...
| Auteur | Michael Freilich, N-VA (07022) |
| Département | Ministre de la Protection des consommateurs, de la Lutte contre la fraude sociale, des Personnes handicapées et de l'Égalité des chances |
| Sous-département | Protection consom., Lutte contre la fraude soc., Personnes handicapées, Égalité des chances |
| Titre | Harcèlement de la communauté juive. - Augmentation de l'antisémitisme. |
| Date de dépôt | 28/04/2025 |
| Langue | N |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 02/06/2025 |
| Question |
Malheureusement, l'antisémitisme est encore une réalité quotidienne en 2025. Bien que la communauté juive tente d'y faire face humblement, cette situation laisse des traces profondes dans cette communauté. Nous ne savons que trop bien, d'expérience, comment on en arrive à viser et à harceler une population: ça commence par des invectives, on montre ensuite du doigt et ça finit par des bousculades. Sur le compte X de Stop Antisemitisme, l'antisémitisme est devenu une tendance quasi- quotidienne. Les actes de harcèlement augmentent non seulement en nombre, mais également en intensité. Ils sapent gravement le sentiment de sécurité de la communauté juive. Cette situation est aggravée par le sentiment que les auteurs de ces actes s'en tirent à bon compte. Des croix gammées qui apparaissent sur les murs, des personnes qui se font cracher dessus, des enfants qui se font arracher leur vélo et se font traiter de "sales juifs", autant d'incidents choquants mais qui ne sont plus guère évoqués dans le débat public. Il est exact qu'il s'agit souvent d'incidents "mineurs", mais leur fréquence croissante et le manque de suivi ne font qu'aggraver la situation. Lorsque la police arrive sur place, l'auteur a souvent déjà disparu, et, dans de nombreux cas, aucune mesure de recherche n'est prise. Mais évidemment, l'inaction n'est pas une option non plus. 1. Quelles mesures le pouvoir fédéral prend-il pour garantir la sécurité de la communauté juive en Belgique, en particulier dans les zones urbaines où les tensions sont attisées le plus rapidement? 2. Les organisations juives réclament depuis longtemps la mise en place d'un mécanisme de signalement et de suivi plus efficace. Le groupe de travail actuel sur l'antisémitisme semble être surtout une structure symbolique, qui ne se réunit que tous les six mois et ne produit pas de résultats concrets. Comment évaluez-vous le fonctionnement de ce groupe de travail et envisagez-vous de le réformer? 3. Envisagez-vous de mobiliser, à l'instar de l'exemple néerlandais, des "leurres" ou des agents infiltrés pour pouvoir prendre en flagrant délit les auteurs de ces actes? 4. La Commission européenne demande à chaque État membre de désigner un coordinateur de la lutte contre l'antisémitisme (et donc pas uniquement un mécanisme). Où en est la mise en oeuvre de cette demande en Belgique? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B016
|
| Date publication | 17/06/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. Tout d'abord, la sécurité renforcée des institutions juives est assurée par la police, en concertation étroite avec les organisations juives. Cette concertation est organisée de façon systématique et régulière. Tous les lieux sensibles sont identifiés en vue de leur protection. Lorsque l'actualité ou les informations dont disposent les autorités le rendent nécessaire, ces moyens de protection sont renforcés. Pour davantage d'informations à ce sujet, je vous renvoie vers mon collègue le ministre de l'Intérieur, vu sa compétence en la matière. 2. Ensuite, l'objectif qui a été donné au Mécanisme de coordination interfédéral de la lutte contre l'antisémitisme est de combattre l'antisémitisme de manière cohérente et coordonnée à l'échelle nationale. Il joue un rôle de coordination dans l'échange d'informations, dans la mise en oeuvre et le monitoring des mesures visant à lutter contre l'antisémitisme, adoptées par les différents niveaux de pouvoir. Le Mécanisme a vocation à assurer les missions suivantes: - inventorier les mesures de lutte contre l'antisémitisme; - formuler des propositions concrètes pour les mesures de lutte contre l'antisémitisme; - être informé de l'exécution et du contrôle des actions contre le racisme, entreprises par les différents gouvernements et qui ont trait à l'antisémitisme; - servir de plateforme pour un dialogue permanent et structuré entre les autorités, d'une part, et les associations qui luttent contre l'antisémitisme, d'autre part; - assurer le suivi des constatations de crimes de haine antisémites et oeuvrer à la prévention de tels incidents; - assumer le rôle et les tâches de coordination nationale de lutte contre l'antisémitisme. Ce mécanisme se réunit régulièrement, à hauteur de deux fois par an. Sa présidence est assurée par l'administration, en l'occurrence par le chef du Service Egalité des chances du SPF Justice. Les échanges y sont constructifs et favorisent un véritable dialogue. Grâce à la concertation entre les différents niveaux de pouvoirs, il permet aussi d'avoir une réponse coordonnée plus rapide et cohérente dans le cadre des demandes européennes et internationales faites à la Belgique. Concrètement, deux groupes de travail thématiques ont été créés au sein de ce mécanisme et ont commencé leurs travaux au printemps 2024. L'un se concentre sur la thématique de la "sécurité et prévention" tandis que l'autre se focalise sur "l'éducation et l'enseignement". Ils se composent des principaux acteurs institutionnels et associatifs dans ces domaines. Leurs travaux ont débuté par un inventaire des initiatives et lacunes existantes liées au cadre thématique. Ils ont ensuite approfondi leurs travaux en se concentrant sur certaines thématiques et ont formulé des recommandations. En outre, ces groupes de travail facilitent des rencontres et des échanges réguliers entre divers acteurs, apportant ainsi une véritable valeur ajoutée. Les présidents des groupes de travail ont présenté l'avancement des travaux lors de l'assemblée plénière du Mécanisme, qui s'est tenue le 17 mars 2025. Les résultats présentés ont été jugés prometteurs, et à cette occasion, l'assemblée plénière a approuvé la prolongation du mandat des groupes. J'ai également l'intention de m'appuyer sur le Mécanisme de coordination pour formuler des propositions concrètes de mesures adaptées aux spécificités de l'antisémitisme dans le cadre des travaux d'élaboration et de négociation du plan d'action interfédéral contre le racisme, la discrimination et l'intolérance. En outre, je réfléchirai à la manière d'y intégrer les conclusions présentées par les deux groupes de travail thématiques créés au sein du Mécanisme. 3. Pour ce point je vous renvoie vers mes collègues, la ministre de la Justice et le ministre de l'Intérieur, vu leurs compétences respectives en la matière. 4. La Commission européenne encourage les États membres, sans imposer d'obligation, à désigner des envoyés spéciaux ou des coordinateurs chargés de la lutte contre l'antisémitisme et de la promotion de la vie juive. Cette recommandation s'inscrit dans le cadre de la stratégie européenne 2021-2030 visant à lutter contre l'antisémitisme et à favoriser la vie juive. La Belgique a répondu à cet appel en mettant en place un mécanisme interfédéral de coordination pour lutter contre l'antisémitisme. Ce mécanisme vise à combattre l'antisémitisme de manière cohérente et coordonnée, en réunissant des représentants de tous les niveaux de gouvernement, des organisations juives, d'Unia et de l'Institut flamand des droits de l'homme. La présidence est assurée par la cheffe de service de la cellule Égalité des chances du SPF Justice, qui agit également en tant que coordinateur national dans la lutte contre l'antisémitisme. Par cette initiative, la Belgique concrétise les recommandations de la Commission européenne et garantit, via ce mécanisme, un suivi structurel de la mise en oeuvre des politiques de lutte contre l'antisémitisme à tous les niveaux de pouvoir. |
| Desc. Eurovoc principal | PROTECTION CIVILE |
| Descripteurs Eurovoc | JUDAISME | ANTISEMITISME | PROTECTION CIVILE |