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| Auteur | Charlotte Deborsu, MR (08138) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | Bilan de la visite au Burundi (QO 004985C). |
| Date de dépôt | 14/05/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 17/06/2025 |
| Question |
Votre visite récente au Burundi, telle que rapportée dans la presse, intervient dans un contexte diplomatique complexe. Si ce déplacement marque une volonté de renouer un dialogue entre la Belgique et Bujumbura, il suscite également des interrogations légitimes quant aux garanties démocratiques attendues en contrepartie de notre soutien. Alors que de nombreux partenaires internationaux se désengagent face aux dérives autoritaires persistantes au Burundi, la Belgique semble adopter une approche de "dialogue constructif". Cette volonté de rester présente sur le terrain peut s'entendre, mais elle ne peut faire l'impasse sur les réalités préoccupantes que sont les atteintes aux droits humains, la répression de la société civile, et l'absence de réforme démocratique réelle. 1. Quelles garanties concrètes la Belgique a-t-elle demandé ou obtenu des autorités burundaises concernant le respect des droits humains, la liberté de la presse, et le retour d'un espace démocratique plus ouvert? 2. Dans quelle mesure cette démarche s'inscrit-elle en coordination avec nos partenaires européens ou internationaux? N'y a-t-il pas un risque de fracture diplomatique, alors que d'autres pays comme les Pays-Bas se désengagent totalement? 3. Quelles sont les prochaines étapes concrètes dans la relation bilatérale entre la Belgique et le Burundi? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B016
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| Date publication | 17/06/2025, 20242025 |
| Réponse |
Ma visite au Burundi, qui était la première visite belge au niveau ministériel depuis la crise de 2015, avait deux objectifs. Le premier était de poursuivre le dialogue constructif avec les autorités burundaises et de se rendre compte des résultats de notre coopération internationale avec le Burundi, sachant que le pays en est un des partenaires importants. Lors des entretiens avec le président Ndayishimiye et mon homologue des Affaires étrangères, je n'ai pas caché les attentes de la communauté internationale sur le besoin de mettre en oeuvre des réformes, que les autorités sont seules à pouvoir prendre, afin d'améliorer la situation socio-économique, l'espace de la société civile, les droits humains et le climat des affaires. Le Burundi étant actuellement membre du Conseil des Droits de l'Homme, cela lui impose en outre une responsabilité supplémentaires sur les questions des droits humains, notamment pour assurer une bonne coopération avec les mécanismes internationaux des droits humains. Du reste, j'ai pu aussi m'entretenir durant ma mission avec plusieurs membres de la société civile ainsi que des médias locaux qui m'ont dit apprécier l'appui et le plaidoyer de la Belgique dans ce domaine. Le second volet de cette visite concernait le conflit à l'est de la République démocratique du Congo. Il s'agissait avant tout d'encourager le Burundi, en tant qu'acteur important dans la région, à s'impliquer dans les processus de paix et à y jouer un rôle constructif, notamment en améliorant ses relations avec le Rwanda. Il est essentiel que les perspectives du Burundi soient écoutées et prises en compte par la communauté internationale dans une recherche de paix durable dans toute la région. Les messages que j'ai transmis sur les questions intérieures et régionales sont parfaitement alignés avec ceux de nos partenaires européens et internationaux. C'est d'ailleurs ce que recommande la plateforme Eurac dont le CNCD-11.11.11 est membre qui plaide pour un engagement diplomatique renouvelé de l'Union européenne vis-à-vis du Burundi. En ce sens, il n'y a aucune déconnexion diplomatique par rapport à l'approche d'autres pays. Le désengagement des Pays-Bas sur le plan de la coopération au développement est vraisemblablement lié d'une part à une réorientation des priorités néerlandaises, qui se concentreront dorénavant sur le commerce et l'économie, la sécurité et la stabilité, et la migration et d'autre part est aussi la conséquence des coupe-budgétaires, décidées dans leur accord de gouvernement, dans l'aide publique au développement. Pour ce qui est de l'avenir de notre relation bilatérale, je pense qu'il est important de maintenir ce dialogue ouvert et franc au plus haut niveau. Cela nous permet de faire passer des messages sans complaisances que d'autres ne seraient pas en mesure d'effectuer. Il ne s'agit pas de fermer les yeux sur certaines failles - comme constatées récemment dans l'organisation des élections législatives et communales du 5 juin 2025 - mais bien de pouvoir aborder l'ensemble des aspects de nos relations dans une approche de partenariat mutuellement bénéfique. |
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