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| Auteur | Philippe Goffin, MR (06383) |
| Département | Ministre de la Justice, chargée de la Mer du Nord |
| Sous-département | Justice, Mer du Nord |
| Titre | Santé mentale en milieu carcéral. - Pénurie de psychiatres. |
| Date de dépôt | 07/05/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 10/06/2025 |
| Question |
La santé mentale constitue aujourd'hui l'un des défis majeurs de notre politique carcérale. De nombreux détenus présentent des troubles psychiatriques lourds, nécessitant un suivi spécialisé régulier. Or, les moyens humains mis à disposition pour répondre à ces besoins sont largement insuffisants. À titre d'exemple, à la prison de Lantin, un seul psychiatre est actuellement présent une demi-journée par semaine pour prendre en charge l'ensemble des patients psychiatriques. L'annexe psychiatrique bénéficie ainsi de l'essentiel des rares soins spécialisés disponibles, laissant les autres détenus sans accompagnement réel, voire sans aucun suivi. Cette situation critique n'est pas propre à Lantin: elle se répète dans de nombreux établissements du pays. Cette pénurie de psychiatres s'inscrit par ailleurs dans une tendance plus large observée à l'échelle nationale. Les universités délivrent un nombre limité de diplômes en psychiatrie, et les jeunes diplômés sont peu nombreux à se tourner vers l'exercice en milieu carcéral. Le manque d'attractivité du poste, tant en termes de rémunération que de conditions de travail, combiné aux représentations négatives du monde pénitentiaire, freine encore davantage le recrutement. Pour pallier ce déficit, des équipes pluridisciplinaires composées de psychologues et d'assistants sociaux sont mobilisées. Toutefois, leur présence ne saurait remplacer l'expertise médicale d'un psychiatre, notamment pour les cas les plus graves. 1. Quelle est la couverture psychiatrique actuelle dans les établissements pénitentiaires belges, en particulier dans les prisons disposant d'une annexe psychiatrique comme celle de Lantin? 2. Quelles sont les mesures envisagées pour améliorer l'attractivité de cette fonction, tant en matière salariale que de reconnaissance professionnelle? 3. Un plan de recrutement spécifique ou des incitants pour les jeunes psychiatres sont-ils à l'étude? 4. Une réforme de l'organisation des soins psychiatriques en milieu carcéral est-elle envisagée à court ou moyen terme pour garantir un accès équitable aux soins spécialisés pour l'ensemble des personnes détenues? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B016
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| Date publication | 17/06/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. Vous trouverez ci-dessous un aperçu du nombre d'heures de consultation psychiatriques (par semaine) prévues dans chaque prison où il y a une annexe psychiatrique, une SDS ou un EDS. 2. Une indexation annuelle est prévue. Voir également le point 4. 3. Le marché du travail souffre d'un manque chronique de psychiatres. Ce manque est encore plus important dans le domaine de la médecine légale, les services de médecine légale externes étant également confrontés à des pénuries. L'administration est constamment à la recherche de psychiatres médicolégaux. Des annonces de postes vacants sont régulièrement publiées sur les sites web des universités et par le biais d'annonces en ligne. Il existe une collaboration avec les universités pour proposer des stages en prison. Les psychiatres qui ont effectué leur stage en prison sont souvent intéressés par la possibilité d'y effectuer une partie de leurs heures de travail après l'obtention de leur diplôme. Souvent, les psychiatres combinent leur fonction au sein de la direction générale des Établissements pénitentiaires (DG EPI) avec une fonction déjà existante, notamment dans un cabinet, dans un hôpital, ou encore dans une université en tant que professeur, etc. Il s'agit d'une pratique qui est encouragée par l'administration parce qu'elle permet un lien étroit avec la recherche scientifique, parce qu'elle rend cela plus stimulant pour le prestataire de soins de santé lui-même et parce qu'elle permet d'accumuler de l'expérience pratique. 4. Une réforme des soins de santé dans les établissements pénitentiaires est en cours avec la collaboration du SPF Santé publique. Au cours de la dernière législature, un processus de réforme par étapes a donc été lancé: - prise en charge par l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI) de toutes les prestations effectuées hors site pendant la détention. Effectif depuis le 1er janvier 2023; - offre d'activités axées sur la drogue dans dix prisons, avec l'objectif de l'étendre à 16 prisons d'ici 2025-2026. Le budget de ces activités est pris en charge par la Santé publique; - mise en place de la médiation interculturelle; - mise en place de soins de première ligne (collaboration entre la Justice et la Santé publique) dans les prisons et fonctionnement des psychologues de première ligne comme dans la société libre (supportés par la Santé publique/INAMI); - travail par projet pour la gestion du changement dans une région-pilote dans le cadre du transfert des soins de santé pénitentiaires à la Justice; - Élaboration de modules de formation en soins de santé pénitentiaires (budget supporté par l'INAMI) concernant les soins de santé mentale et la consommation de substances (en particulier de drogues). |
| Desc. Eurovoc principal | SYSTEME JUDICIAIRE |
| Descripteurs Eurovoc | ETABLISSEMENT PENITENTIAIRE | PSYCHIATRIE | SANTE MENTALE | SYSTEME JUDICIAIRE |