamment via le Vlaams Instituut voor de Zee (VLIZ), l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et les réseaux universitaires. Bien qu'aucun montant spécifique n'ait été annoncé lors de la conférence, la Belgique a plaidé pour un renforcement du pilier scientifique des politiques océaniques, et soutient des initiatives multilatérales axées sur le partage de données, la modélisation et la science ouverte. L'Accord de Paris fête cette année son dixième anniversaire. Il repose sur un cycle d'ambition quinquennal, appelé le Global Stocktake. Le premier exercice a été finalisé lors de la COP28 en 2023, et en 2025, les États devront soumettre de nouvelles contributions déterminées au niveau national (CDN ou NDC) plus ambitieuses, compatibles avec l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. À cet effet, la Commission européenne a publié le 2 juillet une proposition pour un nouvel objectif climatique à l'horizon 2040. L'Accord prévoit également un objectif mondial en matière d'adaptation (Global Goal on Adaptation). En 2023, onze objectifs ont été fixés pour 2030. Des indicateurs sont actuellement en cours de développement afin de mesurer les progrès réalisés, avec pour ambition de les adopter lors de la COP30 à Belém. La Belgique défend activement une meilleure intégration du rôle de l'océan dans le processus climatique. Lors d'UNOC3 à Nice, j'ai coprésidé avec l'Indonésie un panel consacré aux liens entre l'océan, le climat et la biodiversité. Dans ce cadre, j'ai, en nom de notre pays, soutenu des initiatives telles que la Blue NDC Challenge lancée par le Brésil, et la ministre Verlinden a plaidé en faveur d'une coopération internationale renforcée sur l'action climatique liée à l'océan. La Belgique joue également un rôle actif dans les négociations climatiques de l'ONU. Notre compatriote Ulrik Lenaerts coprésidera en 2025-2026 le Dialogue sur le climat et les océans (Ocean and Climate Change Dialogue). Sous l'impulsion de la Belgique, le dialogue se concentrera sur trois thématiques clés: l'intégration des actions climatiques océaniques dans les NDCs, la prise en compte de l'océan dans le Global Goal on Adaptation, et la recherche de synergies avec d'autres instruments régionaux et internationaux. |
| Desc. Eurovoc principal | POLITIQUE DE L'ENVIRONNEMENT |
| Descripteurs Eurovoc | OCEAN | POLITIQUE DE L'ENVIRONNEMENT |
| Mots-clés libres | POLITIQUE EN MATIÈRE DE CHANGEMENT CLIMATIQUE |