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Question et réponse écrite n° : 0121 - Législature : 56


Auteur Christophe Lacroix, PS (06389)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre Contradictions dans la position belge sur le respect de la norme OTAN à 5 % (QO 005685C).
Date de dépôt18/06/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai18/07/2025

 
Question

Vous avez récemment indiqué que la Belgique devait plaider au sein de l'OTAN pour un étalement de l'augmentation des dépenses de Défense vers un objectif de 5 % du produit intérieur brut (PIB), à atteindre sur "au moins dix ans". Vous reconnaissez que cette norme, bien qu'extrêmement ambitieuse, semble faire l'objet d'un consensus international, et vous souhaitez que la Belgique reste un allié "fiable". Or, cette position soulève de profondes contradictions. Il y a à peine quelques semaines, vous affirmiez encore que même une norme de 3,5 % n'était pas envisageable pour notre pays à court ou moyen terme. Par ailleurs, vous avez vous-même annoncé une coupe de 25 % dans le budget de la coopération au développement, au nom de la rigueur budgétaire. Comment justifier, dans un même souffle, qu'il faille réduire drastiquement les moyens alloués à la solidarité internationale, qui vise à prévenir les conflits, renforcer les droits humains et lutter contre les causes profondes de l'instabilité, tout en acceptant une trajectoire vers une explosion des dépenses militaires? Dans un contexte de crises multiples, climatiques, sociales, migratoires, où la coopération internationale est plus que jamais nécessaire, cette orientation budgétaire semble non seulement incohérente, mais aussi dangereusement déséquilibrée. 1. Comment justifiez-vous l'augmentation potentielle à 5 % du PIB pour la Défense, alors que vous imposez une réduction de 25 % du budget de la coopération au développement? 2. Ne pensez-vous pas que cette orientation budgétaire affaiblit la crédibilité de la Belgique en matière de diplomatie préventive et de solidarité internationale et ne fait que montrer à nouveau que l'approche globale que vous défendez tant, ne sera jamais réellement implémentée sous cette législature? 3. La Belgique envisage-t-elle de plaider pour une approche plus équilibrée entre sécurité militaire et prévention au sein de l'OTAN et de l'Union européenne?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B020
Date publication 29/07/2025, 20242025
Réponse

Ce gouvernement a une position claire concernant nos engagements envers l'OTAN, qui a été défendue par le premier ministre lors du sommet de l'OTAN du 25 juin. Les décisions prises dans le cadre de l'accord de Pâques permettent à la Belgique d'atteindre enfin le seuil de 2 % du produit intérieur brut (PIB) consacré aux dépenses de défense, comme nous nous y étions déjà engagés en 2014. Le sommet de l'OTAN a vu l'adoption d'un nouvel engagement de dépenses à 5 % du PIB réparties en deux volets (3,5 % de strictes dépenses de défense; 1,5 % de dépenses liées à la sécurité et à la défense). L'augmentation des dépenses de défense de 2 à 3,5 % ne sort pas de nulle part mais repose sur une analyse de ce que nous avons besoin d'investir pour que la défense et la dissuasion de l'OTAN soient pleinement opérationnelles. Ces investissements complémentaires sont nécessaires: l'invasion russe en Ukraine et les tensions grandissantes entre grandes puissances menacent durablement l'ordre mondial basé sur des règles et des principes auxquels nous sommes si profondément attachés. La Russie restera une menace pour l'Europe, même en cas de cessez-le-feu, et les États-Unis attendent désormais que les européens assument eux-mêmes la responsabilité première de leur sécurité. Dans ce contexte, la Belgique ne peut pas rester les bras croisés. Elle doit se donner les moyens d'assurer la sécurité et la défense de sa population et de son territoire en contribuant aux efforts de défense collective de l'OTAN. Nous sommes bien entendu conscients de l'énorme défi que représentent ces investissements pour la Belgique, dans un contexte budgétaire particulièrement difficile. C'est d'ailleurs le message que j'ai transmis à Antalya lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN. Mais nous reconnaissons également la nécessité d'élever notre niveau d'ambition en matière de dépenses de défense et de continuer à nous positionner comme un allié fiable. C'est pourquoi nous avons participé de manière constructive aux négociations pour obtenir un maximum de flexibilité dans la réalisation de l'objectif des 5 %. Cette flexibilité, nous l'avons obtenue par le biais d'un allongement du calendrier, d'une liberté pour fixer la trajectoire d'investissements et d'une possibilité de réévaluer la pertinence des objectifs fixés. Nous avons également plaidé pour une définition la plus large possible du deuxième volet d'investissement, de manière à pouvoir y refléter l'entièreté des efforts déjà consentis au bénéfice de notre sécurité et notre défense, et qui sont loin de se limiter à la sphère militaire. Il est question de notre infrastructure critique, de nos ports, de nos routes, de notre accès à l'énergie, de notre cybersécurité, de la lutte contre le terrorisme ou les menaces hybrides. Nous avons défendu une approche qui inclut tous les différents niveaux de pouvoir et qui promeut la résilience sociétale. Nous devons opérer un rééquilibrage nécessaire, que nous cherchons à concilier au mieux avec nos contraintes budgétaires. Et non, il ne s'agit pas d'un abandon de notre politique étrangère en faveur de la paix, de la stabilité et du développement dont la coopération internationale demeure un des axes principaux. Nous nous donnons au contraire les moyens de défendre ces valeurs et de les incarner de façon crédible dans un monde où, plus que jamais, elles sont foulées au pied ceux qui tentent de nous imposer la loi du plus fort.

 
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