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| Auteur | Charlotte Deborsu, MR (08138) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | Arrestation étudiante de l'université de Gand en Turquie (QO 004984C). |
| Date de dépôt | 15/05/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 24/06/2025 |
| Question |
Lors de questions précédentes, j'avais attiré votre attention sur la dérive autoritaire préoccupante du régime turc, marquée notamment par l'arrestation du maire d'Istanbul et la répression croissante des opposants politiques. Il y a quelques semaines, un nouvel événement inquiétant nous a encore interpellé: une étudiante turque de l'université de Gand a été arrêtée en Turquie, où elle se trouve actuellement en détention provisoire. Selon les médias turcs, elle aurait participé à une manifestation kurde et est accusée d'"appartenance à une organisation terroriste". Ses professeurs ont lancé un appel public face à cette situation, qui soulève des questions pressantes sur le respect des droits fondamentaux, y compris la liberté d'expression et de manifestation, ainsi que sur la protection consulaire offerte à nos ressortissants à l'étranger. Bien que le sujet ait déjà été abordé peu de temps après les évènements, il est essentiel de faire le suivi de son cas, symptomatique d'une dérive autoritaire de la Turquie. 1. Quelle assistance consulaire la Belgique apporte-t-elle pour le moment à cette étudiante belge détenue en Turquie? Êtes-vous en contact avec les autorités turques afin de garantir le respect de ses droits fondamentaux et un traitement équitable? 2. Cette affaire ne constitue-t-elle pas un signal alarmant concernant la criminalisation croissante de l'expression politique et de l'activisme en Turquie? Comment la Belgique, tant au niveau bilatéral qu'européen, entend-elle réagir face à ces dérives qui touchent désormais directement nos concitoyens? 3. Dans le cadre des relations entre la Belgique et la Turquie, envisagez-vous une mise à jour de notre stratégie diplomatique, incluant une évaluation plus stricte des engagements turcs en matière de droits humains? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B016
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| Date publication | 17/06/2025, 20242025 |
| Réponse |
Madame Esila Ayik a été libérée au terme d'une audience devant un tribunal d'Istanbul le 14 mai 2025. Elle est maintenant libre de revenir en Belgique afin d'y poursuivre ses études. Nos moyens d'actions étaient relativement limités dans la mesure où Madame Esila Ayik a la nationalité turque et ne pouvait dès lors pas bénéficier de l'assistance consulaire. Notre consulat général à Istanbul et notre ambassade à Ankara ont néanmoins suivi l'évolution de ce dossier de près, mais n'ont p. ex. pas pu, en raison de sa nationalité, rendre visite à Madame Ayik lors de sa détention. L'arrestation de Madame Ayik s'inscrit malheureusement dans un cadre plus large de régression démocratique en Turquie dans le contexte de l'arrestation du maire d'Istanbul. J'ai aussi eu l'occasion de m'exprimer à ce sujet lors de la dernière commission. Dans le cas présent, je comprends que Madame Ayik était poursuivie pour "insulte au président", une incrimination prévue dans le code pénal turc dont il est manifestement abusé afin de faire taire les voix critiques. Dans l'attente de l'arrivée d'un nouvel ambassadeur de Turquie en Belgique, je n'ai pas eu de contact à ce niveau. Cependant, mon chef de cabinet a contacté le chargé d'affaires de l'ambassade de Turquie et lui a très clairement exprimé notre préoccupation quant à l'arrestation de Mme Ayik. J'ai à mon niveau eu l'occasion d'évoquer cette question avec mon collègue turc en marge d'une réunion européenne à Varsovie le 8 mai 2025. Quant à nos relations bilatérales, je reste persuadé que la Turquie est un partenaire stratégique pour notre pays et que nous avons intérêt à maintenir une relation bilatérale forte. Au niveau européen, les négociations d'adhésion sont effectivement au point mort depuis 2018 et il n'est pas question de les reprendre dans le contexte actuel. Toutefois, cela ne signifie pas que nous ne devrions pas continuer à coopérer avec la Turquie dans des domaines d'intérêt commun. Je note également que les partis d'opposition, la société civile et une grande partie de la population en Turquie ne veulent en aucun cas rompre les liens avec l'Union européenne. En effet, l'Union européenne reste pour eux une référence en matière de normes démocratiques. Le fait que la Turquie soit un pays candidat donne à l'Union européenne un levier supplémentaire pour exiger le respect de l'État de droit et des libertés démocratiques. |
| Desc. Eurovoc principal | POLITIQUE EXTERIEURE |
| Descripteurs Eurovoc | POLITIQUE EXTERIEURE | ARRESTATION | TURQUIE |