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| Auteur | Julie Taton, MR (07800) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté |
| Sous-département | Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté |
| Titre | Diagnostic et de la prise en charge du TDAH (QO 005014C). |
| Date de dépôt | 17/06/2025 |
| Langue | F |
| Publication question |
B020
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| Date publication | 29/07/2025, 20242025 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 18/07/2025 |
| Question |
Le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental qui touche aussi bien les enfants que les adultes (environ 5 % des enfants et 2,5 % des adultes présentent un TDAH). Pourtant, en Belgique, son diagnostic et sa prise en charge soulèvent plusieurs questions quant à leur efficacité et leur accessibilité. Le diagnostic du TDAH repose sur une évaluation clinique mais basé en grande partie sur des critères subjectifs, impliquant une approche pluridisciplinaire (médecin traitant, pédopsychiatre et neuropsychiatre, parents et éducateurs pour les enfants ainsi que médecin traitant, psychiatres et neurologues pour les adultes) devant tenir compte de troubles associés pour établir un diagnostic robuste. Le manque d'uniformisation des critères pour établir ce diagnostic et l'accès limité à des professionnels formés rend parfois ce processus long et complexe. En effet, de nombreux patients doivent attendre plusieurs mois avant d'obtenir un diagnostic précis. Cette situation peut entraîner une prise en charge tardive, avec des répercussions négatives sur la scolarité, le travail et la vie quotidienne des personnes concernées. Pour améliorer leur accompagnement, il serait essentiel de développer davantage de structures spécialisées permettant un suivi continu en préconisant une formation des professionnels de santé intégrant ce trouble de manière plus approfondie dans les cursus médicaux. Concernant les traitements liés à ce trouble et sa prise en charge, ils sont variés et passent aussi bien par des accompagnements psychologiques et une approche psychoéducative qu'à des solutions médicamenteuse. Toutefois, aucune cure médicamenteuse permet de traiter ce trouble de manière définitive. 1. Le diagnostic du TDAH est-il suffisamment encadré en Belgique pour garantir une prise en charge adéquate? 2. Comment serait-il possible d'améliorer l'accompagnement des jeunes adultes atteints de TDAH après 18 ans? 3. Les professionnels de la santé sont-ils suffisamment formés pour diagnostiquer et prendre charge le TDAH? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B022
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| Date publication | 29/08/2025, 20242025 |
| Réponse |
En 2021, le Conseil Supérieur de la Santé a formulé un avis sur la prise en charge médicamenteuse et non médicamenteuse du TDA/H. Ils y précisent clairement que le diagnostic du TDA/H n'est pas une mission du médecin généraliste, ni des enseignants ou d'autres professionnels de première ligne et qu'il doit être posé par une équipe multidisciplinaire d'experts. L'avis souligne également la nécessité de renforcer les centres de diagnostic existants, davantage de programmes d'entraînement aux habiletés parentales, et une meilleure formation des enseignants à ce sujet. Les entités fédérées ont donc aussi un rôle à jouer. La sensibilisation des professionnels est également essentielle. Dans le cadre de la campagne "Psychotropes: quels risques pour vos patients? Ensemble, favorisons un usage adapté" menée par le SPF santé publique, des actions ont entre autres mis en lumière l'importance de l'usage rationnel des psychostimulants. Le portail www.usagepsychotropes.be centralise des informations sur les psychotropes (dont les psychostimulants) ainsi que des outils utiles pour soutenir les praticiens dans leur pratique clinique. Le SPF Santé publique, en collaboration avec des experts du TDAH, a également conçu le site web www.trajet-tdah.be, destiné à offrir des informations sur un parcours de soins idéal pour les enfants mais aussi les jeunes adultes présentant des troubles d'attention, d'impulsivité et/ou d'hyperactivité. Parents, enseignants, professionnels de santé, agents PMS/PSE ou thérapeutes y trouvent des informations et recommandations scientifiquement validées. Conformément aux directives du CSS et au trajet de soins TDAH, une prise en charge du TDAH efficace doit reposer sur un modèle de soins par étape et une étroite collaboration entre les acteurs impliqués. L'enseignement et la première ligne mettent l'accent sur la détection précoce et la sensibilisation des enfants et des jeunes présentant des problèmes comportementaux. Les enseignants n'ont pas pour mission de détecter le TDAH chez les enfants. Ils doivent toutefois acquérir des connaissances et des compétences dans leur formation afin d'accompagner les enfants présentant des problèmes de comportement par des méthodes de soutien efficaces et positives. Dans l'enseignement, ils sont également soutenus et encadrés par les PMS et les PSE (promotion de la santé à l'école) mais aussi par les psychologues et orthopédagogues cliniciens conventionnés. Si cet accompagnement s'avère insuffisant, il est possible de les orienter, sur la base de protocoles, vers des équipes de diagnostic multidisciplinaires du TDAH telles qu'elles existent au sein des centres de santé mentale, ceux liés aux troubles du développement ou de revalidation ambulatoire pour lesquelles les entités fédérées sont compétentes. Si, sur la base d'études approfondies, y compris sur la comorbidité, il est question d'un TDAH faible à modéré, un programme de formation (de groupe) sera proposé aux parents, en plus d'un accompagnement, de préférence en association avec la participation de l'enseignant. Si l'effet est insuffisant, un traitement médicamenteux combiné peut être administré mais il doit idéalement être intégré dans un parcours de soins global. C'est la recommandation en cas de TDAH sévère. Une étude de Sciensano qui vise à analyser les prescriptions de psychotropes en médecine générale auprès des jeunes de moins de 23 ans au sein du réseau des médecins vigies est actuellement en cours. Les résultats sont attendus dans la deuxième partie de l'année 2025. La plate-forme BelPEP (Belgian Psychotropics Experts Platform) analysera en profondeur les recommandations et conclusions de cette étude et déterminera si de nouvelles initiatives devront ou non être prises pour sensibiliser, notamment les médecins généralistes, à un usage rationnel des psychotropes et plus spécifiquement des psychostimulants, auprès des jeunes. Je suis conscient que de nombreux défis subsistent pour encore améliorer la prise en charge du TDAH en Belgique et dans les différentes régions. Je compte bien continuer à y accorder une attention particulière notamment en collaboration avec les réseaux en santé mentale et les entités fédérées. En effet, celles-ci jouent également un rôle clé pour garantir une approche des soins par étape, multidisciplinaire et coordonnée. Enfin, en ce qui concerne votre question sur le traitement après 18 ans, un traitement non médicamenteux via la convention des psychologues de première et deuxième ligne est possible. En ce qui concerne le remboursement du traitement médicamenteux pour les adultes, il semble y avoir moins de preuves scientifiques. J'ai déjà lancé, conformément à l'avis du Conseil supérieur de la santé, une procédure visant à examiner le remboursement du méthylphénidate pour les patients âgés de plus de 18 ans. Il convient de noter que le CSS ne tient pas compte des éléments budgétaires ou pharmaco-économiques. En 2021, la CRM avait conclu qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves d'efficacité, qu'il existait des effets indésirables spécifiques et que l'impact budgétaire était important, ce qui avait conduit à un avis négatif concernant l'extension du remboursement aux adultes. J'ai suivi cet avis pour les raisons invoquées par la CRM. Si de nouvelles preuves apparaissent, il pourra toujours être opportun de réexaminer cette question, mais nous devons nous assurer que nos ressources sont bien utilisées. |
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