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Question et réponse écrite n° : 0192 - Législature : 56


Auteur Julie Taton, MR (07800)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre Retour des tiques et de la maladie de Lyme.
Date de dépôt29/04/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai02/06/2025

 
Question

Lorsque les températures atteignent 7 à 10 degrés, les tiques commencent à devenir actives pour trouver des hôtes, des animaux ou des humains, sur lesquels elles s'ancrent pour se nourrir de leur sang. Ces acariens peuvent être porteuses d'une bactérie, la Borrelia qui, lorsqu'elle se propage dans le corps humain, provoque la borréliose de Lyme, une maladie infectieuse. En Belgique, Sciensano estime que 10 % des tiques sont infectées par la bactérie Borrelia. Les morsures débutent généralement entre mars et avril avec le retour du printemps, pour perdurer jusqu'en octobre, avec une intensité plus forte en Flandre (60,5 % des morsures) qu'en Wallonie. Selon Sciensano, en 2024, 6.234 morsures de tiques ont été enregistrées en Belgique, un chiffre stable mais nettement inférieur à la moyenne des 7.341 morsures enregistrées entre 2019 et 2023. Les chances de développer la maladie de Lyme après une morsure de tique sont d'environ 1 à 3 % dans notre pays. La manifestation clinique la plus fréquente de la maladie (95 % des cas selon Sciensano) est l'érythème migrant, qui apparaît entre 2 et 30 jours après la morsure de la tique. Il s'agit d'un anneau rouge sur la peau qui s'étend progressivement à partir de l'endroit de la morsure avec, souvent, un éclaircissement au centre. Non douloureux, il peut passer inaperçu, notamment lorsque la piqûre survient à un endroit peu visible. Ce signe clinique à lui seul suffit au diagnostic et à la prescription d'antibiotiques qui sont très efficaces contre la bactérie. En l'absence de traitement, la bactérie peut se disséminer vers d'autres parties du corps, notamment les articulations, le système nerveux et, plus rarement, le coeur, selon le site Tiquesnet de Sciensano qui ajoute que "dans certains cas, elle est alors à l'origine de manifestations tardives qui apparaissent au cours des semaines ou mois après la morsure telles des arthrites (rougeur, douleur et gonflement d'une articulation, souvent le genou) ou des atteintes neurologiques (inflammation d'un nerf)". Malgré la dangerosité de la maladie de Lyme, il n'existe toujours pas de médicaments spécifiquement conçus pour protéger les humains contre cette infection. Un vaccin, le Lymerix, approuvé aux États-Unis en 1999 avait été retiré en 2002. Pfizer, Valneva et Moderna travaillent sur deux nouveaux vaccins humains ciblant la même protéine OspA que le Lymerix. Les résultats ne sont pas attendus avant plusieurs années. Le mieux pour éviter le moindre risque est sans doute de se préserver des morsures en portant des vêtements couvrants, en utilisant du répulsif et en évitant les herbes hautes. Et de ne pas oublier de s'inspecter après une balade: le risque de transmission de la maladie est faible si la tique est retirée dans les 12 à 24 heures suivant la morsure. 1. Comment expliquez-vous la baisse du nombre de morsures de tiques en 2024 en Belgique, en regard des quatre années précédentes? 2. Comment a évolué le nombre de personnes touchées par la maladie de Lyme dans notre pays ces dernières années? Quels enseignements en tirez-vous?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B015
Date publication 02/06/2025, 20242025
Réponse

1.  Le nombre de morsures de tiques enregistrées en Belgique en 2024 via la plateforme TiquesNet est en effet inférieur à la moyenne des cinq dernières années (période 2019-2023). Ceci est surtout le résultat d'un nombre de morsures plus faible au printemps. Par contre, le nombre de morsures de tiques signalées en juillet était similaire à la moyenne pour la période 2019-2023 et au cours des mois d'août, de septembre et d'octobre, le nombre était même plus élevé. Ces observations pourraient être dues à plusieurs facteurs qui influencent la présence et l'activité des tiques dans la nature et/ou le comportement humain, comme les conditions météorologiques. L'année 2024 a été particulièrement pluvieuse, étant l'année la plus humide jamais enregistrée à Uccle (observations de l'IRM, https://www.meteo.be/resources/climatology/pdf/bilan_climatique_annuel_2024.pdf). Par conséquence, les gens ont probablement moins pratiqué d'activités en plein air (avec donc moins d'exposition aux tiques). D'autre part, au cours de l'été 2024 il n'y a pas eu de longues périodes de sécheresse et de vagues de chaleur, avec un faible nombre de jours d'été (température supérieur à 25°C) comparé aux années 2022 et 2023. Cela peut avoir favorisé l'activité et la survie des tiques pendant et après l'été, car les tiques sont sensibles à la sécheresse et aux températures extrêmes. Pour 2025, le nombre de morsures de tiques rapportées jusqu'à présent, est à nouveau plus élevé qu'en 2024. La poursuite de cette tendance dépendra des conditions météorologiques. Si la sécheresse se maintient et que les températures augmentent encore, l'activité des tiques pourrait diminuer, ce qui se traduirait par une baisse du nombre de morsures. Sur une période plus longue, de 2016 à 2024, l'incidence des morsures de tiques notifiées montre, en plus de fluctuations annuelles marquées, une tendance générale à la baisse, tant pour la Belgique que pour la Flandre et la Wallonie séparément (voir Figure 2, rapport TiquesNet 2024, https://www.sciensano.be/sites/default/files/surveillance_des_morsures_de_tiques_tiquesnet_2024_final.pdf). Cette tendance à la baisse peut également être expliquée par différents facteurs, comme notamment les conditions météorologiques. 2. Sur base d'une étude réalisée pour la période 2015-2017 (Geebelen L et al. Ticks Tick Borne Dis. 2019 Apr;10(3):598-605. doi: 10.1016/j.ttbdis.2018.12.007), on estime qu'il y a environ 10.000 cas de borréliose de Lyme en Belgique chaque année, dont 95 % sont des érythèmes migrants. La surveillance de la borréliose de Lyme en Belgique repose sur plusieurs sources d'information, qui sont complémentaires. De manière générale, le nombre de consultations chez un médecin généraliste pour un érythème migrant (source: réseau de médecins vigies) et le nombre d'hospitalisations pour une borréliose de Lyme (source: Résumé Hospitalier Minimum) sont les sources d'information les plus stables pour suivre l'évolution de la maladie en Belgique. Globalement, la tendance de la maladie en Belgique est assez stable, avec des fluctuations annuelles qui peuvent s'expliquer par des facteurs météorologiques et l'exposition de la population aux morsures de tiques. Ainsi, 2022 et 2023 (dernières données disponibles) ont été des années avec moins de consultations chez un médecin généraliste pour un érythème migrant et moins d'hospitalisations que les années précédentes, et ce sont également deux années avec moins de morsures de tiques rapportées. L'évolution future dépendra donc du nombre de tiques dans la nature (et de la durée de la période d'activité), ainsi que du comportement des personnes (exposition) et des mesures de prévention qu'elles prennent. Il reste donc important de continuer à surveiller les tendances.

 
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Descripteurs EurovocMALADIE INFECTIEUSE | POLITIQUE DE LA SANTE | INSECTE | DIAGNOSTIC MEDICAL